• « Nous ne pouvons pas empêcher qu’un homme ait peur de son ombre »
    Rémi Carayol > Michael Pauron > 18 octobre 2021
    https://afriquexxi.info/article4869.html

    Document sonore · En juillet 1984, à la veille du premier anniversaire de la révolution, le dirigeant de ce qui deviendra quelques jours plus tard le Burkina Faso accorde une interview au célèbre cinéaste René Vautier. Cet échange était tombé dans l’oubli. Afrique XXI le dévoile alors que le procès des assassins de Sankara et de douze de ses camarades doit se tenir dans les prochaines semaines. Cette seconde partie est consacrée à sa conception de la révolution, à ses relations avec les pays voisins et aux régimes sud-africain et israélien. (...)

    #Thomas_Sankara
    #Algérie #Burkina_Faso #Mali #Sahara_occidental #Tchad #Israël

  • Le 17 octobre 1961, la police française placée sous l’autorité du tristement célèbre préfet Maurice Papon commettait le pire massacre de civils depuis la seconde guerre mondiale.
    Aujourd’hui, la loi du silence pèse toujours sur cet tragédie comme une chape de plomb.
    #17octobre1961
    https://twitter.com/realmarcel1/status/1449491641308430337

    2 morts officiellement, des centaines en réalité, sur une période de 2 mois de déchaînement de violence
    Il a fallu attendre les années 70 pour que les langues se délient et les années 80 pour que les historiens s’en emparent
    En ce qui concerne les politiques, on attend toujours

    Ce n’était pas une somme de dérapages isolés, c’était un système.
    Papon a donné un blanc-seing à la police pour tirer, de fausses informations ont été diffusées sur la radio, on a flatté le sentiment raciste d’une police qui n’avait pas été réformée depuis Vichy.

    On n’attendait pas grand chose de Macron qui flatte une police à la dérive pour qu’elle continue à couvrir ses turpitudes, dans un contexte où le ministre de l’Intérieur porte plainte contre ceux qui constatent une évidence : la police tue.

    Il a fait pire, il n’a pas eu un mot.
    Et pour cause, jamais la police française n’a été aussi violente ni aussi impunie depuis cette période brune de l’Histoire.
    Le racisme est toujours là, la violence aussi, mais c’est le déni qui fait le plus de mal, parce que c’est un système.

    Ce n’est pas un problème franco-algérien, c’est un problème français, et le déni qui perdure est un symbole d’un pays qui refuse le nécessaire devoir de mémoire qui lui permettrait enfin de se regarder dans une glace.

    Si ce déni continue encore aujourd’hui, c’est parce qu’il a une fonction : maintenir sous contrôle une institution qui n’a que très peu changé parce qu’on n’a jamais voulu qu’elle change, parce qu’au fond, le pouvoir a besoin d’une police raciste et violente

    Ce que raconte l’Histoire, ce n’est pas juste une histoire, c’est notre société.
    Ce que raconte cette histoire, c’est un tout petit pays qui se replie sur lui même parce qu’il n’accepte pas de perdre sa puissance, et c’est une élite qui se replie sur la violence pour se protéger.

    Plus que jamais, le fascisme frappe à nos portes avec ses grosses bottes qui font du bruit.
    Son ferment, c’est le mensonge.
    Pour le combattre, il faut dire la vérité.
    Si on a besoin de réparer les blessures du passé c’est pour avancer.
    Alors avançons ✊
    #LaPoliceTue

    • Y a-t-il pire symbole que la police empêchant ceux qui veulent rendre hommage aux victimes d’accéder au lieu d’un massacre commis par la police ?
      C’est bien Papon que Lallement commémore.
      Vidéo de @TaoualitAmar

      https://twitter.com/realmarcel1/status/1449784653406158849

      Les policiers empêchent les manifestants de se rendre sur le pont pour rendre hommage aux victimes du massacre du #17octobre1961.

      L’accès au pont est bloqué.

      Comment ils organisent les conflits et le chaos et veulent se faire passer pour le camp de la raison. C’est insupportable.

  • États-Unis : un empire policier ?
    https://laviedesidees.fr/Stuart-Schrader-Badges-Without-Borders.html

    À propos de : Stuart Schrader, Badges Without Borders : How Global Counterinsurgency Transformed American Policing, University of California Press. Dans les années 1960-1970, le gouvernement fédéral des États-Unis a déployé une même politique d’appui aux polices locales pour lutter contre les menaces insurrectionnelles à l’étranger et contre les émeutes urbaines sur le territoire national. Stuart Schrader restitue les luttes bureaucratiques qui ont donné lieu à cette politique et les circulations qu’elle a permises.

    #Histoire #police
    https://laviedesidees.fr/IMG/docx/20211018_schrader.docx
    https://laviedesidees.fr/IMG/pdf/20211018_schrader.pdf

  • Khrys’presso du lundi 18 octobre 2021
    https://framablog.org/2021/10/18/khryspresso-du-lundi-18-octobre-2021

    Comme chaque lundi, un coup d’œil dans le rétroviseur pour découvrir les informations que vous avez peut-être ratées la semaine dernière. Tous les liens listés ci-dessous sont a priori accessibles librement. Si ce n’est pas le cas, pensez à activer … Lire la suite­­

    #Claviers_invités #Internet_et_société #Libr'en_Vrac #Libre_Veille #Non_classé #GAFAM #Internet #Revue_de_web #Revue_hebdo #Surveillance #veille #webrevue
    https://mamot.fr/system/media_attachments/files/106/622/970/678/514/373/original/400c59b9a1973f55.mp4

  • Edward Snowden : « 12 septembre : Le plus grand regret de ma vie »
    https://www.les-crises.fr/edward-snowden-12-septembre-le-plus-grand-regret-de-ma-vie

    Ce qui suit est un extrait de mes mémoires, Permanent Record, disponible dans la plupart des langues partout où l’on vend de bons livres. Source : Edward SnowdenTraduit par les lecteurs du site Les-Crises Pandémonium, chaos : nos formes les plus anciennes de terreur. Ils font tous deux référence à un effondrement de l’ordre et […]

  • Why Everything is Suddenly Getting More Expensive — And Why It Won’t Stop | by umair haque | Oct, 2021 | Eudaimonia and Co
    https://eand.co/why-everything-is-suddenly-getting-more-expensive-and-why-it-wont-stop-cbf5a091

    It’s not just me. It’s probably you, too. Have you noticed that it’s starting to be hard to just…get stuff? If you’ve tried buying a car lately, you might have observed that even used car prices have climbed to relatively astronomical levels. The same is beginning to hold true for good after good — from electronics to energy. What’s going on here?

    I have some bad news, and I have some…well…worse news. We’re at the beginning of of an era in economic history that’ll probably come to be known as the Great Inflation.

    Prices are going to rise, probably exponentially, over the course of the next few decades. The reason for that’s simple: everything, more or less, has been artificially cheap. The costs of everything from carbon to fascism to ecological collapse to social fracture haven’t been factored in — ever, from the beginning of the industrial age. But that age is now coming to a sudden, climactic, explosive end. The problem is that, well, we’re standing in the way.

    Let me explain, with an example. I was looking for a microphone for a singer I’m working with. I was shocked to read that a well-know German microphone company had just…stopped making them. And furloughed all its workers. It didn’t say why — but it didn’t need to. The reason’s obvious. Steel prices are rising, and they’re going to to keep rising, because energy prices are rising. Then there’s the by now infamous “chip shortage,” chips they probably rely on, too. Add all that up, and bang — you’ve got an historic company suddenly imploding.

    I’ve heard story after story like this. Small or medium sized companies just…shutting down. They can’t get raw materials. They can’t afford the raw materials they can get. In either case, bang, it’s game over — for the foreseeable future. It’s not just a microphone company — I’ve heard similar stories in industries from medical devices to auto parts to technology. So far, this is just anecdotal — precisely because it’ll take a year or two for the quantitative data to reflect it. But we don’t have to wait that long to see what’s right before our eyes.

    The economy is undergoing a profound shock. Unfortunately for us, it’s going to be one of the largest shocks in economic history. It’s a “supply shock,” as economists formally call it — perhaps the greatest of all time. No, I’m not exaggerating. The world can’t get microchips right about now.

    A “supply shock” means, in this case, supply itself suddenly implodes. A city’s, town’s, country’s, or in this case, a world’s.

    Let’s think about that microchip shortage. What’s it really about? Well, there are three factories in which the majority of the world’s chips are made. Three factories — each hit in a different way. The one in Japan caught fire due to an equipment malfunction — apparently the blaze took hours to put out because of the conditions. The one in Texas was hit by an historic snowstorm, which knocked out power for days. The one in Taiwan is being affected by the worst drought in half a century — and microchips require huge amounts of water to manufacture.

    These are all effects of climate change. They might not be the kinds of monocausal direct effects climate change deniers and American pundits look for — the hand of God roasting a factory alive — but they are very much caused by living on a rapidly heating planet. It should be eminently clear to see that when factories are freezing and burning, that is what climate change does to an economy before your very eyes. (And even if you think the Japan fire had little to do with global warming, the face of the matter is that without climate change, two of the world’s largest chip factories would still be open.)

    The “chip shortage” is something that the world doesn’t really grasp yet, in its full importance and magnitude. It is the first climate catastrophe related shortage to hit us at a civilizational, global level. In a world of stable temperatures, guess what, we’d probably still have microchips to power our cars and gadgets and AV studios, because factories wouldn’t be losing power or be so parched they don’t have enough water. But they are — and so we do have a microchip shortage that has been caused by climate change, aka global warming.

    That’s the first such catastrophe, but it won’t be the last. The chip shortage is just the tip of the immense shockwave rolling down the volcano. It’s just the first burning rock soaring through the ash-filled sky. Today, it’s chips. Tomorrow? Well, some of the things that are already becoming more and more costly to produce are steel, food, and water. That is because all those things rely on energy, and energy is getting more expensive.

    Why is energy getting more expensive? The short-term answer is: Covid. Gas producers are hesitant to turn on the taps because they’re afraid that Covid will send the world into lockdown again. But that’s not the real answer. The real answer is that even if they begin to produce more gas, energy prices will go on rising over the long run.

    Why? Because right about now, energy is vastly underpriced, like it has been since the beginning of the industrial age. When you buy a gallon of gas, who pays for the pollution, the carbon it emits, which heats the planet? Right about now, nobody does. But over the next few decades, someone’s going to have to. Because we are going to need to use that money to rebuild all the cities and towns and systems and factories wrecked by flood and fire and drought and plague.

    Who’s that somebody going to be? Well, it’s probably not going to be energy companies. It’s probably going to be you, since they’re powerful, and you’re powerless.

    As the price of energy rises, the price of everything has to rise, too. Because the dirty truth is that our civilisation is still about 80% dependent on fossil fuels. The problem isn’t the electricity grid, as you might think. It’s that making things like steel and cement and glass still use gas. The world has just one fossil fuel free steel factory so far. But our civilisation depends fundamentally on all these things. Without them? We go back to living medieval lives. All our steel and glass and concrete skyscrapers, factories, universities, cities, towns — kiss them goodbye.

    What’s made in all those factories which are still ultimately made of by fossil fuels — of steel, cement, glass? Everything. Everything you rely and depend on. Cars, clothes, medicine. The stuff that clothes and feeds your kids. The stuff you “work” on and are tasked with buying and selling. See how deep this rabbit hole really goes?

    All that adds up to the prices of everything rising. For how long? For the foreseeable future. At least for a generation or two, I’d say.

    Now let me tell you the story that might help make it even clearer, and I’ll put it a little bit more formally.

    From the beginning of the industrial age, our economy has “externalized” costs. Costs like what? Costs like carbon. Like the plastic that’s now jamming up the oceans, of cleaning it up. Of the misery and despair that poverty breeds — the political costs of fascism and supremacy, which rear their heads in times of poverty. Of ecological collapse.

    How have we “externalised” those costs? Who have we externalised them to? Well, to “future generations,” economists once used to say. All the people who’d have to clean up the oceans and the skies and replant the forests and nurture the animals back to life. And do all that while figuring out ways to make things like steel and concrete and food and glass without killing the planet we lived on, or pushing our societies into fascism by way of inequality. Big job? Biggest in history.

    Guess what? We are those “future generations.” The ones economists used to speak of, like it was in some remote future. It wasn’t. We don’t have much a choice left. We clean up the oceans and rivers, beginning now, or we ruin them for a millennia or two. That means killing off fish we eat and water we drink, too. We clean up the skies — or we don’t breathe. We decarbonise how we make stuff — or we don’t have it.

    And that is what the Great Inflation really is. Let’s begin with the last point. We have to figure out how to decarbonise basics — steel, cement, food, water, how to make without destroying the planet. We don’t know how. Until we figure it out, prices are going to rise — prices of everything made in factories made of steel, largely still powered by fossil fuels, using raw materials made in other factories powered by other fossil fuels. That’s everything you can think of, from cars to clothes.

    We have to figure out how to perform a Great Cleanup, too — cleaning up the oceans, skies, rivers, mountains, rainforests. Then comes a Great Replenishment. We have to replant the forests and nurture the animals and nature — biotic matter — back to life. We have no idea how to do that — we haven’t even begun. Until we do, prices are going to rise, because, well, nature’s underling a mass extinction, the first man-made one in history.

    Remember when I said this was the greatest supply shock in history? Now you should be able to get why a little bit. What even comes close to: “we’re annihilating nature so fast we’ve caused the first human-made mass extinction”? Now that’s a supply shock: we’re making nature extinct. Of course prices of everything dependent on it are going to skyrocket, because we’re running out of the supply.

    Or let’s come back to decarbonising steel, cement, glass — all the basics of industrial production. Until we do figure it out, all that stuff is just going to keep on getting more expensive. Sure, there’ll be a dip here and there, but the basic principle remains: making that stuff poisons the planet at an accelerating rate, and it’s going to cost more and more to produce, manufacture, distribute, and sell.

    That’s not just because of carbon taxes, but for a deeper reason.

    Making, producing, distributing, buying, selling the basics of civilisation the dirty way that we do causes climate change — and climate change is trying to teach us a lesson. Climate change is made of fire and flood and typhoon and plague. See the feedback effect? Good luck distributing that batch of steel when there’s a megaflood or megafire in the way. Good luck getting that supertanker full of clothes and gadgets to the right shore when a megatyphoon lasting a month and wrecking a coastline hits…all winter long. And good luck when Covid-21 hits, because, well, we haven’t vaccinated the planet, so it’s sure to — and there goes the economy all over again.

    I can put that more simply: the costs of mega floods and fires and typhoons and droughts and plagues now have to be internalized, because the costs of carbon, natural extinction, poverty, ill health, inequality, were all externalized. But these are asymmetrical effects. These costs were externalised for centuries. They will have to be internalized over decades.

    See the problem? The huge timescale difference? We’ve been externalising the costs of carbon and natural extinction and inequality and ecological collapse since the beginning of the industrial age. But now we have to internalise them over the next few decades — or its light out.

    Human civilisation has never faced the wave of inflationary pressures it does now. It has never had to internalize centuries of externalities over decades — because if someone doesn’t pay those costs, well, then, there is more civilization, no more glass, steel, cement, medicine, factories, clothes, electronics…no more clean air, water, food…no shelter from the megafire or megaflood…and good luck having democracy or rights then.

    Someone has to pay for all that. That leaves three parties. One, you and me, average folks, living average lives. Two, megacorporations. Three, the billionaires who own them. Good luck getting them to pay up. It’s a noble effort, don’t get me wrong. But if you ask me realistically? So far, there’s an effort to make global tax rates…15%. LOL. So far, they pay zero, which means you and me are going to have to pay for it all — climate change, mass extinction, ecological collapse, probably while they jet off to Mars.

    You’d better prepare for the greatest inflationary wave in human history. It’s going to be really bad. This is just the beginning. It’s going to be a lot like Covid, or climate change — harder, faster, and much, much worse than anyone really thinks right about now.

    Umair
    October 2021

  • #Berlin (Allemagne) : #expulsion de la Köpi-Wagenplatz, et riposte de rue immédiate
    https://fr.squat.net/2021/10/17/berlin-allemagne-expulsion-de-la-kopi-wagenplatz-et-riposte-de-rue-immedia

    Deux textes repris d’attaque.noblogs.org : – Berlin (Allemagne) : Avec un sourire sur le visage – Le bureau de Covivo à coups de marteau de.indymedia.org / dimanche 17 octobre 2021 (sur Attaque) La soirée de vendredi dernier a probablement été l’une des plus belles de l’année. Alors que, plus tôt, l’expulsion de la Köpi-Wagenplatz par une énorme […]

    #actions_directes #Allemagne #émeutes #Koepi_Wagenplatz #Kreuzberg #manifestation

  • Dash to Dock v70 Adds GNOME 40 Support
    https://www.omgubuntu.co.uk/2021/10/dash-to-dock-official-gnome-40-support

    Dash to Dock now supports GNOME 40 — officially. Work to get the popular desktop dock extension jiving with GNOME 40 got underway shortly after the latter’s release in April. Progress was swift as we reported but to try it out users needed to manually install a development version from Github. Well, no more. You can now install Dash to Dock on GNOME 40 from the GNOME extensions site using a compatible web browser. Version 70 of the add-on gains official support for GNOME 40 and its horizontal workspace and application launcher. The dock can be placed on the bottom […] This post, Dash to Dock v70 Adds GNOME 40 Support is from OMG! Ubuntu!. Do not reproduce elsewhere without (...)

  • The U.S. Army’s ‘Suicide Squad’ Was Ready to Sacrifice Everything to Beat Russia | The National Interest
    https://nationalinterest.org/blog/reboot/us-army%E2%80%99s-%E2%80%98suicide-squad%E2%80%99-was-ready-sacrif

    Theirs was a mission that may have caused Moscow some pain but also was certainly doomed to fail.

    by Michael Peck
    Here’s What You Need to Remember: Fortunately, this unit was saved by the fall of the Berlin Wall. 

    Had the Cold War turned hot, there would have been no escape for the U.S. garrison in West Berlin. Marooned in a city more than 100 miles inside Communist East Germany, the U.S. Berlin Brigade—and the British and French garrisons as well—would certainly have been overwhelmed by Soviet and East German troops. Their presence helped keep half of Berlin free from Communist rule. But it was no secret that theirs was a suicide mission.

    Yet there was a unique American unit with an even more hazardous mission: a small Special Forces detachment whose job it would during wartime to conduct guerrilla warfare against the Soviets and their puppet armies. That sentence bears repeating: Deep inside East Germany, in the midst of a vast Soviet military and secret police apparatus, a small group of U.S. commandos would attempt to blow up Russian supply depots and lead local resistance groups.

    The phrase “suicide mission” doesn’t even apply.

    The unit had many names over the Cold War. But as James Stejskal, a veteran of the detachment, describes in his book Special Forces Berlin: Clandestine Cold War Operations of the US Army’s Elite 1956-1990, they always knew what they were getting into. “They were aware of the odds against them and the threat posed by the Warsaw Pact forces stationed just kilometers away. Despite that, no one wavered in their commitment to face and deter the Soviet war machine.”

    The U.S. Army’s Special Forces (SF) was born in 1952, and by 1956 SF units were deployed to Berlin. “The unit would first conduct sabotage attacks on vital targets such as rail marshaling yards, bridges, military command and control systems, communications, petroleum oil and lubricant (POL) facilities, power plants, and inland waterways,” Stejskal writes:

    Most of the rail targets were on the Berliner Aussenring, a 125-kilometer [77.7-mile] rail line that circled West Berlin just outside the city and would carry the overwhelming majority of Soviet traffic westwards to the front. Once those targets were destroyed the teams would then conduct the CINCEUR’s [Commander-in-Chief Europe’s] mission of unconventional warfare behind the lines of the Warsaw Pact armies, the so-called ’stay behind’ mission. It was also prepared to arm and direct civilians inside Berlin against an occupation force—there were 10,000 weapons in the Brigade’s Emergency Arms Reserve stored specifically for that purpose.

    Quite a task for a unit that numbered less than a hundred men.

    Ironically, the unit’s mission was eased slightly by the nature of the Berlin Wall: it was designed to keep people from escaping from East Germany, rather than into East Germany. Nonetheless, had war broken out, West Berlin would have been suddenly and massively assaulted by Soviet and East German troops. The SF troopers would have had little warning to leave their barracks, go underground and slip into the East before the Soviet juggernaut surged west.

    As if the Soviet army and KGB weren’t enough, the Berlin special operators faced another equally formidable enemy: the U.S. government. The CIA was supposed to set up underground guerrilla groups in Eastern Europe that the Green Berets could train and lead, but the spy agency had little luck in creating them.

    More important was a phenomenon that is still a problem today: using special forces troops as nothing more than elite assault infantry for direct action missions. By the 1970s, the Berlin SF detachment was increasingly asked to train and prepare for counterterrorism missions. Given the wave of terrorism that swept across Europe in the 1970s and 1980s, from groups such as Baader-Meinhof, the Red Brigades, and Carlos the Jackal, the temptation to use commandos to stop them was understandable. But kicking in doors to rescue hostages was far from the skills needed to stay alive in the East German countryside.

    In any event, West Berlin became united Berlin when the wall came tumbling down in 1989. In August 1990, the Berlin Special Forces unit was disbanded. This writer was once told by an ex–Special Forces soldier (who hadn’t served in Berlin) that the Soviets had photos of all the members of the detachment. True or not, East German records uncovered after the unification of Germany show that East German intelligence didn’t have any real knowledge of the unit until 1975.

    Even Stejskal admits that the Berlin Special Forces would have had a difficult time accomplishing their wartime mission. Nonetheless, whether they were practicing skiing or practicing shadowing East German spies that had slipped into West Berlin, the commandos could enjoy a strenuous but exciting assignment.

    Most of all, the Berlin Special Forces were on the front line, at the most famous flashpoint of the Cold War, and almost no one knew they existed:

    The Detachment’s men moved through the city in civilian clothes, carrying the briefcases, shoulder bags, or, later, day packs, that contained the tools of their trade; whatever they needed for the tasks they were to undertake that day. They walked alongside ordinary Berliners with the uneasy knowledge that they could well be called upon to fight on those very streets. At the same time, it was hard not to smile inside—for these men were among the privileged few Special Forces soldiers given the opportunity to serve in this far outpost on such an important mission. The glory of the Spartans was often recalled at unit events, but not unforgotten was the unequivocal ending that befell them at Thermopylae.

    Further reading: Special Forces Berlin: Clandestine Cold War Operations of the US Army’s Elite, 1956–1990, by James Stejskal.

    Michael Peck is a contributing writer for the National Interest. He can be found on Twitter and Facebook. This first appeared in 2017.

  • Au nom du père - YouTube
    https://www.youtube.com/watch?v=2zZRFJ1oXHA

    Sur la transmission du nom de famille

    #inertie #patronyme

    L’article du philosophe William MacAskill évoqué dans la vidéo : https://www.theatlantic.com/sexes/archive/2013/03/men-should-consider-changing-their-last-names-when-they-get-married/273718

    Un article de la sociologue Virginie Descoutures sur le nom des femmes et sa transmission : https://www.cairn.info/journal-mouvements-2015-2-page-43.htm

    Les statistiques de noms donnés aux enfants en France pour 2014 : https://www.insee.fr/fr/statistiques/1379722

    Et la même chose pour 2017 : https://www.ined.fr/fr/tout-savoir-population/memos-demo/focus/double-noms

    Par curiosité, j’ai cherché des données sur la transmission du nom du père au Royaume-Uni et je n’ai pas réussi à en trouver. Si vous en trouvez (ou si vous trouvez pour d’autres pays ou pour d’autres années en France, ce sera toujours intéressant), envoyez-moi le lien et j’ajouterai ça ici.

    Sommaire

    0:00 - Intro. Un point aveugle moral
    2:59 - Une norme hégémonique
    4:27 - Que dit la loi ? Égalité formelle et non réelle
    6:58 - Le poids du statu quo
    9:05 - Quelle norme alternative ?
    11:05 - Le cas du Royaume-Uni et de Will MacAskill
    12:53 - La norme actuelle satisfait-elle le principe de tort ?
    14:49 - Conclusion. Quel avenir ?

    Ah et n’oublions pas la vidéo drôlatique sur les noms dans les RPG : https://youtu.be/gzBZFArR4mc

  • Hypermarchés, la chute de l’empire

    https://www.rts.ch/play/tv/doc-a-la-une/video/hypermarches-la-chute-de-lempire-?urn=urn:rts:video:12534308

    Ils s’appellent Walmart, Carrefour, Migros ou Coop. En 70 ans, la grande distribution s’est imposée sur la promesse d’une vie meilleure, la possibilité de s’offrir des produits de grandes marques sans se ruiner. Mais cette course aux prix bas n’est pas sans conséquences. Ce documentaire propose une plongée dans les entrailles de la grande distribution pendant l’une des périodes les plus sombres de son histoire.

  • Un héros de notre temps
    https://labrique.net/index.php/thematiques/repressions/1214-un-heros-de-notre-temps

    Dans l’école de la « République » macronienne, penser vous rend suspect. Vous l’êtes d’autant plus quand, par votre origine, vos convictions, vos engagements, vous n’êtes apparemment pas en droit de le faire. Brahim D., AED au collège Mme de S. de Roubaix, a fait l’expérience délirante de cette police de la pensée : dans un emballement absurde, une simple discussion sur la formulation d’un sujet de devoir d’histoire l’a conduit à un licenciement pour faute grave (0,5), une signalisation pour radicalisation et une visite des flics du renseignement ! Récit d’un scandale.

    #En_vedette #Répressions

  • « Pandora Papers » : le gouvernement des États-Unis accuse des gens qu’il n’aime pas — Moon of Alabama

    Ca n’enlève rien à l’immense problème que représente l’évasion fiscale, mais Moon of Alabama remarque que de scandale en scandale, les révélations tendent à éclabousser des personnalités que Washington a dans le collimateur, mais font systématiquement l’impasse sur les grandes fortunes EU. Plus propres que les autres ? En fait, ces révélations proviennent d’organismes financés en grande partie par Washington. Ainsi, quand on voit la tête de Poutine apparaître en grand – il n’est pas directement impliqué – ou quand on voit le peu de volonté politique pour s’attaquer à l’évasion fiscale, on se dit que d’autres objectifs pourraient être poursuivis à travers tous ces scandales. (IGA)

    https://www.legrandsoir.info/pandora-papers-le-gouvernement-des-usa-accuse-des-gens-qu-il-n-aime-pa


    #USA

  • n8n.io - Free and Open Workflow Automation Tool
    https://n8n.io

    Un outil d’automatisation de flux à la IFTTT : opensource, pouvant être auto-hébergé, basé sur nodeJS. Semble bien documenté et avoir une base de connecteurs conséquente :
    Parmi les connecteurs déja existants : Nextcloud, Gitlab, Discord, DeepL, tous les Google trucs, Mailjet et Mailchimp, Stripe...
    ...mais aussi, à un plus bas niveau FTP, SSH, fichiers CSV ou XML, GraphQL, RSS ou HTML...

    – le repo github : https://github.com/n8n-io/n8n
    – la documentation : https://docs.n8n.io
    – les « nodes » (connecteurs) existants : https://n8n.io/integrations
    – les tutoriels « officiels » : https://docs.n8n.io/getting-started/tutorials.html
    – un tutoriel complet en français (full Big Brother :-( ) : https://blog.eleven-labs.com/fr/outil-low-code-automatisation-workflow-n8n
    – une librairie de « Workflows » (intégrations) clés en main : https://n8n.io/workflows

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  • En 2017, ce n’est pas la parole des femmes qui s’est libérée, c’est nous qui avons commencé à écouter

    Les victimes d’Harvey Weinstein parlaient depuis des années. Pourquoi n’ont-elles pas été prises au sérieux ?

    https://www.buzzfeed.com/fr/mariekirschen/ce-nest-pas-la-parole-des-femmes-qui-sest-liberee-cest-nous

    « 2017, l’année qui a libéré la parole des femmes », « L’année où la parole des femmes s’est libérée », « Et la parole des femmes se libéra ». L’affaire Weinstein et ses suites, selon l’expression consacrée, ont provoqué un ouragan, à l’échelle mondiale. On sait déjà qu’il y aura un avant et un après Weinstein. Mais « l’année de la libération de la parole », vraiment ? A force de voir l’expression martelée en titre de journaux — y compris sur BuzzFeed – on finirait par croire qu’avant ce fameux article du New York Times révélant les accusations contre le producteur hollywoodien, les femmes préféraient se murer dans le silence.

    Pourtant, les femmes n’ont pas attendu ce mois d’octobre 2017 pour dénoncer les viols, le harcèlement sexuel au travail, ni pour tweeter sur le sujet. En France, on se souvient, entre autres exemples, des grandes mobilisations féministes contre le viol dans les années 1970 et 1980, des mobilisations au moment de l’affaire Dominique Strauss-Kahn puis de l’affaire Denis Baupin. Aux Etats-Unis, le témoignage d’Anita Hill avait secoué la société américaine et mis sur le devant de la scène la question du harcèlement sexuel au travail en 1991… soit il y a bientôt trente ans !
    Nous n’avons pas su écouter

    Plus récemment et sur internet, les hashtags #YesAllWomen, #EverydaySexism, #rapeculture ou encore #StopHDR avaient déjà vu passer leurs lots de tweets décrivant des agressions. Il suffit de jeter un rapide coup d’œil à des Tumblr comme Paye ta shnek, Paye ton taf ou Coupable de mon viol pour voir que la parole des femmes était bien libérée. Quant au désormais célèbre #MeToo, on s’est rapidement souvenu qu’il avait été lancé, non pas par Alyssa Milano cet automne, mais onze ans auparavant, par Tarana Burke, une militante afro-américaine qui travaille sur les violences sexuelles. Alors pourquoi un tel changement de perspective médiatique ? Qu’est-ce qui a fait la différence cette fois-ci ?

    Si #MeToo et #balancetonporc ont eu un tel impact, c’est surtout parce que l’écoute a changé. À plusieurs reprises aux cours de ces derniers mois, j’ai eu l’occasion de discuter avec des militantes féministes qui, bien qu’agréablement surprises par le traitement médiatique actuel, ne pouvaient s’empêcher d’être un peu étonnées : « On nous dit que les femmes "parlent enfin". Mais les femmes ont toujours parlé ».

    C’est nous qui n’avons pas su écouter.

    Cela fait des années que les victimes de Harvey Weinstein parlent : la mannequin italienne Ambra Battilana Gutierrez s’est rendue à la police. L’actrice Rose McGowan, a expliqué qu’elle avait confié au responsable des studios Amazon que Harvey Weinstein l’avait violée. « Je l’ai dit, encore et encore », a-t-elle tweeté. Mira Sorvino en a parlé à ses proches et notamment à son compagnon de l’époque, Quentin Tarantino, qui a continué à travailler avec Harvey Weinstein, et a reconnu de lui-même : « j’en savais assez pour faire plus que ce que j’ai fait ». Dans cette affaire – comme dans de nombreuses autres – si « tout le monde savait », c’est bien que des femmes l’avaient dit.

    Dans l’affaire Charlie Rose, une de ses anciennes assistantes, qui dit avoir été victime de harcèlement sexuel de la part du célèbre journaliste américain, a spécifié qu’elle en avait parlé à la productrice executive, qui lui a répondu « c’est juste Charlie qui fait du Charlie ». Quand le duo de comédienne Min Goodman et Julia Wolov ont raconté autour d’elles que Louis C.K. s’était masturbé devant elles sans leur consentement, le manager de ce dernier leur a fait passer le message d’arrêter.

    On retrouve des situations similaires de notre côté de l’Atlantique. Libération a récemment publié une enquête sur des accusations d’agressions sexuelles à l’encontre de Thierry Marchal-Beck, un ancien président du Mouvement des jeunes socialistes (qui s’est dit « sidéré » par ces accusations et a prévenu se « réserver le droit d’engager toute procédure »). Le journal évoque des « années d’omerta et de duplicité » au MJS : « Pendant des mois, les alertes vont sonner dans le vide ».

    Une plainte pour agression sexuelle a été déposée (puis classée sans suite pour cause de prescription) contre Éric Monnier, l’ex-ponte de France 2 aujourd’hui à LCI, qui nie les faits qui lui sont reprochés. Plusieurs journalistes ont raconté à BuzzFeed News que « tout le monde était au courant » de son comportement avec les femmes. Autre exemple : Astrid de Villaines, qui a récemment porté plainte contre le journaliste de La Chaîne parlementaire (LCP), Frédéric Haziza, en avait déjà à l’époque discuté avec sa rédaction, qui n’avait pourtant adressé qu’un simple « avertissement » à l’accusé.
    « Pour avoir parlé, j’étais soudainement devenue radioactive »

    Très souvent, les femmes parlent. Elles se confient à leurs proches, à un-e ami-e, à des collègues… Mais, fréquemment, leur parole n’est pas bien accueillie. Comme quand l’actrice Mira Sorvino prévient une employée de Miramax, l’entreprise cofondée par Harvey Weinstein, du comportement de celui-ci. « Sa réaction c’était comme si j’étais soudainement devenue radioactive pour avoir osé en parler, ce qui ne m’a pas vraiment encouragée ».

    Lors du rassemblement MeToo à Paris, le 29 octobre 2017.

    C’est parce que les femmes sont reçues par de l’embarras, de la suspicion, voire une franche hostilité, qu’elles vont arrêter de parler. Les victimes intègrent très rapidement que la société n’a pas envie de les écouter et qu’il sera moins coûteux pour elles, désormais, de se taire.

    Il serait extrêmement naïf de croire que, alors que nous avons grandi dans une société imprégnée par la culture du viol, nous savons bien réagir face à une personne qui nous confie avoir été victime d’une agression sexuelle. Personne ne nous apprend à le faire. Nous avons peut-être les meilleures intentions du monde, mais cela ne suffit pas.

    Il est très fréquent que, même malgré nous, on minimise. Qu’on se dise qu’il n’y a rien à faire – « de toute façon c’est connu qu’il est comme ça ». Qu’on rejette la responsabilité sur la victime – « quelle idée, aussi, d’aller aussi tard chez cet homme vu sa réputation ». Qu’on immisce le doute dans son esprit sur sa légitimité à parler – « franchement le mieux pour toi, c’est encore de passer à autre chose ». D’où l’importance, comme Sandrine Rousseau tentait de l’expliquer sur le plateau d’« On n’est pas couché » seulement six jours avant que l’affaire Weinstein éclate, de former des gens pour savoir « accueillir la parole ».

    Les manquements de la presse

    Dans ce refus d’accorder une écoute attentive aux victimes de violences sexuelles, les journalistes ont leur part de responsabilité. Ces dernières décennies, on ne peut pas vraiment dire que la presse française a brillé par sa volonté de couvrir le sujet des agressions sexistes, hormis les habituels papiers un peu paresseux tous les 25 novembre, lors de la Journée internationale pour l’éradication des violences contre les femmes. Les médias ont longtemps fait la sourde oreille. Ils ont peu enquêté. Et quand ils se sont intéressés au sujet, le résultat a parfois été catastrophique.

    Pour avoir une petite idée de ce que pouvait donner la couverture journalistique du harcèlement sexuel dans le milieu du cinéma il y a une quinzaine d’années, il suffit de regarder le traitement de l’affaire Brisseau. Aux débuts des années 2000, Noémie Kocher et Véronique H., qui ont fait des essais pour le film Choses secrètes, portent plainte pour harcèlement sexuel contre le réalisateur, Jean-Claude Brisseau. Elles sont rejointes dans leur plainte, dans un second temps, par deux autres comédiennes. En 2005, le réalisateur de Noce blanche est condamné pour harcèlement sexuel à l’égard de Noémie Kocher et de Véronique H., les deux autres femmes sont déboutées. L’une d’elles, qui lui reproche notamment de lui avoir mis un doigt dans le vagin, fait appel, et Jean-Claude Brisseau est condamné l’année suivante pour atteinte sexuelle.

    Lors de l’enquête, comme le rappelle L’Obs qui a eu la bonne idée de se repencher récemment sur l’affaire, plusieurs témoignages, comme ceux de Marion Cotillard ou de Hélène de Fougerolles, vont dans le sens des plaignantes. La mère de Vanessa Paradis aussi, qui mentionne « un incident » lors du tournage du film qui a fait connaître sa fille, Noce blanche.

    Pourtant, la presse se fait bien tendre avec Brisseau, et cruelle envers ses accusatrices, qui n’auraient rien compris à l’art délicat du « tournage cinématographique comme sanctuaire artistique ». Les Inrocks tacle « les différentes parties [qui] dissimulaient leur ignorance profonde de ce qu’est le cinéma ». Un journaliste de Libération, Louis Skorecki, se fend d’une tribune intitulée « Brisseau, le faux coupable », et se lamente : « On n’aurait jamais dû juger Brisseau. » À la sortie de son film suivant, le critique Antoine de Baecque s’indigne : « Je ne crois donc pas une seconde à la vérité des accusations dont il a fait l’objet quand je vois Les Anges exterminateurs [...] Il est pour moi, c’est mon intime conviction, aux antipodes d’un harceleur, d’un violeur, d’un homme agressant une femme. [...] Jean-Claude Brisseau a été sauvé et blanchi par son cinéma. »

    « A quelques rares exceptions, la presse a été terrible, commente Noémie Kocher dans "L’Obs". Je n’imaginais pas le tsunami qui en découlerait. Notre parole a été niée, décrédibilisée. C’était violent. Et ce que j’ai vécu, à ce moment-là, ça a été presque pire que le harcèlement en lui-même. Voilà pourquoi je redoute tellement de parler. »

    Un sujet imposé parole après parole, tweet après tweet

    On est très loin des reportages de 2017 sur le cinéma, désormais qualifié de « milieu très exposé au harcèlement sexuel ». Douze ans plus tard, plus de 80 femmes ont accusé le magnat hollywoodien Harvey Weinstein. Il a fallu qu’elles soient aussi nombreuses pour qu’on écoute. Le scoop venait des vénérables New York Times et New Yorker. Bien sûr, si le retentissement médiatique a été si considérable, c’est parce que d’autres affaires ont pavé la voie. DSK, Baupin en France. Le journaliste Bill O’Reilly, l’acteur Bill Cosby et le chanteur R-Kelly aux Etats-Unis.

    Désormais, les médias ont bien intégré que ces affaires font partie de la couverture qu’ils sont tenus d’avoir. Sites, télés, radios n’ont pas hésité à reprendre l’information du New York Times, puis à apporter leur propre grain de sable à la déferlante. L’affaire Weinstein montrait à tous qu’il existait des informations à sortir, des affaires à raconter. Que, pour raconter le monde dans sa globalité, les journalistes devaient se pencher sur la question des violences sexuelles, et qu’il fallait le faire avec autant de sérieux que pour une grande enquête politique ou économique.

    Devant cet intérêt soudain, des victimes qui avaient renoncé à parler ont pris de nouveau la parole. Cette fois, elles ont été entendues. Les réseaux sociaux écoutaient. Les médias écoutaient. Les lecteurs écoutaient. Les journalistes ont enquêté, vérifié, recoupé. Et les articles se sont multipliés.

    Il ne s’agit pas, ici, de nier le choc qu’ont constitué les hastags #metoo et #balancetonporc. En 2017, les femmes ont parlé avec force et chaque témoignage a permis à d’autres victimes de se sentir un peu plus légitimes pour dire « moi aussi ». Ces dernières années, grâce à leurs paroles, ce sont les femmes – et les associations féministes – qui ont imposé, petit à petit, tweet après tweet, ces sujets sur la place publique. Mais les médias ne devraient pas s’exempter d’une autocritique sur leur difficulté à s’emparer de ces questions, alors que le grand continent des violences sexuelles était juste sous leurs yeux. L’affaire Weinstein a fait bouger les lignes du traitement journalistique. Mais ce changement s’inscrira-t-il seulement dans la durée ?
    Des oreilles décidées à ne pas tout entendre

    Il ne faudrait pas idéaliser ce moment et sous-estimer les réticences. Certaines oreilles sont bien décidées à ne pas tout entendre. Comme ces commentateurs qui, plutôt que de parler des violences sexuelles, ont insisté sur la « violence » du terme « balancer ». Comme Raphaël Enthoven qui s’est permis de demander à celles qui tweetaient leurs agressions d’aller plutôt porter plainte – alors que l’on sait que les victime de viol sont souvent mal accueillies dans les commissariats. Ou encore comme ce député La République en marche qui s’est inquiété qu’on finisse par « émasculer tous les hommes ».

    Seulement quatre petits jours jours après le premier tweet sur #balancetonporc, on atteignait déjà le point Godwin en comparant ces victimes qui osaient décrire des délits et des crimes sur les réseaux sociaux aux monstres qui ont dénoncé des juifs pendant la seconde guerre mondiale.

    Jusqu’à cette séquence lunaire où, sur BFM-TV, le 26 novembre, la journaliste Anna Cabana a coupé Anne-Cécile Mailfert, la présidente de la Fondation des femmes, pour lui demander, visiblement inquiète : « Mais, aujourd’hui, vous pouvez nous dire : vous aimez les hommes ? » Quand une femme ose prendre la parole contre les violences sexistes, le soupçon de misandrie n’est jamais très loin. Curieuse inversion des rôles. A l’heure où se multiplient les révélations sur des hommes qui font acte de cruauté envers des femmes, on s’étonne pourtant de ne jamais avoir entendu la question inverse posée à ces derniers.

    L’article date de 2018 et ca n’a pas changé, c’est toujours la prétendue « libération de la parole des victimes » et cela permet de maintenir le système en place. Si c’est la première fois que vous en entendez parler alors on ne peu pas vous reprocher de n’avoir rien fait auparavant.