• Cuba : répression (87)- Florealanar
    https://florealanar.wordpress.com/2021/11/27/cuba-repression-87

    Aujourd’hui : José Hernández López et Humberto Bello Lafita. Les promoteurs de la « marche civique pour le changement », prévue pour le 15 novembre dernier mais empêchée par le régime qui a militarisé les principales villes du pays ce jour-là, avaient demandé à la population de manifester vêtue de blanc. (...) @Mediarezo Actualité / #Mediarezo

  • Courrier de la CRIIRAD à l’ASN à propos de Taischan :
    « les éléments recueillis suggèrent que les ruptures des gaines de combustible radioactif proviendraient en particulier d’un défaut de conception de la cuve de l’EPR : il entrainerait une mauvaise répartition du flux hydraulique et par voie de conséquence des vibrations très importantes sur les assemblages, conduisant à des ruptures de gaines, une usure anormale des grilles de maintien des crayons, la dispersion de débris radioactifs dans le cœur du réacteur, avec de lourdes conséquences en terme de sûreté et de radioprotection pour les travailleurs et les riverains. »
    211125_Courrier_CRIIRAD_ASN_sureté_EPR_VF.pdf
    https://balises.criirad.org/pdf/211125_Courrier_CRIIRAD_ASN_suret%C3%A9_EPR_VF.pdf
    #nucléaire #défaut_de_conception

  • #Pertuis (84) : #ouverture de la #ZAP
    https://fr.squat.net/2021/11/28/pertuis-84-ouverture-de-la-zap

    ZAP de Pertuis (84) – Communiqué de presse L’extension de la Zone d’activité commerciale de Pertuis (84) menace les terres agricoles avoisinantes, ainsi que les habitants locaux qui risquent l’expropriation. Afin d’empêcher ce projet néfaste, nous décidons d’habiter l’une des maisons destinées à être détruites, lançant ainsi la ZAP (Zone à patates) de Pertuis. Pertuis […]

  • As Americans cut the cord, Europeans sign up for more pay-TV | The Economist (11/09/2021)
    https://www.economist.com/business/2021/09/11/as-americans-cut-the-cord-europeans-sign-up-for-more-pay-tv

    Why has American media’s mega-trend missed Europe? One reason is price. America’s cable industry may look competitive: the largest player, Comcast, has only a quarter of the market. But it is highly regionalised, so most homes have few options, says Richard Broughton of Ampere. The result is an average monthly cable bill of nearly $100. British homes pay less than half as much. Tax loopholes have made pay-tv an even better deal in parts of Europe. Take-up in France rocketed from 30% to 90% between 2004 and 2014, after the government imposed a lower rate of vat on television services than on telecoms, unintentionally giving phone firms an incentive to throw in a cheap tv package and pay the lower rate of tax. The loophole has been closed, but subscriptions remain high.

    A second factor is content. American cable tv is running out of shows as studios move their best ones to their own streaming platforms. In Europe, where some streamers have yet to launch, pay-tv firms retain the rights to many of the most popular titles. Britons seeking the third season of WarnerMedia’s “Succession”, for instance, must go to Sky, a Comcast-owned satellite firm, since Warner’s hbo Max has yet to stream outside the Americas.

    The last reason Europe still favours cable is that American streamers have forged partnerships with European pay-tv firms rather than competing with them. In the race for subscribers, the quickest way for streamers to bulk up in Europe has been to join forces with satellite and cable incumbents. They are the ones with access to consumers and the ability to handle local marketing and ad sales. In Spain, Vodafone offers bundled subscriptions to Netflix, Disney+ and others. Next year Viacomcbs’s Paramount+ will launch in six European countries on Sky’s platform.

    Will cord-cutting eventually cross the Atlantic? As long as Hollywood studios continue to license their programming to local players, consumers will have every reason to stick with pay-tv. For the studios themselves those deals are lucrative, points out Mr Broughton: “Doing a Disney and cancelling all those contracts, then replacing them with your direct-to-consumer service, leaves you with a bit of a gap in your financials.”

    In the long run, though, studios would rather bring viewers onto their own platforms, as in America. In that scenario, pay-tv firms may be left with little to offer but sport, alongside streaming bundles of the sort offered by France’s Orange or Britain’s Virgin Media. Warner plans a gradual European roll-out of hbo Max over the next few years. By the time the fourth season of “Succession” is out, audiences may be watching it online.

    #svod #streaming #télévision #audiovisuel

  • Le peuple et la gauche - regards.fr
    http://www.regards.fr/politique/idees-culture/article/le-peuple-et-la-gauche-13252

    par l’historien Roger Martelli

    Le triomphe du printemps 1981 est aussi toutefois un chant du cygne. L’équilibre du début des années quatre-vingt est rompu. Les catégories populaires sont entrées dans une nouvelle ère de leur histoire. Cette rupture est due à la conjonction de trois processus.

    Le premier se situe dans l’ordre économico-social. Les ouvriers n’ont pas disparu, le « peuple » sociologique (ouvriers et employés) est toujours dense (la moitié des actifs et 45% des résidents) et la machine à produire de l’inégalité a interrompu l’apparente « moyennisation » des décennies précédentes. Mais les bases du « mouvement ouvrier » ont été érodées. Les ouvriers sont moins nombreux (8 millions en 1975, 5,3 en 2019 selon l’Insee), moins concentrés, dispersés dans une sous-traitance de services et éloignés peu à peu vers le périurbain. Après la longue phase d’unification tendancielle de la classe (redistribution publique, stabilisation juridique des statuts) le groupe se trouve tiraillé de plus en plus entre deux pôles, de plus en plus distants. Le cadre mental ancien du monde ouvrier s’est lui-même délité. L’identification à la « classe ouvrière » a fléchi depuis 1966 [1], au profit de l’item « classes moyennes » et l’affirmation fière de soi recule en même temps que la conscience de groupe. Quant à l’univers du « nous », fondé sur la primauté du collectif, il est perturbé par l’irruption du « je » [2] et le besoin d’autonomie de l’individu qui en résulte.

    Le deuxième processus de rupture est à la fois social et politique. Tout agrégat sociologique ne constitue pas une classe. À proprement parler, la classe ouvrière n’existe pas sans le mouvement historique par lequel le monde épars des ouvriers se façonne en groupe conscient de lui-même. Or l’équilibre qui accompagne les années de l’État-providence se défait à partir de la fin de la décennie 1970 : la grève se tasse, le syndicalisme se contracte et se disperse, et la galaxie communiste s’effrite dans un irréversible déclin. La vie associative, pour sa part, cesse de porter la marque ouvrière. Depuis deux décennies, l’expansion de l’association coïncide avec le recul de l’engagement partisan et syndical.

    Le troisième processus de rupture dans l’histoire longue de l’univers ouvrier se trouve dans l’espace proprement politique. Quand François Mitterrand descend triomphalement les Champs-Élysées, en mai 1981, Margaret Thatcher a terrassé les trade unions britanniques et Ronald Reagan s’est engagé dans sa grande « révolution conservatrice ». Dès la fin 1982, le gouvernement Mauroy décide de ralentir son œuvre réformatrice et de s’engager dans une « rigueur » que ses successeurs pousseront jusqu’à l’austérité. Alors que l’action de l’État piétine, le tissu industriel se transforme, dans un contexte économique de plus en plus mondialisé : la casse confirmée de la sidérurgie, en 1984, est en France l’équivalent de la saignée minière de la Grande-Bretagne thatchérienne. Impuissant à enrayer le déclin industriel, déboussolé par la dégradation des franges populaires les plus fragilisées, le syndicalisme voit son image, son efficacité et ses effectifs reculer, en même temps que les indices de la combativité salariale.

    La gauche enregistre dès 1983 les effets politiques de cette évolution (voir le constat du début). Le PCF, dépassé par l’allié-concurrent socialiste en 1978, poursuit son déclin. Le Parti socialiste en bénéficie un temps, ambitionne même de devenir le parti attrape-tout de la gauche française. Mais il est bientôt d’autant plus affecté par le recul qu’il se rapproche progressivement des inflexions sociales-libérales de ses homologues européens. Les brèves rémissions (1997, 2012) n’annulent donc pas la pente générale au recul.

    La fin du XXème siècle semble avoir clos le cycle ouvert par l’affirmation de l’industrie et l’expansion de la démocratie représentative. Après une longue phase d’incertitude, les classes populaires avaient accédé à la garantie d’un statut, de la protection sociale et de l’expression politique (la place de la social-démocratie et, en pays latin, du communisme). Par-là, elles s’étaient vues intégrées dans l’espace public. La crise longue amorcée dans les années 70 a mis à bas cet équilibre, replongeant une part significative d’entre elles dans la précarité et la marginalité, réelle ou supposée.

    Tassement du sentiment d’appartenance et recul du vote de gauche … Les XIXème et XXème siècles avaient fondé les ouvriers en classe ; la fin du XXème siècle n’a pas fait disparaître les ouvriers, mais elle a étiolé la classe, plus ou moins réunie par l’espérance d’un avenir radieux.

    C’est important cette distinction. C’’est la notion de « classe en soi » et « classe pour soi » de Georg Lukacs, un marxiste trop sous-estimé.

    4. Ce n’est pas parce que la gauche aurait abandonné le « social » au profit du « sociétal » qu’elle a reculé, mais parce qu’elle n’a pas compris suffisamment ce qui changeait dans la société elle-même. Le peuple sociologique d’aujourd’hui n’est pas le même qu’hier et le « social » est lui-même est bien plus complexe qu’autrefois : il entremêle des dimensions à la fois matérielles (les effets de l’inégalité) et symboliques (le poids des discriminations), relevant de tous les champs de la vie sociale.

    Ce n’est donc ni en « revenant » au modèle de la classe d’hier, ni en remplaçant la « classe » par un segment de la société (par exemple les plus exploité.e.s, les discriminé.e.s ou les plus dominé.e.s) que l’on inversera la tendance au déclin et qu’on enrayera la montée de la droite extrême. La société n’est pas une juxtaposition de segments sociaux, éventuellement hiérarchisés, mais un tout régi par des logiques dominantes et traversé par des contradictions. Aucun projet politique ne peut espérer être dynamique s’il ne parle pas de la société tout entière, s’il ne dit pas d’où elle vient, où elle peut aller et en s’appuyant sur quelles valeurs, quelles méthodes et quelles forces. Non pas « eux » contre « nous », mais « nous tou.te.s » et « tou.te.s ensemble »… Ce projet existe-t-il à gauche et est-il perceptible ? On peut sérieusement en douter.

    La société d’aujourd’hui ne dégage pas des procédures unifiantes analogues à celles qui ont rendu jadis possible l’expansion d’un groupe central et son homogénéisation relative. Une partie des exploités-dominés-aliénés peut donc à l’occasion se dresser contre le désordre social existant et, en se mettant en mouvement, peut s’affirmer comme une multitude agissante. Mais faute de projet capable d’articuler le passé, le présent et l’avenir, cette multitude ne peut devenir un peuple politique. Ce faisant, elle peut peser sur les logiques en place, infléchir à la marge l’utilisation des ressources, mais elle laisse l’initiative historique aux forces qui contrôlent de fait la distribution des avoirs, des savoirs et des pouvoirs.

    #Roger_Martelli #Conscience_de_classe #Politique #Classe_ouvrière

  • SOUS L’ŒIL DE L’ÉTAT

    Le QR code s’est imposé partout en France. Il l’est depuis longtemps dans les pays asiatiques. Imaginé par l’industrie automobile, il sert aujourd’hui à « contrôler les humains ». Retour sur l’histoire de cette technologie détournée.

    Noir sur fond blanc, le petit pictogramme a une allure anodine. Mais ce hiéroglyphe des temps modernes remodèle peu à peu notre rapport au monde. À la faveur de la pandémie, le QR code s’est imposé à nos vies. Jusqu’à devenir incontournable avec le passe sanitaire. Il régit désormais l’ensemble de nos mouvements et accompagne nos gestes, comme un sésame ou une passerelle entre l’univers numérique et le monde réel.

    On le retrouve partout, dans le train, à l’entrée des bars, aux musées. Son usage s’est généralisé. On le voit sur les panneaux publicitaires, on l’utilise à l’école pour valider des réponses à des questionnaires ou aux abords des parcs naturels surfréquentés. Il remplace également les menus dans les restaurants ou guide nos achats dans les supermarchés. Cet essor, inimaginable il y a quelques années, est loin d’être anecdotique : le QR code incarne « la société du sans contact ». Cette technologie accélère notre dépendance au numérique et nous fait entrer de plain-pied dans l’ère du flash, un monde peuplé de scanners, d’écrans et de code-barres, un monde illisible à l’œil nu où nous déléguons notre regard aux machines.

    « Il n’est pas certain que nous sortions de ce monde une fois la pandémie passée, pense l’historien François Jarrige. Il y a des chances que certaines habitudes restent. Le QR code continuera à coloniser les espaces sociaux. Flasher un QR code est devenu un réflexe pour une majorité de la population. C’est une évidence pratique, physique et corporelle. » Les chiffres en témoignent. Le lecteur de QR code est l’une des applications les plus téléchargées sur smartphone. L’achat de boîtier pour les lire a également explosé depuis l’été dernier avec une augmentation des ventes de 40 à 60 %.

    LE QR CODE SERT À GÉRER ET SURVEILLER LE TROUPEAU HUMAIN

    Les pays occidentaux rattrapent leur retard. Ou, disons plutôt qu’ils copient leurs voisins asiatiques. En Chine, en Corée du Sud, au Japon, le QR code est déjà une institution. Il recouvre les surfaces urbaines comme une seconde peau. C’est un avatar de la smart city qui sert à fluidifier les échanges. On le retrouve dans les taxis, les parcs et même les toilettes. En Chine, près de 940 millions de personnes échangent de l’argent en scannant des QR codes, de manière dématérialisée, via les applications WeChat et Alipay. Des chercheurs parlent d’une « QR code-isation de la société ».
    https://sfsic2020.sciencesconf.org/325620/document

    Cela n’est pas sans conséquence. À l’origine, le QR code a été créé pour accroître l’automatisation dans le milieu industriel et répondre aux besoins du commerce. « En vingt ans, nous sommes passés d’un outil pour intensifier la logistique à un outil pour régir et contrôler les humains dans tous les aspects de leur vie, constate François Jarrige. Le QR code, qui s’appliquait d’abord aux flux de marchandises, sert désormais à gérer et surveiller le troupeau humain. » Une forme de réification est à l’œuvre. Avec ces dispositifs de traçage numérique, on s’occupe des humains comme des choses.

    L’histoire du QR code est éclairante sur ce point. Cette technologie a d’abord prospéré dans les soutes de la société marchande. Elle fut inventée en 1994 par le Japonais Masahiro Hara, un ingénieur de Denso Wave, une filiale de Toyota qui fabriquait des pièces automobiles. Les ingénieurs souhaitaient alors mieux suivre l’itinéraire des pièces détachées à l’intérieur des usines.
    https://www.liberation.fr/economie/economie-numerique/qr-code-la-grande-histoire-du-petit-carre-20211023_VFBRCE4PBVCQBIP36CLMGP

    Le QR code est une sorte de super code-barres. Son nom signifie en anglais « quick response code », « code à réponse rapide ». Il se lit en effet dix fois plus rapidement que le code-barres. Grâce à ses deux dimensions, il peut être lu quel que soit l’angle de lecture. Il contient aussi 200 fois plus de données qu’un code-barres classique. Son usage a permis à Toyota de déployer sa stratégie au tournant des années 2000. La multinationale cherchait un moyen d’identification automatique pour accélérer la cadence. L’idée était de produire à flux tendu — « just in time » — avec une coordination constante entre la tête des firmes et l’ensemble des sous-traitants, des fournisseurs aux revendeurs. Pour améliorer ses marges et son pouvoir, Toyota a créé une obsession de la traçabilité en tout point.

    Cette évolution répondait aussi à un objectif politique. « Les projets d’automatisation de la production avaient pour but essentiel de renforcer le contrôle managérial sur la force de travail bien plus que d’augmenter les profits », analyse le groupe Marcuse dans le livre La liberté dans le coma. Les auteurs estiment que les dispositifs comme le QR code, la puce RFID ou la biométrie ont participé à une vaste « contre-insurrection ». L’informatisation de l’organisation industrielle aurait dépossédé la classe ouvrière de ses savoir-faire, détruit les solidarités dans l’usine et accru la surveillance au profit d’un projet cybernétique où les machines communiquent entre elles et où les hommes deviennent quantité négligeable.
    https://www.monde-diplomatique.fr/2020/01/TREGUER/61229
    https://reporterre.net/Puces-RFID-aujourd-hui-nos-moutons

    LE CONTRÔLE EST PASSÉ AU STADE TECHNOLOGIQUE

    Ce modèle dystopique triomphe aujourd’hui au sein des entrepôts Amazon, où tout est flashé, scanné et identifié. Même les « scannettes » portatives équipées pour lire les code-barres ont un code-barres. Les travailleurs, eux, sont transformés en automates, leurs gestes et leurs déplacements ne laissent rien au hasard. Ils sont optimisés pour gagner en productivité. Comme le soutient l’écrivain Jasper Bernes, « la révolution logistique n’est rien d’autre que la guerre continuée par d’autres moyens, par les moyens du commerce ».
    https://reporterre.net/Le-reve-d-Amazon-des-robots-pour-se-passer-des-travailleurs
    https://lundi.am/Du-code-barres-au-QR-Code

    Ces logiques issues du monde des entreprises s’étendent maintenant à la vie courante, se glissent dans la sphère intime et privée. « N’en déplaise à une croyance tenace, ces technologies ne sont pas neutres. Elles structurent des formes de pouvoir », rappelle le journaliste Olivier Tesquet. Elles portent en elles le rêve industriel d’identification et de traçage total.
    https://www.telerama.fr/debats-reportages/le-qr-code-on-ne-sen-passe-plus-6962387.php

    L’association la Quadrature du net a d’ailleurs tiré la sonnette d’alarme. Jusqu’à peu, la surveillance avait des limites pratiques, explique-t-elle. Mais avec les nouveaux dispositifs comme le QR code, la surveillance passe « à l’échelle technologique ». Au cours de la dernière décennie, la majorité de la population française (84 % en 2020) s’est équipée en téléphone muni d’un appareil photo et capable de lire des code-barres en 2D comme les QR codes. En parallèle, l’administration s’est largement approprié ces outils et la cryptographie afin de sécuriser les documents qu’elle délivre — avis d’imposition, carte d’identité électronique, etc.
    https://www.laquadrature.net/2021/08/19/passe-sanitaire-quelle-surveillance-redouter

    L’ÉTAT A LES MOYENS MATÉRIELS
    POUR IMPOSER UN CONTRÔLE PERMANENT DES CORPS

    « Si ces évolutions ne sont pas particulièrement impressionnantes en elles-mêmes, leur concomitance rend aujourd’hui possible des choses impensables il y a encore quelques années, souligne Bastien Le Querrec, de la Quadrature du net. Elle permet notamment de confier à des dizaines de milliers de personnes non formées et non payées par l’État (mais simplement munies d’un smartphone) la mission de contrôler l’ensemble de la population à l’entrée d’innombrables lieux publics. Et ce, à un coût extrêmement faible pour l’État, puisque l’essentiel de l’infrastructure (les téléphones) a déjà été financé de manière privée. Soudainement, l’État a les moyens matériels pour réguler l’espace public dans des proportions presque totales et imposer un contrôle permanent des corps. »

    LE MONDE NOUS EST PEU À PEU CONFISQUÉ

    Avant même le Covid-19, certains régimes autoritaires comme la Chine n’ont pas hésité à utiliser massivement le QR code. En 2017, l’ONG Human Rights Watch dénonçait déjà son usage pour réprimer la minorité musulmane ouïghoure. Dans le Xinjiang, les autorités et la police imposent en effet son installation sur les portes des maisons pour contrôler le déplacement de ses habitants et le passage de leurs invités. Elles font aussi graver des QR codes sur la lame du moindre couteau acheté en quincaillerie. Ces dispositifs forment une immense toile d’araignée digitale. « Les QR codes sont l’un des éléments du répertoire d’outils numériques de surveillance dont la Chine est devenue un laboratoire », explique François Jarrige. Le mouvement s’est accéléré avec la pandémie. En Chine, le QR code est désormais exigé à l’entrée des immeubles, avant même d’entrer chez soi ou au travail. Un code couleur atteste de la bonne santé de la personne ou de sa maladie.
    https://reporterre.net/Le-totalitarisme-numerique-de-la-Chine-menace-toute-la-planete
    https://www.france24.com/fr/20190218-chine-ouighour-surveillance-xinjiang-reconnaissance-faciale-qr-co
    https://www.independent.co.uk/news/world/asia/china-uyghur-muslims-xinjiang-province-qr-codes-security-crackdown-hr

    En France, le grand chantier de l’identité numérique est lui aussi engagé. La nouvelle carte nationale d’identité électronique (CNIE), délivrée dans tout le pays depuis le 2 août, compte notamment des données biométriques intégrées dans une puce et une signature électronique dans un QR code. Les autorités rêvent d’une « identité totalement numérique » portée par un « État plateforme ». Dans un rapport publié en juin dernier, des sénateurs y voyaient un outil indispensable pour pallier les futures crises. « Au lieu de repérer une fraction dérisoire des infractions mais de les sanctionner très sévèrement, il serait théoriquement possible d’atteindre un taux de contrôle de 100 % », écrivaient-ils.
    https://www.senat.fr/rap/r20-673/r20-67312.html
    https://www.senat.fr/rap/r20-673/r20-673.html

    Avec les QR codes, la numérisation intégrale de la société est en marche. Les conséquences en sont multiples, profondes, mais rarement étudiées. Pour l’éditeur Matthieu Amiech, « cette situation renforce l’identification des individus à la mégamachine et l’évidence du numérique comme nécessité pour exister ». Notre écran devient un outil de médiation pour se rapporter au monde et entrer en contact avec la réalité. « Le monde nous est peu à peu confisqué », poursuit-il.
    https://reporterre.net/Sous-le-masque-du-Covid-la-numerisation-integrale-de-la-societe

    Selon ce chercheur, nous vivons un nouveau stade du capitalisme. Après avoir privé les populations de leur terre et de leur moyen autonome de subsistance, au XIXe siècle, le capitalisme cherche aujourd’hui à accroître sa domination politique et économique « en rendant les personnes dépendantes d’un appareillage sur lequel ils n’ont pas de prise », estime-t-il. « Nous subissons des enclosures existentielles. Pour avoir accès au monde et participer à la vie sociale, nous devons désormais passer par ces outils. Nous en sommes complètement prisonniers. »

    https://reporterre.net/QR-code-toujours-sous-l-oeil-de-l-Etat
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  • Le parcours de la combattante. Trajectoire migratoire d’une femme hondurienne

    Dans les dernières décennies, entre 150 000 et 400 000 migrants originaires d’#Amérique_centrale, principalement du « #triangle_nord » (Honduras, El Salvador et Guatemala), essayent de traverser le Mexique par la voie terrestre afin d’entrer aux États-Unis de façon irrégulière. La plupart de ces migrants décident de quitter leur pays pour plusieurs raisons  : insécurité, violence, difficultés économiques et désir d’améliorer leur vie et celle de leur famille. Cependant, ces dernières années, beaucoup de ces migrants ont été victimes, lors de leur passage au Mexique, de violences, de vols, d’enlèvements, d’arrestations et d’expulsions. Le territoire mexicain est ainsi devenu une immense frontière «  verticale  », où se dressent quantité d’obstacles que doivent surmonter les migrants avant d’arriver à la frontière nord. Dans ce contexte, les femmes sont particulièrement vulnérables. Selon Amnesty International, six femmes migrantes sur dix sont victimes de violences sexuelles pendant leur traversée du Mexique.

    Une de ces migrantes est Alma, une jeune Hondurienne de 24 ans qui a quitté San Pedro Sula, sa ville natale, craignant les représailles des délinquants qu’elle avait dénoncés après le vol de sa voiture. La trajectoire migratoire d’Alma est représentative de celle de plusieurs femmes centraméricaines. Nous l’avons rencontrée dans la ville de Mexico et voici son histoire.

    https://ulaval.maps.arcgis.com/apps/Cascade/index.html?appid=5fc33394b6fd4673aaaa2c7452072715
    #femmes_migrantes #femmes #migrations #asile #réfugiés #Honduras #USA #Etats-Unis #parcours_migratoire #itinéraire_migratoire
    #cartographie_narrative #cartographie #visualisation

  • En ligne : Françoise d’Eaubonne
    https://www.imec-archives.com/matieres-premieres/blogs/blog/en-ligne-francoise-d-eaubonne

    Il y a quelques années encore, la présence du nom de Françoise d’Eaubonne dans les fonds d’archives de l’IMEC ne retenait pas l’attention ou suscitait des questions : mais qui pouvait donc bien être cette inconnue ? Pourquoi conserver ses archives ? Avec les travaux de nombreuses chercheuses comme ceux de Caroline Goldblum, et grâce à la nouvelle vague féministe, cette romancière, poétesse, militante et essayiste écoféministe est désormais connue et reconnue en France où elle était tombée dans l’oubli. Source : Institut Mémoires de l’édition contemporaine

  • Parution du livre Contraception Thermique
    https://infokiosques.net/spip.php?article1881

    Un livre/manuel à vocation non-commerciale vient de sortir à propos de la contraception thermique dite masculine. L’idée était de faire un petit livre facile d’accès, pas cher et à diffusion large afin de rendre disponible un maximum d’informations fiables et de conseils pratiques à propos de cette technique. A priori, suite à cette lecture, les personnes intéressées devraient pouvoir se lancer dans leur démarche contraceptive. J’aime le présenter comme "le bouquin sur lequel j’aurais aimé tomber quand (...) #Infokiosque_fantôme

    / Infokiosque fantôme (partout)

    #Infokiosque_fantôme_partout_

  • Quand est-ce que l’Union Européenne va cesser de s’opposer à la levée de la propriété industrielle sur les brevets des vaccins ? (cela peut être limité aux pays pauvres, sur lesquels les labos ne feront de toute façon jamais les profits qu’ils font dans les pays riches).
    Les dons de vaccins ne seront jamais suffisants, et l’Afrique du Sud a les usines pour fabriquer ces vaccins.

    Biden a demandé cette levée de la propriété industrielle sur les brevets des vaccins :

    https://www.reuters.com/article/sante-coronavirus-vaccins-derogations-idFRKBN2CN0BQ

    Actes criminels sur les populations migrantes, accaparement des vaccins, et refus de céder la propriété industrielle des vaccins aux pays pauvres :

    UNION EUROPÉENNE = UNION BARBARE.

    #covid #Union-Européenne #Barbarie #Multinationales #Pharmacie

  • En images : un photographe se porte en défenseur des datchas soviétiques, cet héritage sous-coté - Russia Beyond FR
    https://fr.rbth.com/lifestyle/87440-datchas-sovietiques-kratovo-photographe-fiodor-savintsev-patrimoine-p

    Le photographe de renom Fiodor Savintsev, dont les œuvres ont été publiées par de grands magazines et journaux internationaux, s’est, pendant la pandémie de Covid-19, découvert une nouvelle passion – la datcha soviétique.

    #soviétisme #photographie #ex-urss

  • Riad Salamé : la chute du banquier du #Liban
    https://www.parismatch.com/Actu/International/Riad-Salame-la-chute-du-banquier-du-Liban-1772665

    « … rongés par la culpabilité d’avoir aveuglément profité du système » au lieu de « par la rage d’avoir perdu leur argent » ; les gens de Paris Match savent se montrer #farceurs.

    Un consortium de journalistes l’accusait de détournements de fonds et des Libanais décidèrent de saisir la justice, furieusement déterminés après l’explosion tragique du port de Beyrouth. Ils sont une vingtaine, souvent issus de la diaspora, des initiés, juristes, financiers, diplômés de Polytechnique, de HEC… tous rongés par la culpabilité d’avoir aveuglément profité du système puis perdu eux aussi.

    #voleurs

    • Oui, mais en même temps que je trouve que la formule alambiquée de Match suggère encore plus qu’on a affaire à des gens qui vivaient en France et planquaient une bonne partie de de leurs revenus au Liban, en profitant du secret bancaire pour ne pas payer leurs impôts en France. Sinon je ne vois pas le sens de « culpabilité » ici.

      On comprend du coup de manière assez transparente qu’il s’agit d’« initiés, juristes, financiers, diplômés de Polytechnique, de HEC » installés en France qui ont placé leur fric dans un paradis fiscal notoirement corrompu, et que maintenant il y a comme un hic.

      Ce qui serait rigolo, c’est qu’ils se prennent un contrôle fiscal ici, histoire de tester leur sens de la « culpabilité ». (Ah mais tiens : « Ils veulent rester anonymes, se vivent comme un “commando de résistants”. »)

      (Alors peut-être qu’ils ont « investi » leur fric au Liban après voir dûment payé leurs impôts en France. Ah ah ah.)

    • Sinon le charme orientaliste de l’écriture façon Match :

      Le grand Jacques appréciait ce petit Oriental cultivé, toujours bien mis, gominé, cigare au bec, qui lui avait été présenté par son ami Rafic Hariri.

  • Revue de presse du 21.11 au 27.11.21
    https://collectiflieuxcommuns.fr/?672-revue-de-presse-semaine-du

    [Màj : 9h]

    Relocaliser : pour une société démocratique et antiproductiviste

    « Liquider » Mémorial et la mémoire des répressions soviétiques ?

    “Bébé médicament” : « La technique fait de l’enfant un moyen et non plus une fin »

    Un cadre de la centrale de Tricastin dénonce une « politique de dissumulation » d’incidents de sûreté

    La Suède face à la guerre des gangs

    Les révolutions énergétiques ne sont pas encore à l’horizon

    « Cessons d’être naïfs » : face au lobbying islamiste, la France promet une riposte européenne

    Business et écoblanchiment, les dérives du pâturage en ville

    Maroc : Mariage des mineurs : 70% des demandes acceptées par la justice

    Désormais, la maison mère du discours politique, c’est Netflix ! »

    Football. « Tous les pays d’Europe sont touchés par la violence »

    Le Qatar, influenceur culturel

    Bonus

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    Présentation/Archives/Abonnement

  • Le retour de la Syrie à Interpol, un signal inquiétant pour les anti-Assad
    https://www.lemonde.fr/international/article/2021/11/26/le-retour-de-la-syrie-a-interpol-un-signal-inquietant-pour-les-anti-assad_61

    Etrange, le jour même de la nomination d’un très discutable officiel des Emirats à la tête d’Interpol, la Syrie réintègre cette organisation. C’est à croire qu’il y aurait eu un marchandage !...

    La montée en puissance de la Chine et des Emirats arabes unis au sein d’Interpol coïncide avec la réintégration dans les rouages de l’organisation d’un pays dont le bilan en matière de droits de l’homme est encore plus accablant : la Syrie. Depuis le mois d’octobre, Damas peut de nouveau accéder au système d’échange d’informations d’Interpol, qui permet aux Etats membres de s’envoyer des messages directement entre eux.

    L’élection du général de police émirati Ahmed Naser Al-Raisi, jeudi 25 novembre, à la présidence de l’Organisation internationale de police criminelle, plus connue sous le nom d’Interpol, est le meilleur symbole du fait que l’« ère des autoritaires » est loin d’être terminée.

    #syrie #interpol #émirats

  • Le diocèse de Paris possède 700 millions d’euros de biens immobiliers cachés

    Ce patrimoine, qui viole l’esprit de la loi de 1905 est géré via des SCI, principe de la société-écran, ce qui permet de le faire disparaître du bilan du diocèse...

    On rappellera aussi que pour indemniser les victimes de prêtres pédophiles, la conférence des évêques, avant d’y renoncer face au tollé avait émis l’idée de faire appel à la générosité des fidèles...

    https://www.franceinter.fr/societe/le-diocese-de-paris-possede-700-millions-d-euros-de-biens-immobiliers-ca

  • #Cookies aux haricots tarbais et mulberries
    https://www.cuisine-libre.org/cookies-aux-haricots-tarbais-et-mulberries

    Battre en pommade le beurre avec le #Rapadura et l’œuf. Ajouter les Haricots Tarbais grossièrement écrasés en purée, après les avoir égouttés. Incorporer ensuite la farine, la levure, la pincée de sel, la cannelle, et les #Mulberries. Remuer jusqu’à ce que le mélange soit à peu près lisse, et laisser reposer 1 heure au frais. Disposer plusieurs boules de pâte sur une plaque à pâtisserie, bien espacées. Cuire environ 20 minutes dans un four préchauffé à 180°C (thermostat 6), jusqu’à ce que le dessus des… Rapadura, #Haricot_blanc, Cookies, Farine de blé, Mulberries / #Sans viande

    #Farine_de blé

  • Facebook devient Meta et souhaite monétiser toute votre existence
    https://www.les-crises.fr/facebook-devient-meta-et-souhaite-monetiser-toute-votre-existence

    Le virage de Mark Zuckerberg vers le « métavers » a pour but d’ajouter une strate numérique supplémentaire à notre réalité. Mais la nouvelle marque Meta de Facebook n’augmente pas votre réalité – elle veut tout simplement en tirer plus d’argent. Vous avez manqué l’entretien vidéo exclusif d’Élucid entre Olivier Berruyer et Fabrice Epelboin sur […]

  • Cars are killing us. Within 10 years, we must phase them out | George Monbiot | The Guardian
    https://www.theguardian.com/commentisfree/2019/mar/07/cars-killing-us-driving-environment-phase-out
    https://i.guim.co.uk/img/media/f9c1063a1fb21849004737fab14c3fdc0a57133b/78_333_3274_1966/master/3274.jpg?width=1200&height=630&quality=85&auto=format&fit=crop&overlay-ali

    Yes, the car is still useful – for a few people it’s essential. It would make a good servant. But it has become our master, and it spoils everything it touches. It now presents us with a series of emergencies that demand an emergency response.

    • The number of people killed on the roads was falling steadily in the UK until 2010, at which point the decline suddenly ended. Why? Because, while fewer drivers and passengers are dying, the number of pedestrians killed has risen by 11%. In the US, it’s even worse: a 51% rise in the annual death rate of pedestrians since 2009. There seem to be two reasons: drivers distracted by their mobile phones, and a switch from ordinary cars to sports-utility vehicles. As SUVs are higher and heavier, they are more likely to kill the people they hit. Driving an SUV in an urban area is an antisocial act.

  • Quand l’#ANFR mène l’enquête pour trouver l’origine des #brouillages
    https://www.banquedesterritoires.fr/quand-lanfr-mene-lenquete-pour-trouver-lorigine-des-brouillages

    La commune de Sernhac dans le Gard a connu pendant plusieurs semaines une 4G déficiente en plein confinement, à un moment où le télétravail était obligatoire. Dans un rayon de 10 km, la bande fréquence des 800 Mhz utilisée par deux antennes distantes de 6 km était perturbée par un équipement électronique. Sollicitée par les opérateurs mobiles, l’ANFR a mandaté un agent de contrôle du spectre pour déterminer l’origine du brouillage. Après avoir sillonné la région avec un véhicule bardé d’#électronique, il a fini par détecter l’origine de la perturbation. Avec pour surprise de découvrir un simple casque audio sans fil dont le réglage inadéquat brouillait le #signal d’une antenne pourtant située à 3 km !