• « J’ai froid toute la journée. Je m’habille comme si j’étais dehors »
    https://www.mediapart.fr/journal/france/270921/j-ai-froid-toute-la-journee-je-m-habille-comme-si-j-etais-dehors?onglet=fu

    Le gouvernement vient d’annoncer la hausse de 100 euros du chèque énergie pour permettre à six millions de foyers modestes de payer leurs factures de gaz ou d’électricité. Un coup de pouce bienvenu, mais insuffisant pour les foyers les plus modestes.

    Saint-Denis (Seine-Saint-Denis).– Dans le salon de son pavillon, Amany se réjouit un peu. Elle ignorait qu’elle et sa famille allaient bénéficier d’une aide supplémentaire pour s’acquitter de leur facture d’électricité. Il y a dix jours, le président de la République a annoncé l’octroi de 100 euros supplémentaires aux 6 millions de foyers en difficulté qui bénéficient du chèque énergie.

    Cela pour compenser la hausse des prix de l’électricité, du carburant et du gaz, un sujet sensible. Les tarifs réglementés du gaz ont augmenté de 10 % en juillet, de 5 % en août et de 8,7 % le 1er septembre. Les tarifs réglementés de vente de l’électricité ont quant à eux augmenté de 1,6 % en février, puis de 0,48 % en août.

    Pour Amany, son époux Aly et leurs cinq enfants, 100 euros d’aide, c’est quelque chose, mais c’est loin de répondre à leurs besoins. Le profil de cette famille peut surprendre. Le couple, propriétaire de cette maison de 130 m2 à Saint-Denis, vit une situation de précarité importante.

    Ils n’ont pas de chauffage, en dehors des deux souffleurs électriques à roulettes, simplement branchés sur les prises. Ce sont des trouvailles de brocante, et, voraces en électricité, ils sont allumés le moins possible. La voisine a donné à Amany des rideaux pour isoler un peu les fenêtres, qu’elle doit bientôt installer alors que les températures commencent à baisser.

    Le réfrigérateur, acheté sur Le Bon Coin, comme tous les meubles et l’électroménager, ne fonctionne pas bien. Tous les mois, le couple doit débourser au moins 250 euros pour payer l’électricité, le gaz et l’eau.
    Amany et Aly, qui ont cinq enfants de 6 à 19 ans, sont appuyés pour leurs démarches par une assistante sociale. Ils perçoivent le RSA couple, environ 1 200 euros comme ils sont parents. Aly, 56 ans, ne travaille plus depuis 2016. Ce n’est pas faute d’essayer, mais il ne trouve rien, pas même sur les chantiers, rapporte-t-il. Pôle emploi le suit, mais sans succès.

    Pour avoir plus chaud, Amany installe sur le sol un tapis, acheté lui aussi en brocante et pour le moment enroulé contre l’escalier, sur lequel se serrent les petits, face au chauffage. Le soir, la mère embarque l’un des souffleurs dans sa chambre, là où dorment également les deux plus jeunes. L’autre est installé dans le couloir, à équidistance entre les deux chambres des aînés, pour tenter de chauffer ce qui peut l’être. Les petits ne déambulent jamais en tee-shirt ou en short dans la maison au carrelage froid. Le dernier se cramponne à son plaid à l’effigie de Spiderman.

    Comme cette famille, 12 millions de personnes ont froid chez elles ou dépensent trop d’argent pour se chauffer, relève la Fondation Abbé Pierre dans son rapport annuel publié en début d’année. Cent mille coupures ou réductions de puissance supplémentaires pour impayés ont été relevées en 2019 par rapport à 2018, soit une hausse de 17 %.

    Les chiffres de 2020 ne sont pas encore disponibles, mais avec la prolongation de la trêve hivernale et la suspension des coupures, ils ne seront pas forcément significatifs. « Depuis, les périodes de confinement n’ont fait qu’aggraver le phénomène, dans un contexte inquiétant de crise sanitaire, économique et sociale durable », peut-on lire. Des télétravailleurs ont dû s’accommoder des défauts d’isolation de leur logement.

    Aly et Amany se sont installés en 2007 dans cette maison de Saint-Denis, qu’Aly a agrandie au fur et à mesure. Les prises sont inachevées. Les combles ne sont pas fermés. La cave sert à entasser de nombreux objets accumulés au fil des ans. Jusqu’à la perte de son emploi il y a cinq ans, tout ce qu’Aly gagnait servait à améliorer la maison et à rembourser son crédit. À la même époque, son père décède en Égypte.

    Mon fils tousse sans cesse. Arrivé à l’université, tout le monde lui a dit qu’il avait le corona, alors qu’il est malade comme ça depuis trois ans à cause de la maison

    Amany, victime de précarité énergétique

    De son vivant, il l’aidait en lui donnant 2 000 ou 3 000 euros. Ce qui a permis de solder le crédit. La famille a certes un toit sur la tête et pas de loyer ni de mensualités à honorer auprès de la banque. Mais tout s’effondre. Aly a tout construit de ses mains, avec les moyens du bord.

    Leurs fils adolescents préfèrent rester dehors avec leurs amis plutôt qu’à la maison. Avec pudeur, Amany évoque l’impossibilité pour les plus jeunes d’inviter leurs amis à jouer dans cet environnement froid. Ils ont honte d’afficher leur dénuement.

    Ici, l’eau chaude reste une denrée rare. C’est l’autre lutte familiale. Impossible, en effet, pour deux personnes de prendre une douche. « C’est la bagarre le samedi, c’est la bagarre le dimanche. » Cela fait bien longtemps, par ailleurs, qu’Amany a renoncé à faire la vaisselle autrement qu’à l’eau froide.

    Voilà pourquoi l’assistante sociale qui suit la famille l’a orientée vers l’association Shakti21, nommée en hommage à la déesse hindoue de l’énergie créatrice et financée en partie par le département. Ses membres interviennent dans les villes de Plaine Commune pour proposer « un diagnostic sociotechnique » aux foyers identifiés par les CCAS et les services sociaux. 250 ménages ont ainsi déjà été sensibilisés.

    Ce mercredi matin de septembre, Florian Gougeon, responsable de l’association, frappe à la porte des foyers qui l’ont sollicité avec un grand sac bourré d’ampoules LED et autres thermostats. Dans un premier temps, il aiguille les familles dans leur chasse aux économies d’énergie, puis, dans un second temps, il les accompagne pour lancer des travaux structurels.

    Chez Amany et Aly, Florian Gougeon commence par poser des questions pour cerner les besoins et les possibilités de la famille. Puis il remplace la pomme de douche de la baignoire par une autre qui consomme moins. Il installe aussi des mousseurs sur les robinets de la maison, toujours dans l’optique d’économiser de l’eau. Mais c’est un expédient et il le sait, vu l’ampleur des besoins et la gravité de la situation. La famille a besoin d’une chaudière, ce qui reviendrait à dépenser au moins 10 000 euros, une somme qu’elle ne possède pas.

    Dans la chambre de l’aîné, le mur arbore une peinture beige rosée. Aly vient de le peindre pour masquer les taches de moisissure. Il ne se fait aucune illusion, ce « coup de propre », comme il dit, sera vite inutile, elles reviendront d’ici quelques mois sous l’effet de la condensation. Il y a beaucoup à faire ici pour rendre la maison agréable à vivre.

    Assis sur le canapé beige, Florian Gougeon remplit un dossier pour déterminer quelles aides la famille peut obtenir. Avec pédagogie et douceur, il explique qu’il ne faut pas boucher les grilles d’aération. C’est certes contre-intuitif, mais les obstruer avec des chiffons provoque un surplus de condensation et augmente ce qu’on appelle l’inconfort thermique.

    Comme tous ceux qui souffrent de précarité énergétique, plusieurs membres de la famille doivent composer avec des soucis de santé récurrents. Amany a différents problèmes à guérir et mal au dos. Le froid aggrave la douleur. Son fils aîné, lui, traîne une toux chronique. « Il se gratte tout le temps le nez, il tousse sans cesse. Arrivé à l’université, tout le monde lui a dit qu’il avait le corona, alors qu’il est malade comme ça depuis trois ans à cause de la maison. »

    Ce coup de pouce du gouvernement sur le chèque énergie est toujours bon à prendre mais cela reste un geste insuffisant
    Manuel Domergue, de la Fondation Abbé Pierre
    Florian Gougeon explique au couple que même si des travaux étaient engagés pour installer une chaudière, ceux-ci n’aboutiraient pas avant début 2022, lorsque l’hiver sera déjà bien entamé. Un thermicien doit déjà apporter un diagnostic. Dans l’intervalle, il propose à la famille de lui donner des radiateurs à bain d’huile, financés par l’association.

    Le foyer accuse des difficultés financières importantes, documents à l’appui. Il faut financer les études et la chambre du Crous du fils aîné, à l’université en province. À partir du 20, confie Amany, les comptes sont à sec. Alors le Secours populaire est d’une grande aide, pour les courses mais aussi pour les sorties des enfants. Le paiement de la taxe foncière, environ 2 000 euros, est un casse-tête. Pour régler celle de l’année dernière, Aly a vendu sa voiture. Cette année, il n’a pas d’idée ni de solution. Il doit payer avant le 15 octobre. Alors, Shakti21 va essayer de les soulager sur le plan des travaux.

    Les chauffages d’une famille en précarité énergétique. © FZ
    De son côté, Manuel Domergue, directeur des études de la Fondation Abbé Pierre, estime que le geste du gouvernement est « toujours bon à prendre » mais que cela reste « un geste insuffisant ». Pour lui, cette « dépense sociale palliative ne va pas changer la vie » des six millions de ménages bénéficiaires, qui ont reçu 200 euros d’aide en moyenne cette année. Or, une famille dépense environ 1 600 euros par an pour l’énergie. « Ce chèque est bien fait, on le reçoit automatiquement et la dépense est fléchée. Seulement les plafonds sont très bas pour l’obtenir. » 

    Le problème de fond réside dans l’absence de volonté forte pour s’attaquer aux passoires énergétiques et financer les travaux nécessaires. « Il y a un succès quantitatif mais, dans le détail, ce ne sont pas les éléments les plus performants qui sont corrigés. On va isoler les combles ou les fenêtres ou changer la chaudière, alors qu’il faudrait souvent faire les trois à la fois. Mais il n’y a pas suffisamment d’argent. » Les associations qui aident les personnes en précarité énergétique partagent ce constat.

    L’accompagnement public est insuffisant et mal conçu. Pour réussir à rénover son logement, il faut par exemple réussir à dénicher un artisan qui saurait pallier plusieurs problèmes ; et qui accepterait de travailler avant d’être rémunéré, puisque les aides de l’État ne sont débloquées qu’a posteriori, une fois le chantier achevé.

    L’urgence se fait sentir, car la précarité énergétique touche toutes les zones et différents publics. Manuel Domergue, de la Fondation Abbé Pierre, souligne que les personnes qui peinent à se chauffer développent davantage de dépression, d’anxiété et de pathologies respiratoires. « Avoir froid chez soi, le nez qui coule en permanence, de l’humidité partout, des champignons et moisissures sur les murs, ça provoque une usure au quotidien. On sait aussi que si on rénovait toutes les passoires énergétiques à la location, on sauverait dix mille vies. »

    Toujours à Saint-Denis, Florian Gougeon va rencontrer Espérance. Elle n’a pas froid dans son 60 m2, ni de problèmes d’eau chaude. Au contraire, elle ne supporte pas trop le chauffage central qui lui donne des maux de tête. En revanche, elle a des difficultés à payer ses factures d’électricité.

    Une succession de difficultés et de coups durs – la maladie et un divorce conflictuel qui s’est soldé par des dettes écrasantes à rembourser – ont ébranlé la pimpante quinquagénaire, qui les énumère assise sur son canapé, vêtue d’un flamboyant boubou orange. Elle n’avait pas entendu parler du coup de pouce gouvernemental, elle qui a bénéficié du chèque énergie cette année.

    En 2018, elle a dû cesser son travail pour raison de santé. Elle distribuait les repas des patients dans un hôpital parisien. Elle a eu du mal à payer son loyer, le temps que les versements de la Sécurité sociale arrivent. Aujourd’hui, elle se retrouve avec 1 100 euros de revenus et 650 euros de loyer pour un logement social. Il reste à la femme seule environ 350 euros pour vivre. C’est déjà trop pour bénéficier d’aides des associations, pense-t-elle.

    Pour des ménages très, très modestes qui n’ont pas assez d’argent, la rénovation, c’est le parcours du combattant.
    Christine da Costa, des Compagnons bâtisseurs
    Surtout qu’en raison de son traitement encore agressif, elle a besoin de bien manger. D’où son congélateur-coffre bien garni installé sur le balcon, et son réfrigérateur américain qui trône dans sa cuisine parfaitement ordonnée. Parfois, raconte encore Espérance, elle n’a pas la force physique de sortir faire les courses. Elle est rassurée de savoir qu’elle a de quoi se nourrir.

    Mais ses 79 euros mensuels d’électricité pèsent beaucoup trop pour son budget. Dans son cas, Florian Gougeon n’a comme alternative que de changer les ampoules pour des LED qui consomment moins, d’installer des mousseurs et de baisser la température du congélateur de − 24 à − 18. Espérance est heureuse de cette aide car pour elle, « un euro de moins, c’est déjà un euro de gagné ». Dans six mois, Florian Gougeon la recontactera pour savoir si ces réglages ont permis de faire baisser sa facture.

    Christine da Costa, animatrice et chargée de mission précarité énergétique chez les Compagnons bâtisseurs, déplore que la prévention ne soit pas mieux développée par les services publics car la précarité énergétique est « un puits sans fond ». L’association organise des ateliers d’auto-réhabilitation accompagnée, en partenariat avec la CAF et les bailleurs sociaux.

    Elle regrette aussi que des propriétaires n’aient pas la capacité d’engager des travaux. « Pour des ménages très, très modestes qui n’ont pas assez d’argent, la rénovation, c’est le parcours du combattant. Ils ont peur d’engager de l’argent pour quelque chose qui ne marche pas ou de se faire arnaquer. »

    Sonia*, 55 ans, est dans ce cas. Elle refuse de recevoir chez elle, mais accepte de témoigner de sa situation. Elle vit dans une maison de 100 m2 depuis 13 ans. Elle et son époux l’ont achetée pour y vivre avec leurs cinq enfants. Les deux aînés sont partis, le troisième est sur le départ. Le père de famille est enseignant et elle est sans emploi.
    Tout récemment, elle a décidé de se lancer en indépendante, mais les revenus restent aléatoires. Le couple n’a jamais touché le chèque énergie, en raison de ses revenus trop élevés. En réalité, Sonia ignore même l’existence de ce dispositif.

    Elle explique que la maison n’est pas isolée. « Ni de l’intérieur, ni de l’extérieur. Quand on a acheté la maison, on a fait les travaux avec des amis et l’aide de l’entourage, mais ce n’est pas suffisant. » Ils se chauffent avec une chaudière au fioul, un gouffre financier. Tous les mois, la famille dépense au moins 300 euros. Parfois, la bourse de sa fille sert à payer la facture. Alors la famille « fait attention » en permanence.

    « J’ai froid toute la journée. Je m’habille au maximum comme si j’étais dehors, parfois il fait plus clément dehors. Chaque marche de l’escalier est plus froide que l’autre. On reste très peu au rez-de-chaussée. Si on mettait en marche tous les chauffages, on consommerait tout le fioul, alors j’allume seulement la chaudière le soir pour la douche et quelques autres choses. » Avec une fille asthmatique, Sonia est parfois désespérée de cette situation.

    Régler le problème par les travaux coûterait environ 25 000 euros, somme que le couple ne possède pas. Alors Sonia examine les aides disponibles comme Ma prime rénov, mais « c’est tellement compliqué qu’on a envie de lâcher l’affaire. Je n’ai toujours pas trouvé l’entreprise sérieuse et qui accepte les aides de l’État ».

    C’est pour cette raison qu’elle s’est tournée vers les Compagnons bâtisseurs. Sans compter que la facture de fioul n’est pas la seule à arriver et Sonia ne sait pas comment faire. « On doit aussi payer la taxe foncière et la taxe d’habitation, ça fait environ 3 000 euros, soit le double du salaire. Quand on a commencé à être propriétaires, on ne savait pas tout ça. »

    #électricité #chauffage #chèque_énergie #pauvreté

  • Questions-réponses sur les #subventions aux #combustibles_fossiles | Human Rights Watch
    https://www.hrw.org/fr/news/2021/06/08/questions-reponses-sur-les-subventions-aux-combustibles-fossiles

    En dépit de cette urgence, les gouvernements du monde entier subventionnent directement chaque année le secteur des combustibles fossiles à hauteur de milliards de dollars, et le soutien gouvernemental aux entreprises de ce secteur a augmenté dans le cadre des dépenses liées à la relance économique post-Covid-19. Le secteur bénéficie également de réglementations environnementales inadéquates et doit rendre peu de comptes en matière de nettoyage, lui permettant d’externaliser le coût réel des combustibles fossiles sans avoir à s’acquitter de leurs impacts environnementaux, sanitaires et économiques.

    Plutôt que de parler de milliards, il faut parler de #milliers_de_milliards

    Gita Gopinath sur Twitter :

    "New IMFNews research: Fossil fuel subsidies were $5.9 trillion in 2020, primarily reflecting undercharging for environmental costs. […] / Twitter
    https://twitter.com/GitaGopinath/status/1442147778638057472

    #climat

  • La dernière émission débat de @lundimatin : Pandémie, société de contrôle et complotisme, une discussion
    https://www.youtube.com/watch?v=aMbUB1dxMco

    Ce Olivier Cheval qui prend beaucoup de place, raconte vraiment beaucoup de merdes… À fond dans son jusqu’auboutisme théorique anti-biopolitique (à fond Agamben etc), et sous couvert de dire que c’est l’État uniquement qui est trop dans la théorie et le contrôle de tout, il n’a lui-même plus aucun sens du pragmatisme de la vie quotidienne, de comment prendre soin des gens qui nous entoure, de manière « démocratique ». Si le masque est lié à la politique général de l’État, alors il le refuse en bloc, même si comme l’hygiène de se laver les mains, ça va pouvoir sauver des millions de vie (et on sait parfaitement que l’hygiène de base a sauvé immensément plus que des médicaments compliqués pour des trucs rares). Il est contre contre contre, mais il ne va jamais sur le terrain de quel serait une réponse autonome et émancipée à l’épidémie, au soin en général. Il m’a trop vénèr en fait… :D

    • J’ai pas tout écouté parce que c’est pénible de se fâcher en même temps contre qui gouverne et qui prétend ne pas l’être mais j’ai cherché les passages avec Valérie Gérard car elle a publié un petit texte (Tracer des lignes - Sur la mobilisation contre le pass sanitaire https://www.editions-mf.com/produit/108/9782378040420/tracer-des-lignes) pas folichon si ce n’est qu’elle soutient qu’il n’est pas possible de manifester avec n’importe qui et défend des mesures de prévention ainsi que la vaccination en parlant de #covidiots. Mais dans ce cadre là, alors que sa présence semblait justifier l’aspect contradictoire du talk show, elle n’a quasiment rien de dit de tel...
      L’emploi du terme autodéfense sanitaire par l’animatrice vient rappeler qu’il s’agit de faire face collectivement à une pandémie... Quelque part, mais où ? comment ? on ne le saura pas.

      #lundimatinisme

  • Les #algorithmes aux commandes
    https://laviedesidees.fr/Les-algorithmes-aux-commandes.html

    Quel raisonnement aboutit à la recommandation d’un morceau, d’un film ou d’une personne à rencontrer ? Puisqu’un algorithme est un système dont le code est seulement le reflet, il est essentiel de comprendre les ingénieurs et les organisations qui ont contribué à sa conception.

    #Société #consommation
    https://laviedesidees.fr/IMG/docx/20210928_algogo.docx
    https://laviedesidees.fr/IMG/pdf/20210928_algogo.pdf

  • Montpellier : les antivaccins empêchent les jeunes d’accéder au vaxibus de Skyrock
    https://france3-regions.francetvinfo.fr/occitanie/herault/montpellier/montpellier-les-antivaccins-empechent-les-jeunes-d-acce

    Mais comme dimanche, à Marseille, un comité d’accueil attendait les jeunes à Montpellier ce lundi toute la journée, pour les empêcher de se faire vacciner. Des antivax tenaient des panneaux aux slogans tels que « je suis exclu pour raison de santé ». « Ils leur disaient qu’il y avait des maladies dans le vaccin, qu’il ne faut pas le faire. Au final, ils mettent les jeunes en danger, » regrette Karim Alla.

  • Quand l’homme blanc coupe du bois, l’hiver sera rude - investir.ch
    https://www.investir.ch/2021/09/quand-lhomme-blanc-coupe-du-bois-lhiver-sera-rude

    Chronique matinale
    Quand l’homme blanc coupe du bois, l’hiver sera rude
    28.09.2021

    Alors que depuis des années la technologie est reine et si t’as pas de GAFAM dans ton portefeuille t’es qu’un tocard, voici que le marché qui ne sait plus vers qui se tourner, replonge dans son passé et s’intéresse à des secteurs qui semblaient totalement désuets il y a encore 6 mois. Au grand dam des investisseurs ESG, ISR et autres investissements responsables, voici que le pétrole et les pétrolières font leur grand retour. Et cela, sans compter que les banques sont à l’honneur parce que les rendements du 10 ans US qui devaient aller à 1% sont plus en direction des 2. Enfin, tant que les USA ne font pas défaut.

    Evergrande, si loin et pourtant si proche

    La semaine dernière, alors que nous étions en train de calculer comment le géant de l’immobilier chinois allait faire pour s’en sortir tout en essayant d’écouter le discours de la FED dans un grand écart financier sans précédent, on n’a même pas eu le temps de voir venir la hausse du baril, l’envolée du gaz naturel, l’explosion de l’Uranium et le carton du charbon. Nous étions bien trop occupés à tirer des conclusions sur le vocabulaire employé par Powell ou sur les interventions de la banque centrale chinoise. Déjà que pour le commun des mortels, il n’est pas simple de faire plusieurs choses à la fois, dans ce cas précis, c’était presque impossible de voir la crise énergétique dans laquelle nous étions en train de nous précipiter.

    Et pourtant, ce matin nous sommes en plein dedans. Et ça donne presque l’impression que demain ça sera pire et que la semaine prochaine on ne parlera que de ça. À moins qu’Evergrande fasse défaut entre deux, ce qui semble d’ailleurs de plus en plus probable. Mais revenons à l’énergie. Nous avons tendance – moi en tous les cas – à rester complètement focus sur le prix du baril. Actuellement, force est de constater, il n’est pas vraiment le seul problème. Les scènes qui se sont déroulées en Angleterre ce week-end rappelaient les années 1970, les automobilistes faisant la queue dans des milliers de stations-service par crainte d’une pénurie de carburant. Mais la panique à la pompe n’est qu’une façade. En Europe et dans le monde entier, les prix du gaz naturel se sont envolés dans un contexte de pénurie, entraînant une hausse des factures des ménages et la faillite de certains fournisseurs.

    Mais ça ne s’arrête pas là.

    La Chine connaît également sa propre crise énergétique, les pénuries ayant entraîné des prix record pour le charbon et une flambée des prix du gaz naturel. Les conséquences commencent à se faire sentir : la production d’un certain nombre d’usines – dont certaines fournissent Apple et Tesla – a été interrompue. Et certaines banques asiatiques ont déjà revu à la baisse les prévisions de croissance de la Chine. Pas besoin de vous faire un dessin sur ce qui « pourrait » se passer si la Chine persiste et signe dans son ralentissement. Le moteur de la croissance mondiale (comme on l’appelait) est en train de caler et nous on continue à se demander s’il faut être investit dans les titres de croissance ou dans les values… Clairement, hier à New York, à voir la hausse du Dow Jones, la réponse momentanée c’est : les values…
    Une autre crise larvée que l’on n’a pas vraiment vue venir ?

    Si l’on parle des bourses mondiales et de leur comportement hier, on pourrait croire que tout va bien et que rien n’est en train de se produire. Les Européens boivent les paroles de Lagarde qui estime que l’inflation pourrait être plus forte que prévue. Et on trouve ça super, parce que ça veut dire que les mesures de soutien misent en place par la BCE ont fonctionné et que l’économie locale tourne à plein régime. Personne ne se demande si l’inflation en question n’est pas en train de nous péter à la figure à cause du prix de l’énergie qui prend l’ascenseur à une vitesse vertigineuse.

    Je n’invente rien ; le pétrole valait « moins 35$ » il y a 18 mois et ce matin il est au-dessus des 76$, casse les résistances et est boosté par les augmentations de price target de Goldman Sachs qui le voit à 90$. Je suis une pive en mathématiques, mais de « moins 35 » à « plus 90 », ça fait combien en pourcentage ? Oui, en effet ça fait un paquet et si ça continue comme ça, il va falloir se mettre au vélo, parce que faire le plein du V8 ou même du V6 à la pompe, ça va se compliquer rapidement cet hiver. Alors oui, vous me direz que je n’ai qu’à acheter une voiture électrique.

    Oui, en effet, mais d’abord je n’ai pas encore complètement perdu la raison, mais en plus il sera intéressant de voir comment on va charger lesdites voitures électriques lorsque les gouvernements vont réduire la tension des réseaux parce qu’il y a tout simplement un « shortage » d’énergie – peu importe laquelle. Le gouvernement chinois est déjà en train de tirer la prise pour cet hiver au nom de l’économie. Et je n’ai pas besoin de vous dire que pour faire le plein de la batterie d’une Telsa, si vous n’avez que l’ampérage d’une pile Duracell, ça va prendre du temps. Non, soyons clair, depuis 12 mois le pétrole a pris 100$… En 14 mois, le gaz naturel a fait fois quatre, tout comme le charbon. Sans compter que l’Uranium a triplé. J’en suis à me demander si je ne vais pas remplir mon garage avec du bois pour faire des feux de cheminée cet hiver et faire la raclette directement dans le salon.
    Crise énergétique

    Alors bon, ce matin quand je me suis levé, je n’avais pas prévu de parler de ça. Pour être franc, je n’avais rien prévu du tout. Mis à part de faire des tartines et de boire un litre de Nespresso. Mais disons que lorsque vous lisez la presse du matin et que vous mettez les trucs bout à bout, on a un peu l’impression que l’on a une « perfect storm » qui nous pends au nez. Nous sommes tous collés à nos écrans pour suivre la crise Evergrande, pour écouter les paroles de Lagarde, de Powell ou des guignols du Congrès Américains qui sont en train de se bagarrer pour mettre les USA en défaut ou pas, et pendant que l’on regarde tous la ligue des Champions à la télé, il y a un tsunami énergétique qui nous arrive dans le dos avec une vague de 60 mètres de haut, pendant qu’on mange des chips et qu’on boit de la bière.

    Oh putain… Je suis en train de tourner Bearish !!! Nouriel Roubini, sort de ce corps !!!

    Non, mais plus sérieusement… On est dorénavant tous d’accord pour se dire qu’Evergrande va faire faillite et que la faillite devrait être contenue à la Chine et que mis à part édenter un peu la croissance locale, ça devrait bien se passer. On est AUSSI tous d’accord pour se dire que Powell va commencer son tapering sur une jambe d’ici la fin du mois de novembre et que ça va bien se passer parce que l’économie US, elle va trop bien avec les multiples stimulus à tiroirs du Messie Joe Biden. Ensuite Powell il va monter les taux et là aussi tout ira bien pour les mêmes raisons que précédemment. Ensuite les politiciens américains vont continuer à se cracher dessus au sujet du plafond de la dette – un peu comme l’ont fait les Républicains hier en votant CONTRE le réhaussement du plafond et en essayant de mettre tout leur poids pour faire plier les Démocrates et les obliger à baisser leur pantalon et à faire des concessions politiques dont on ne veut même pas connaître les tenants et les aboutissants – Et puis ensuite, ils vont se mettre d’accord pour le Happy Ending et tout ira bien. Les oiseaux chanteront, les arbres refleuriront et on retournera en vacances à DisneyWorld pour se faire prendre en photo avec les oreilles de Mickey sur la tête et publier la photo sur Facebook.

    Ça a l’air plutôt pas mal. Oui, pas mal du tout.

    Oui, mais si…

    Mais si Evergrande c’était plus grave que ça ? Et si le tapering et la hausse des taux faisaient caler l’économie qui ne va pas si bien que ça. Si l’emploi partait en vrille et que les Républicains se haïssaient tellement, tellement à un point que les USA fassent vraiment défaut. Le rendement du 10 ans il irait où ??? Et si en plus de tout ça, le pétrole monte à 150$, que le prix à la pompe est multiplié par 2 (dans le meilleur des cas) et si on nous rationnait sur l’électricité ? Et si on ne peut même pas charger la Tesla pour monter à Verbier cet hiver ? Il va se passer quoi ?

    Assez rigolé

    Bon, vous savez quoi ? On ne va pas répondre à toutes ces questions ce matin, mais disons qu’il y a quand même pas mal de trucs qui sont en train de se mettre en place et pas que des bons trucs. Le concept de la hausse à coup de milliards est peut-être en train partir en vrille et d’être massivement remis en question par d’autres facteurs comme le prix de l’énergie et le shortage d’à peu près tout. Même des Iphones… ça fait une semaine que j’attends le mien, c’est dire.

    Alors pour le moment, on ne va pas se dire que tout va nous péter à la figure, mais gardez quand même cette chronique dans un coin, parce que si un jour les USA font défaut, Evergrande contamine le monde, Powell se fait assassiner par des commandos d’extrême droite et son successeur monte les taux à coup de 2% et que l’on interdit aux Tesla de rouler parce que ça pompe trop d’électricité, je pourrais au moins dire que… « je vous l’avais dit ».
    Et pendant ce temps, dans le monde des Bisounours

    Ce matin la plus grande partie de l’Asie est en baisse à cause des craintes liées à Evegrande et au problème énergétique. Certaines provinces sont de retour 800 ans en arrière, puisque l’électricité a été coupée et que certaines usines sont à l’arrêt. Ça tombe bien, c’est juste au moment où y a pas de shortage et que l’on manque de rien. Surtout pas de semi-conducteurs. Par contre, pendant que la Corée est en baisse, que le Japon est en baisse, la Chine et Hong Kong sont les deux seuls marchés à être dans le vert, comme quoi, on est jamais mieux servi que par soi-même.

    Pendant ce temps, l’or ne fout rien. Comme d’habitude. Et comme un jour sur deux, les cryptos sont en baisse parce que les Chinois confisquent activement du matériel de mining et que des opérateurs jettent l’éponge dans la région. Le Bitcoin perd à nouveau 3% et reste coincé dans un range ennuyeux à mourir. L’Ether est en baisse de 5%.

    Dans les nouvelles du jour, on parle de Yellen qui hurle à la mort et craint le pire en cas de défaut, de la FED qui met en garde contre des réactions extrêmes de marché en cas de défaut et pendant que tout ce petit monde parle de ce qui va se passer en cas de fin du monde et d’attaque des petits hommes verts, Rosengren et Kaplan ont donné leur sac et quittent la FED suite des allégations comme quoi ils « auraient profité » de leurs positions à la FED pour faire du trading qui s’est avéré extrêmement lucratif. Ils partent afin de respecter une certaine déontologie (selon eux) et pour éviter que la SEC leur colle un procès aux fesses (selon moi). En tous les cas, ils essayent de se faire passer pour des héros, mais pas sûr que ça prenne ce coup-ci. Pour le reste, les futures sont inchangés et on attend de voir. Par contre la tension sur l’énergie semble à son comble et même si les articles sont peu tranchés, on sent quand même que ça devient gentiment angoissant. Pourvu que l’on parvienne à tenir le niveau d’angoisse jusqu’à Halloween.
    Les chiffres du jour

    Pour la journée d’aujourd’hui, on va regarder la confiance du consommateur aux USA et vérifier qu’il n’envisage pas de s’ouvrir les veines en regardant ce que va lui coûter le plein d’essence du Ford Raptor et celui de la citerne à mazout au fond du jardin. Puis il y aura Lagarde qui parlera, ainsi que Powell qui témoignera. Pas le genre de journée les plus passionnantes que nous puissions connaître, mais ça peut quand même donner du grain à moudre.

    Il me reste à vous souhaiter une très belle journée et on se retrouve demain matin. En attendant, moi je vais aller couper du bois, couper du bois et couper du bois.

    À demain !

    Thomas Veillet

    Investir.ch

    “When your children are teenagers, it’s important to have a dog so that someone in the house is happy to see you.” —Nora Ephron.

  • Nafeez Ahmed : « Le rapport du GIEC doit nous convaincre de transformer radicalement notre économie. »
    https://www.les-crises.fr/nafeez-ahmed-le-rapport-du-giec-doit-nous-convaincre-de-transformer-radic

    Les bouleversements à venir finiront par détruire les emplois traditionnels dans les secteurs dominants des combustibles fossiles, des moteurs à combustion et de l’élevage intensif. Source : Vice, Nafeez AhmedTraduit par les lecteurs du site Les-Crises Pour éviter le pire compte tenu des effets désastreux du changement climatique, l’humanité doit impérativement réduire ses émissions de […]

  • Higher Ed, We’ve Got a Morale Problem — And a Free T-Shirt Won’t Fix It

    Let’s say, hypothetically, that it’s been a difficult start to the fall semester for many of us who work as staff and faculty on college campuses in America.

    Perhaps we allowed ourselves the faintest glimmer of hope for better working conditions compared to last year, only to be met by sterile emails enforcing inflexible personnel policies, signs about “masking up” on campus as hoards of unmasked fans descend on football stadiums, and pressures to pantomime normalcy for students when our own lives feel far from normal.

    Maybe we have experienced a cruel deja vu, once again juggling hours of Zoom meetings with the needs of our unvaccinated children as the delta variant courses through schools and day care centers. Let’s say we’re not just physically and emotionally depleted, but we question whether our institutions have our best interests at heart. We might wonder if we can still enact our values in higher education, given our employers’ leadership and decision-making.

    Hypothetically speaking.

    Assuming that some part of the scenario above sounds vaguely familiar, college leaders may be casting about for ways to lift their employees’ spirits. More than a few, it seems, have turned to gimmicks that have little chance of meaningfully moving the dial on morale. That’s because the root of many morale issues in higher education run deep enough that a free T-shirt will feel shallow and even insulting.

    Morale can absolutely be improved in higher education, but it requires the type of sustained attention necessary to shift organizational culture. Leaders need to be ready to put in the work, starting with admitting there is a morale problem and actively listening to what staff and faculty are saying.
    From Burnout to Demoralization

    There was considerable discussion last fall about burnout among college staff and faculty. I wrote about how college leaders should prepare for a wave of burnout as the pandemic brewed a potent blend of constant work and worry. Recently, I’ve seen an increasing number of stories about workers who aren’t just exhausted. They are fed up.

    Stories have chronicled boycotts of in-person teaching, protests and die-ins to demand mask and vaccine mandates, faculty senate resolutions, and even faculty members walking away from jobs. I’ve heard from several colleagues at multiple institutions that morale is the lowest they have ever seen. People in higher education are using a new word to describe their experience: “demoralized.”

    Doris A. Santoro, a professor at Bowdoin College who wrote a book on teacher demoralization, has explained that teachers of all kinds are facing stressors during the pandemic that put them at heightened risk for burnout and demoralization. But she also draws clear distinctions between the two. Whereas burnout happens when teachers are entirely depleted, demoralization “happens when teachers are consistently thwarted in their ability to enact the values that brought them to the profession.” Anne Helen Peterson and John Warner have also written eloquently about demoralization and how it differs from burnout.

    Suffice it to say, demoralization suggests an ethical indictment of organizations, professions and society broadly. We still often talk about burnout (and its solutions) at the individual level, but we refer to demoralization among a group, like workers at a particular company or in an entire profession. In fact, many definitions of “morale” focus on collective sentiments, equating it to esprit de corps. Low morale, like demoralization, means a group is struggling to maintain belief in an institution or goal, especially when times get tough. As such, it provides a stronger push for people thinking about leaving their jobs. If burnout means driving while drowsy, demoralization means seeking the nearest off-ramp.
    What Has Changed This Fall?

    How did we get from burnout to demoralization in a year? In truth, the delta variant didn’t suddenly trigger demoralization. These issues predate the pandemic and have long co-existed. And, of course, the feeling isn’t universal. But it does seem like wading through another semester of Pandemic University—or, more accurately, through the ways that policymakers and college leaders responded to the pandemic—shattered many people’s fragile defenses. While writing this piece, I received many emails and messages about why morale is low at their institutions or why they left higher education, and a few themes surfaced.

    There’s a pervasive frustration that leaders didn’t learn any lessons from last year. It’s almost as if last year didn’t happen at all, or leaders are exercising a sort of selective amnesia about the trauma of the past 18 months. In practice, this manifests in zealously pursuing Normal Fall™ regardless of employees’ concerns and worsening public health indicators. Relatedly, many people feel that leaders simply aren’t listening, aren’t taking questions about fall plans in meetings, or aren’t transparently answering the questions they received. Values-based conflict emerged as staff and faculty sought compassion and thoughtful answers in the face of elevated risk and instead heard: “Everything’s fine!”

    Low compensation, of course, was frequently mentioned. A recent article in The Chronicle of Higher Education included results from a survey showing that 88 percent of respondents believed uncompetitive salaries are a top reason people leave college student affairs jobs. While staff and faculty may have previously tolerated inadequate pay, the equation changed significantly with the addition of excessive work demands and the possibility of serious illness. The fact that many leaders continued to ask employees to work under these conditions without additional compensation felt exploitative.

    Another reason for low morale is inadequate staffing. As people have left jobs, institutions have faced vacancies they haven’t been able to fill or fill fast enough. Or they simply haven’t ever hired enough people to do the work well. Sociologists Laura Hamilton and Kelly Nielsen described the pervasive and purposeful under-staffing of institutions in their book “Broke” as the austerity-driven goal of “tolerable suboptimization,” with workers “toiling under exceptionally high workloads with little relief in sight.” For many staff and faculty, the combination of low pay and ballooning workloads reveals institutions care little for employee wellbeing.

    Norms within the higher education profession aren’t helping matters. As Margaret Sallee, who recently edited a book on sustainable careers in student affairs, told me, “I’ve been so concerned about the ways that student affairs eats its people up. I think it’s been exacerbated by the pandemic … but, I hate to say it, I think it’s gotten worse in the last three months.” The profession normalizes working long hours to support students, and many senior student affairs leaders “are stuck in a rut of how we used to do things and how we’ve always done things.” Sallee attributes some of the low morale this year to disappointment after it looked like the field may shift away from these “ideal worker” norms: “Instead I just see this knee-jerk reaction to going back to how it was.”

    There are also tensions surfacing between different categories of university employees. Some workers have had autonomy to decide what was best for them and their families, while others have not. And some staff, in particular, are tired of having their expertise ignored. That’s what I heard when I spoke to a staff member at a rural community college who asked to not be named to protect their job. “Staff have degrees, they have expertise, they are publishing and doing these things that are just completely ignored by faculty,” the staff member explained. “It’s just really hard to be constantly dismissed.” They likened higher education to a class system: “I don’t have academic freedom. I don’t have any type of protection … I think that has become more apparent with the pandemic, being told who is ‘essential,’ who has to be on campus.”

    This staff member and their colleagues have been sending each other job ads: “There are data analyst jobs I could do and easily make double what I’m making.” But what bothers them about staff leaving is the sense that nobody cares. “We see a lot of ‘quit lit’ from faculty. We don’t see it often from staff, mainly because staff just disappear.”
    Gimmicks Won’t Get It Done

    Just as there were college leaders genuinely worried about burnout, there are leaders who want to do something about low morale. Too frequently, however, the solutions they devise don’t match the magnitude of the problems or initiate the long-term, cultural changes many employees desire.

    When I expressed my worry that many college leaders won’t put in the work to address low morale, my Twitter followers filled my mentions with examples of small tokens of appreciation or one-time events. It was clear they found many of these gifts or programs to range from comically unhelpful to infuriating. In no particular order, these examples included: a credit to the performing arts center, tickets to a football game, free ice cream, raffles for gift cards, a coupon to the coffee shop, food trucks, and free hats and T-shirts.

    To be clear, I don’t imagine most leaders believe these efforts will fix everything. They know what they have asked of staff and faculty during the pandemic, and they want to recognize that effort. However, they may not fully appreciate how these initiatives can trivialize concerns and have the opposite effect of what they intended.

    How Leaders Can Start to Improve Morale

    There are some obvious answers to higher education’s morale problem. People want compensation that reflects the realities of their labor and the value they bring to the institution. They also want their departments and units to be properly staffed to meet expectations and serve students well. This last point bears repeating: Students’ success is inextricably linked to staff and faculty working conditions. You don’t get the former without investing in the latter.

    It’s true that raises and adding new positions are huge expenses for most institutions, but that doesn’t make them impossible. Just as important, the price tag doesn’t prevent leaders from making a commitment and a plan. Leaders should tell staff and faculty that increasing pay is a priority, even if it takes time to implement, then develop a plan to analyze workload issues across the institution and create a timeline for addressing them. Knowing there is movement toward adequate pay and equitable workloads is more meaningful for many staff and faculty than a dozen thank-you emails.

    I’ve heard of a few other low-cost ideas. For example, leaders should think about their communication choices. I suggest they excise “return to normal” from their vocabulary, stop worshipping at the altar of “in-person” instruction and activities, and feel comfortable admitting when morale is low. Josie Ahlquist, an expert on digital leadership in higher education, recently wrote that leaders should give up on messages imbued with “toxic positivity” and consider instead a position of “critical hope.”

    I asked her about this in an interview, and she explained: “Leaders in the past could just be performative or hide behind, ‘I’m fundraising, attending big football games, and it’s all good.’ And we haven’t had ‘all good.’ To say ‘everything’s fine’ isn’t being emotionally connected.”

    She drew inspiration from professor Jessica Riddell, who wrote that many leaders have leaned on toxic positivity in their responses to the pandemic. By putting on a constantly cheery facade that brooks no dissent, leaders have silenced “candid and uncomfortable conversations.” On the other hand, critical hope acknowledges that we are in the midst of a radical transformation and welcomes complexity and discomfort as cornerstones of a process to reimagine higher education.

    Given how many people have told me they feel ignored, I can’t recommend enough the power of giving staff and faculty platforms to speak—and then listening to them. In practice, this means collecting perspectives and questions, then providing complete and transparent responses. It means bringing important campus decisions to shared governance bodies for deliberative discussion, rather than seeking “input” after the decisions have already been made. Ahlquist stressed the value of being accessible, whether it’s blocking off time for anyone in the campus community to meet, doing listening tours, or allowing people to send direct messages via social media. Even small efforts like these can help employees feel seen.

    I spoke with Terisa Riley, chancellor of the University of Arkansas at Fort Smith, after learning she asked a student affairs group on Facebook for ideas to improve staff wellbeing. “I’m a real active social listener, which will sometimes drive people crazy,” she explained. Although initially some people were suspicious of her engagement on multiple social media sites, Riley maintains it helps her get to the bottom of frustrations, note complaints, and collaborate with colleagues to find solutions.

    Listening isn’t enough to completely prevent departures. “We’ve started to face some of the turnover that we’ve been reading about,” Riley explained. But she is keenly aware that “other industries are much more flexible, they understand that the human being doesn’t divorce the family or responsibilities they have when they walk through the door at 8 a.m.”

    She’s a firm believer that higher education needs to do a better job of managing its talent. And that might mean leaders need to give people the ability to individually renegotiate their working conditions. As Riley put it: “If someone is thinking that leaving is their only option, I say, ‘Please don’t let it be. Can we talk through what you personally think you need to be here? I’ll try to help meet your needs, I want to hear from you personally.’ Because I only have 1,000 employees. I can work with all of them if I need to do it.”

    Importantly, this approach doesn’t treat workers as expendable. Colleges have a bad track record of operating as if there will be an endless supply of people who want to work at them. I think that’s both factually and ethically wrong—it’s also a terrible approach to attracting and retaining highly-skilled workers, many of whom are, at this very moment, perusing job ads.

    The simple truth is that while morale can tank quickly, rebuilding it takes time and sustained energy. And it’s harder still to rebuild as the pandemic continues. But I wouldn’t be writing this if I didn’t have my own critical hope that the “business as usual” systems and decisions that got us here can be transformed for the better. Save the T-shirts for another day and start building the type of organizational culture that staff and faculty can believe in again.

    https://www.edsurge.com/news/2021-09-27-higher-ed-we-ve-got-a-morale-problem-and-a-free-t-shirt-won-t-fi

    #burn-out #démoralisation #enseignement (pas pas que...) #ESR #université #facs #valeurs #moral

    ping @_kg_

  • Activision agrees to settle EEOC lawsuit, set up $18 million victims fund - Axios
    https://www.axios.com/activision-18-million-victims-fund-response-lawsuit-7989a3ff-cac7-4c5e-b2a6-f

    « In a 49-page consent decree, the company technically denied any wrongdoing but agreed to a three-year period of extensive oversight. »

    Activision Blizzard Settles With Federal Employment Agency For $18 Million (Updated)
    https://kotaku.com/now-there-are-three-u-s-government-groups-suing-activi-1847756366

    Kotick, of course, is receiving effective compensation of $154 million in 2021, meaning he could easily cover the $18 million cost of the EEOC lawsuit settlement many times over.

    C’est donc la fin de deux ans et demi d’enquête et du procès à l’égard d’Activision Blizzard pour discrimination, harcèlement sexuel et même de viol dans le cadre des relations au sein de l’éditeur. On pourra peut-être regretter que l’entreprise s’en sorte sans que le procès n’aille au bout. C’est un désagréable sentiment que l’argent permet, aux Etats-Unis du moins, d’acheter la justice. Pour des faits aussi graves, on aurait aimé que la justice aille jusqu’au bout.

    #jeu_vidéo #jeux_vidéo #procès #justice #arrangement #activision_blizzard #sexisme #harcèlement_sexuel #discrimination #bobby_kotick

  • Pee Wee Ellis (1941-2021) - Soul Bag
    https://www.soulbag.fr/pee-wee-ellis-1941-2021

    L’annonce de la disparition du #saxophoniste et arrangeur Alfred “Pee Wee” Ellis s’est faite en toute discrétion, à l’image de sa personnalité et de sa carrière. Pee Wee n’était pas aussi flamboyant que ses frères d’armes, le saxophoniste Maceo Parker et le tromboniste Fred Wesley, deux formidables soufflants avec qui il s’était réuni sous la bannière J.B. Horns durant les années 1990. Ces Trois Mousquetaires du #funk se connaissent bien puisque vingt ans plus tôt ils formaient le pupitre de cuivres dans l’orchestre de James Brown. Et c’est durant son séjour chez le Godfather que Pee Wee a posé une empreinte indélébile sur l’histoire de la musique en général et du funk en particulier.

    Shake everything you’ve got
    https://www.youtube.com/watch?v=AyCAl0LbwRY

  • Mimmo Lucano : « Il faut défendre cet “autre monde possible” face à la violence du populisme »
    26 septembre 2021 Par Nejma Brahim | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/international/260921/mimmo-lucano-il-faut-defendre-cet-autre-monde-possible-face-la-violence-du

    Dans son livre « Grâce à eux », Mimmo Lucano, ancien maire de Riace (Italie) connu pour ses positions en faveur de l’accueil des migrants, raconte comment son village dépeuplé de Calabre a repris vie avec l’arrivée des exilés, dans un modèle inclusif et vertueux. Et comment il a dû se battre pour le maintenir.

    Le récit met du baume au cœur à l’heure où certains hommes politiques ou polémistes, en France comme à l’étranger, s’acharnent à vouloir diaboliser les migrants et leurs aidants. Dans un livre intitulé Grâce à eux (Buchet Chastel), Domenico Lucano (dit « Mimmo »), ancien maire de Riace, en Calabre, de 2004 à 2018, rappelle qu’une autre voie est possible : celle de l’accueil inconditionnel, d’un modèle inclusif et d’une société alternative et durable, où chacun, peu importe ses origines, sa langue ou sa culture, peut participer à la vie de la cité et trouver sa place.

    « Personne ne choisit librement de quitter sa terre », souligne l’auteur, qu’il s’agisse des premiers réfugiés kurdes à avoir débarqué sur les côtes calabraises dans un voilier en 1998 ou des Somaliens, Ghanéens, Gambiens et Maghrébins venus par la suite en quête d’une vie meilleure. De leur installation dans des logements vacants jusqu’à la réhabilitation d’un ancien pressoir à huile, en passant par la réouverture des établissements scolaires, la création d’ateliers artisanaux permettant la transmission de savoir-faire locaux et la naissance d’un tourisme solidaire, l’expérience du « village global » qu’a représentée Riace montre qu’un « autre monde » est possible.

    (...)

    Vous avez fait l’objet de plusieurs enquêtes judiciaires et avez même été interdit de séjour à Riace durant onze mois. Diriez-vous que votre solidarité envers les exilés a été criminalisée, tout comme peut l’être celle des ONG opérant en Méditerranée pour sauver des vies ou celle de maraudeurs à la frontière franco-italienne ? Où en sont les poursuites à votre encontre pour « abus de pouvoir » et « aide à l’immigration clandestine » ?

    Oui, c’est toujours comme cela que le pouvoir se crée une légitimité : en décrédibilisant, en criminalisant les opprimés et ceux qui les défendent… Après des années de procédure, je serai fixé dans quelques jours ; j’espère que l’issue du procès sera positive mais il y a sur cette affaire un enjeu politique très fort : à travers moi, il s’agit de disqualifier l’expérience d’accueil et d’économie solidaire que représente Riace.
    (...)

    #Riace #Mimmo_Lucano

  • #Espèces_envahissantes : une #catastrophe_écologique et économique | CNRS Le journal
    https://lejournal.cnrs.fr/articles/especes-envahissantes-une-catastrophe-ecologique-et-economique

    Pour prendre toute la mesure du problème et inciter les décideurs à passer à l’action, Franck Courchamp et son équipe ont décidé de chiffrer le #coût _financier des espèces invasives à l’échelle mondiale. Une grande première. Pendant cinq ans, les chercheurs ont collecté des milliers de coûts reportés dans des études scientifiques au sein de leur base de données #Invacost. Après un travail d’analyse et de standardisation des données réalisé main dans la main entre écologues et économistes, ils ont abouti à une somme globale : entre 1970 et 2017, les invasions biologiques ont coûté à nos sociétés 1 288 milliards de dollars !

    […] Qui plus est, l’analyse ne dévoile que la partie émergée de l’iceberg, car ces coûts ont été considérablement sous-estimés. En effet, très peu d’espèces ont été étudiées et très peu de dégâts répertoriés. En France par exemple, pour laquelle l’équipe a estimé récemment le coût – entre 1,2 et 11,5 milliards d’euros en seulement 25 ans –, moins d’une centaine d’espèces envahissantes ont fait l’objet d’étude alors que près d’un millier y sont présentes.

    […] « Il y a parfois des surprises quand on étudie sous toutes les facettes les interactions de ces nouveaux arrivants avec les autres espèces et leur écosystème, confie Jonathan Lenoir. Dans certains cas, il peut même y avoir des effets bénéfiques ». C’est le cas du cerisier tardif, un arbre originaire d’Amérique du Nord qui a envahi les forêts d’Europe, où il entre en compétition avec les espèces natives, notamment les hêtres et les chênes. Des observations en forêt de Compiègne suggèrent que cette espèce protégerait ces mêmes arbres contre le hanneton forestier. Les larves de cet insecte envahissant consomment les racines des hêtres et des chênes mais pas celles du cerisier tardif. En présence de ce dernier, les semis de hêtres et de chênes semblent ainsi moins impactés.

    Autre exemple : la crépidule, un mollusque originaire de la côte Est des États-Unis qui a envahi l’Atlantique et la Manche. Sa prolifération peut conduire à une eutrophisation des eaux marines et menacer ainsi les autres espèces. « Mais sa présence permet aussi l’arrivée de nouvelles espèces – sa coquille servant de support à ces dernières – au point même d’augmenter localement la biodiversité », note Frédérique Viard. Qu’on le veuille ou non, ces nouveaux intrus sont devenus des acteurs à part entière de nos écosystèmes. Pour le meilleur et pour le pire.

    #écologie

  • Quand un artiste se fait rouler dans les NFT
    https://www.nextinpact.com/lebrief/48199/quand-artiste-se-fait-rouler-dans-nft

    Les Non Fungible Tokens sont à la mode ces derniers temps, surtout depuis que des startups lèvent des millions en misant sur ces jetons numériques particuliers. Stéphane Bortzmeyer en avait présenté le concept il y a quelques mois.

    Mais les histoires qui en découlent ne sont pas toujours idylliques. Framasoft se fait l’écho de la complainte d’un artiste adepte de la culture libre, David Revoy, qui propose le webcomic Pepper&Carrot alors qu’un tiers a gagné 10 000 euros « grâce » à son travail ou plutôt « en parasitant son travail, grâce à de la blockchain ».

    Il invite donc à ne pas acheter de NFT de ses œuvres, qui n’ont pas été créées dans le but d’être privatisées sous une forme présentée comme « unique ».

    « Les personnes qui gloseront sur la « bonne » ou la « mauvaise » licence pour le protéger d’une telle mésaventure risquent de passer à côté d’un élément central de ce témoignage : ceci n’est pas un dilemme légal, mais un dilemme artistique » ajoute Framasoft.

    « Que cette spéculation soit légale ou non, ne change rien au fait que ce soit immoral. Ouvrir une partie de ses droits au public (par le biais d’une licence libre), ce n’est pas s’interdire de gueuler lorsqu’on trouve qu’un usage de son œuvre est nul, moche, qu’il salit nos valeurs » ajoute l’association qui a traduit le propos initial de l’artiste (avec son accord).

    #NFT

  • Entretien avec Wissam El Yamni
    https://souriez.info/Entretien-avec-Wissam-El-Yamni

    Émission du 23 septembre 2021 / Radio Libertaire 89.4 // Émission en deux parties Première partie : du nouveau autour de la lutte contre le projet CIGEO à Bure Le verdict du procès des « Sept de Bure », jugé-e-s à Bar-le-Duc (Meuse) en juin dernier, est tombé le 21 septembre : relaxe totale sur la qualification principale (association de malfaiteurs en bande organisée) mais six condamnations dont deux à de la prison ferme : une personne totalement relaxée, trois condamnées à 9 mois de prison avec (...) #Les_Amis_d'Orwell

    https://noussommestousdesmalfaiteurs.noblogs.org
    http://lambda.toile-libre.org/orwell/2021-09-24-RL-Orwell-Pt1-Cigeo-DUP.mp3
    https://editions-croquant.org/actualite-politique-et-sociale/716-wissam-verite.html
    http://lambda.toile-libre.org/orwell/2021-09-24-RL-Orwell-Pt2-Wissam_Verite.mp3
    https://www.syllepse.net/les-freres-de-soledad-_r_102_i_589.html
    https://www.monde-diplomatique.fr/mav/88/DERFOUFI/52497
    https://archive.org/details/PunishmentPark1971PeterWatkins

  • Pour la liberté de choisir sa connexion à Internet
    https://www.laquadrature.net/2021/09/27/pour-la-liberte-de-choisir-sa-connexion-a-internet

    En Europe, nous avons récemment confirmé le droit pour toutes et tous de choisir librement la manière dont on souhaite se connecter au réseau Internet à travers la liberté de choisir son routeur. 

    Le routeur, c’est…

    #neutralité_du_Net #Réseaux_télécoms #Vie_privée_-_Données_personnelles

  • Royaume-Uni : à la conférence annuelle du Labour, Keir Starmer sous le poids des critiques
    https://www.lemonde.fr/international/article/2021/09/27/keir-starmer-sous-le-poids-des-critiques-a-la-conference-annuelle-du-labour_

    La conférence a bien mal commencé : M. Starmer s’était mis en tête quelques jours plus tôt d’y faire adopter une réforme de la désignation des dirigeants du parti dans le but non avoué de donner plus de poids aux voix des députés du Labour, et moins à celles des 400 000 membres du parti, réputés plus radicaux, afin d’éviter le retour d’un chef de file « à la Corbyn ». Jeremy Corbyn avait été élu à la tête du Labour en 2015, en partie à la faveur de la règle du « une voix, un vote ».

    Avec ses propositions radicales (nationalisations, sortie de l’OTAN, etc.), il avait dévéloppé une véritable « Corbynmania » chez les militants du Labour, mais suscité le rejet des électeurs traditionnels du parti. Ce dernier a essuyé une défaite historique aux élections générales de fin 2019, et concédé une majorité de 80 sièges aux conservateurs à la Chambre des communes.

    Tu vois, si Corbyn a provoqué un rejet dans l’électorat qui se déplace jusqu’aux urnes, c’est à cause de la radicalité de ses propositions qui l’ont fait arriver à la tête du parti. Et pas du tout du tout à cause de la shitstorm orchestrée par les blairistes au sujet des accusations d’antisémitisme contre on ne sait pas qui ni où ni quand, mais que Corbyn n’a pas assez bien condamné ni assez bien géré ni assez bien prout. En fait, il avait tort (même les gauchistes du continent lui ont donné tort, parce que quand on est équilibré, on est toujours d’accord avec l’idée qu’un gauchiste n’est pas tout à fait au clair avec l’antisémitisme, surtout quand celui-ci est pro-palestinien, etc). Et il fallait donc y passer beaucoup de temps. Quant aux propositions radicales, plus personne ne s’en souvient. Ce n’était de toute façon pas le sujet. Sauf rétrospectivement, évidemment.