• Israël élimine un chef des gardiens iraniens
    Par Thierry Oberlé, Correspondant à Jérusalem
    https://www.lefigaro.fr/international/israel-dit-a-washington-avoir-commandite-le-meurtre-d-un-colonel-iranien-se

    Le colonel Khodayari participait aux opérations extérieures des gardiens de la révolution.

    Le colonel iranien Hassan Sayad Khodayari, 50 ans, a été tué dimanche devant son domicile, dans une rue d’un quartier résidentiel de Téhéran. Il circulait en voiture lorsque deux hommes armés à moto se sont approchés de son véhicule et ont ouvert le feu. Les médias d’État ont publié des photos de la scène de crime, montrant un homme effondré sur le volant d’une Kia. Un assassinat ciblé imputé par l’Iran à Israël.

    Mardi, les funérailles du haut gradé du corps des gardiens de la révolution ont pris un relief particulier en raison de la présence des commandants de cette organisation et de la Force al-Qods, les services spéciaux de Téhéran responsables des opérations secrètes hors du territoire iranien. Des milliers de personnes ont envahi les rues autour du cimetière en scandant « mort à Israël ! » et en appelant à la vengeance. « Nous ferons en sorte que l’ennemi le regrette et aucune de ses actions maléfiques ne restera sans réponse », a déclaré le général Hossein Salami, le chef des gardiens de la révolution. Israël n’a pas officiellement réagi, mais ce jeudi le New York Times a révélé que les autorités israéliennes ont informé les responsables américains qu’elles étaient bien à l’origine du meurtre.

    Les Israéliens auraient indiqué à leur allié que l’opération était un avertissement pour que Téhéran mette fin aux actions d’un groupe au sein de la Force al-Qods baptisé « Unité 840 ». Il serait chargé d’attaques terroristes et de rapts de personnalités civiles ou militaires israéliennes. Le colonel Khodayari aurait été impliqué au cours des deux dernières années dans des tentatives d’attentats au Moyen-Orient ainsi qu’en Colombie, au Kenya, en Éthiopie, aux Émirats arabes unis et à Chypre. L’enquête du New York Times précise, selon des sources anonymes iraniennes, que cet ancien conseiller du général Qassem Soleimani, le patron des opérations militaires extérieures tué par une frappe américaine à Bagdad en janvier 2020, était un expert en logistique et jouait un rôle crucial dans le transport de technologie pour drones et missiles vers les combattants iraniens en Syrie et vers la milice du Hezbollah au Liban.
    Guerre de l’ombre

    Ce nouvel épisode de la guerre de l’ombre que se livrent les deux pays depuis des années sur terre, mais aussi en mer, dans les airs ou dans le cyberespace, intervient alors que les négociations pour relancer l’accord de 2015 sur le nucléaire iranien piétinent. L’un des points de divergence porte sur la désignation des gardiens de la révolution comme un groupe terroriste par les États-Unis. L’Iran exige la suppression de ce classement mais Joe Biden s’y refuse.

    Israël a l’habitude d’assassiner des scientifiques ou des cibles nucléaires à l’intérieur de l’Iran via des commandos. En 2020, il a ainsi éliminé le principal chercheur nucléaire et vice-ministre de la Défense du pays, Mohsen Fakhrizadeh, sur une route, à l’aide d’un canon robotisé télécommandé par intelligence artificielle sans doute depuis l’État hébreu.

    Cette fois, le meurtre semble lié à d’autres considérations. Rocambolesque à en croire les médias israéliens, le plan ciblant le colonel Khodayari remonterait à juillet 2021. C’est à cette époque que des agents du Mossad auraient enlevé puis relâché un tueur à gage iranien travaillant pour lui. Selon le réputé analyste israélien Yossi Melman, il aurait avoué un complot visant à éliminer un diplomate israélien, un journaliste français et un général américain.

    Une affaire rendue publique début mai par la chaîne d’information persane Iran International, basée à Londres et parrainée par l’Arabie saoudite. La fuite était destinée à faire comprendre à l’Iran qu’Israël a la capacité de pénétrer en profondeur dans les cercles de sécurité iraniens.

    #IsraelIran

  • Cops Didn’t Stop the Uvalde, Texas, School Shooting
    https://theintercept.com/2022/05/25/texas-uvalde-shooting-school-police

    The Associated Press reported Thursday morning that parents urged police on the scene to follow the shooter into the school after seeing him rush inside with his rifle. When they didn’t, some parents attempted to enter themselves, but the police stopped them. A video from the scene shows one cop pinning a person to the ground while another brandishes a stun gun. One of the children who survived told local news station KENS 5 that an officer instructed them to yell “help” if they needed it — and one of the kids who did was discovered and killed by the shooter.

    As the number of school resource officers has ballooned over the last two decades, so has the number of school shootings. There is no evidence that police have the ability to stop these shootings from happening. “The idea that a standard armed school police officer is gonna stop someone in that situation has proven not to be true, time and time again,” said Alex Vitale, a sociologist at the City University of New York and the author of “The End of Policing,” who noted that police and security guards are often the first casualties in mass shooting events.

  • Plex Desktop App Debuts on Linux as a Snap
    https://www.omgubuntu.co.uk/2022/05/plexs-new-linux-app-is-available-as-a-snap

    Plex fans may be interested to hear that an official Plex Desktop app for Linux is now available to install from the Snap Store. Yes, it only took an eon! Alongside the debut of its Linux desktop app (more on that in a second) is a new TV mode in the Plex HTPC client. In a blog post the company described it as: “…the true spiritual successor to [Plex Media Player] TV mode,” referencing its much-loved (but old) ‘PMP’ tool some users weren’t keen to move on from. As well as the new “TV” mode in Plex HTPC today also […] This post, Plex Desktop App Debuts on Linux as a Snap is from OMG! Ubuntu!. Do not reproduce elsewhere without (...)

  • Origine du Covid-19 : « Sans informations précises sur ce qui se passait dans le laboratoire de Wuhan, on n’avancera pas ! » | Pour la Science
    https://www.pourlascience.fr/sd/epidemiologie/origine-du-covid-19-sans-informations-precises-sur-ce-qui-se-passait-d


    Le SARS-CoV-2, responsable de la pandémie de Covid-19.
    © NIAID

    Depuis fin 2019, le monde est confronté à la pandémie de #Covid-19. On la doit à un coronavirus, le #SARS-CoV-2, dont l’origine reste mal connue malgré les efforts déployés. Plusieurs hypothèses sont en lice, et toutes sont, à ce jour, plausibles, nous explique le virologue Étienne Decroly.

    très intéressante synthèse sur ce que l’on sait et ce que l’on ne sait pas sur l’origine du SARS-CoV-2

    en accès libre
    en version papier dans le numéro de juin de Pour la Science (où il manque la dernière question et sa réponse, ainsi que les deux dernières phrases de la réponse précédente… peut-être d’autres choses ailleurs, mais c’est moins facile à repérer)

    #must_read !

  • « Les négationnistes poursuivent l’œuvre des génocidaires. » Luttes mémorielles juives et rwandaises. Entretien avec Jessica Gérondal Mwiza et Jonas Pardo
    Par Judith Chouraqui et Elvina Le Poul

    Les génocides font systématiquement l’objet de discours les dépolitisant et les remettant en cause. Autour de l’extermination des Juif·ves d’Europe et de celle des Tutsi au Rwanda, des thèses s’insinuent qui nient aussi bien la volonté d’anéantissement guidant les génocidaires que la réalité des massacres qu’iels ont perpétrés. Discussion croisée avec Jessica Gérondal Mwiza, militante afroféministe franco-rwandaise travaillant notamment au sein de l’association Ibuka France, et Jonas Pardo, membre du Réseau d’action contre l’antisémitisme et tous les racismes.
    Cet entretien est issu du dernier numéro de la revue papier Jef Klak, intitulé « Feu follet » et traitant des relations entre les vivant⋅es et les mort⋅es.

    https://www.jefklak.org/%e2%80%85les-negationnistes-poursuivent-loeuvre-des-genocidaires-%e2%80%85

  • Tchad : les cartes françaises de la répression
    https://www.lemediatv.fr/articles/2022/tchad-les-cartes-francaises-de-la-repression-ldIZ1hNeQ4CZnrSmuuNSvg

    Comment la filiale historique d’un établissement public français a-t-elle pu en arriver à fournir à une dictature sanguinaire des outils cartographiques pouvant permettre d’écraser des soulèvements populaires ? Comment en est-elle arrivée à reverser des…

    #Françafrique #Industrie #Macron

  • Un automobiliste prend la fuite après avoir laissé un piéton traverser à un passage protégé
    http://carfree.fr/index.php/2022/05/26/un-automobiliste-prend-la-fuite-apres-avoir-laisse-un-pieton-traverser-a-un-

    Il est dix-huit heures à Neurastène-les-Bains. Cela ne fait pas plus de dix minutes que Émile-Louis, un apprenti boucher, attend de traverser au #passage_piéton de l’avenue Charles Pasqua. Il Lire la suite...

    #Alternatives_à_la_voiture #Insécurité_routière #Marche_à_pied #humour #piétons

  • CONTRE LA CONSTRUCTION D’UNE EXTENSION DU CRA AU MESNIL AMELOT, ORGANISONS-NOUS !- A Bas les CRA !
    https://abaslescra.noblogs.org/contre-la-construction-dune-extension-du-cra-au-mesnil-amelot-or

    L’État prévoit l’ouverture d’un nouveau Centre de Rétention Administratif (CRA) de 64 places au Mesnil-Amelot. La première réunion publique entre collectifs et personnes opposés à ce nouveau projet et à l’enfermement des étranger.es, qui a eu lieu en mars dernier, a lancé une dynamique de mobilisation qu’il (...) @Mediarezo Actualité / #Mediarezo

  • Une liberté racialisée ?
    https://laviedesidees.fr/Tyler-Stovall-White-Freedom.html

    À propos de : Tyler Stovall, White Freedom : The Racial History of an Idea, Princeton et Oxford, Princeton University Press. La liberté est-elle un privilège blanc, circonscrit par des rapports de pouvoir fondés sur la #race ? Telle est la question subversive que posait avant de disparaître en 2021 l’historien américain Tyler Stovall en comparant les empires américains, français et d’autres encore, sur deux siècles.

    #International #Histoire #liberté
    https://laviedesidees.fr/IMG/docx/20220326_stovall-2.docx
    https://laviedesidees.fr/IMG/pdf/20220326_stovall-2.pdf

  • Trafic d’antiquités : l’ancien président du Louvre Jean-Luc Martinez en garde à vue
    https://www.lefigaro.fr/culture/trafic-d-antiquites-l-ancien-president-du-louvre-jean-luc-martinez-en-garde

    Plusieurs œuvres pillées auraient été acquises par le Louvre Abu Dhabi. La justice soupçonne un vaste réseau.

    La nouvelle, publiée par Le Canard enchaîné, a fait l’effet d’une déflagration. L’ancien président-directeur du Louvre, Jean-Luc Martinez, l’actuel directeur du département des antiquités égyptiennes du musée, Vincent Rondot, ainsi qu’Olivier Perdu, égyptologue du Collège de France, sont en garde à vue depuis le 23 mai, et n’étaient toujours pas sortis en fin de journée du 25 mai. Pour l’instant, et bien que la longueur de la garde à vue surprenne tout le monde, rien n’indique qu’ils seront mis en examen, ni qu’ils ont quoi que ce soit à se reprocher.

    Selon Le Canard enchaîné, qui a annoncé les gardes à vue, les enquêteurs cherchent à savoir si Jean-Luc Martinez a « fermé les yeux » sur de faux certificats d’origine de cinq pièces d’antiquité égyptiennes, dont une stèle en granit rose de Toutankhamon, acquises par le Louvre Abu Dhabi « pour plusieurs dizaines de millions d’euros ». Jean-Luc Martinez, patron du Louvre de 2013 à l’été 2021, est aujourd’hui ambassadeur pour la coopération internationale dans le domaine du patrimoine.

  • Les Ami.e.s de La Chesnaie
    Le collectif soignant d’une clinique psychiatrique humaniste souhaite devenir une Société Coopérative (SCIC) afin de reprendre la clinique menacée de rachat
    https://www.lesamisdelachesnaie.fr/faire-un-don

    Depuis sa création en 1956 par le Dr Claude Jeangirard, la Clinique de la Chesnaie accompagne des personnes en souffrance psychique en appliquant et en réinventant au jour le jour les principes de la psychothérapie institutionnelle. En 1988, le Dr Jean-Louis Place a succédé au médecin-fondateur et a continué d’animer la clinique dans l’esprit humaniste et progressiste de ses débuts, tout en accompagnant les évolutions nécessaires pour conformer l’établissement à la réglementation et au Code de Santé Publique.
    Un changement de direction est aujourd’hui annoncé.

    Les soignants souhaitent sauvegarder le lieu unique qu’est la Clinique de La Chesnaie en reprenant la clinique pour en faire une Société coopérative d’intérêt collectif, c’est à dire une entreprise dont le Directoire est en parti élu, et dont les grandes orientations seront décidées de façon démocratique et collégiale en assemblée générale par les sociétaires : salariés, usagers bénéficiaires et partenaires extérieurs.
    Qui de mieux placé que l’équipe pluridisciplinaire déjà en place pour en assurer la continuité ?

    Un tournant majeur auquel vous pouvez prendre part

    Aujourd’hui nous cherchons à construire un avenir coopératif et citoyen pour reprendre la clinique sous forme de SCIC. A travers ce projet, nous nous engageons pour préserver notre spécificité de soins et continuerons à nous démarquer de la pratique des groupes privés, qui tendent à uniformiser les prises en charge psychiatriques et à satisfaire des objectifs de rentabilité qui vont à contresens de notre éthique.

    Un rachat par un groupe privé risquerait de mettre en péril l’organisation institutionnelle telle que nous souhaitons la préserver.
    Rejoignez-nous, adhérez, faites un don, participez !

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    Les Ami.e.s de La Chesnaie
    Clinique de la Chesnaie
    41120 Chailles

    La clinique psychiatrique de la Chesnaie, un symbole à vendre
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2022/05/26/la-clinique-psychiatrique-de-la-chesnaie-un-symbole-a-vendre_6127712_3224.ht

    La clinique psychiatrique de la Chesnaie, un symbole à vendre
    Une forêt de 55 hectares, un château, 101 lits d’hospitalisation, pas de blouses pour les soignants, pas d’enfermement pour les patients… L’établissement, près de Blois, est un des derniers bastions de la psychothérapie institutionnelle. Craignant l’arrivée d’un groupe privé, le personnel s’organise pour se porter acquéreur.
    Par Jordan Pouille( Correspondant régional)

    Dans la grande salle du Boissier, un chalet peinturluré de rose, une jeune femme vêtue d’un voile de mariée s’empare du piano et joue le concerto no 21 de Mozart. Le son mélodieux masque le cliquetis lointain des irrigateurs de champs céréaliers. Des pensionnaires vont et viennent, certains se dévisagent sans se parler, d’autres tendent la main au premier venu. Un solitaire au veston râpé vocifère de ne pas retrouver son briquet.

    Dans quelques jours, un appel d’offres officiel va être publié et le prix sera fixé : la clinique psychiatrique de la Chesnaie, en périphérie de Blois, va être mise en vente par le médecin-chef, Jean-Louis Place, son propriétaire depuis 1988, date à laquelle il avait pris la suite du neuropsychiatre Claude Jeangirard, qui avait créé l’établissement en 1956, à 31 ans. La Chesnaie, à Chailles, La Borde, à Cour-Cheverny, Saumery, à Huisseau-sur-Cosson : toutes ces cliniques du Loir-et-Cher ont été ouvertes après la seconde guerre mondiale par des médecins parisiens brillants, ravis de pouvoir acquérir à bon prix des châteaux entourés de verdure et de se substituer aux grandes unités psychiatriques franciliennes, où l’enfermement allait de soi.
    La Chesnaie est emblématique. Pour ne pas dire mythique. Cinquante-cinq hectares de forêts de feuillus et, au milieu, un château près duquel s’agrègent, au fil des ans, des bâtiments classés. La clinique compte aujourd’hui 101 lits d’hospitalisation, 20 lits en hôpital de jour et quelques lits de nuit. La quasi-totalité des patients souffrent de troubles graves et sont adressés par l’hôpital public. Tous participent à un panel d’activités importantes – ateliers, tâches hôtelières, restauration – avec le personnel soignant. Lequel ne porte ni blouse ni badge : rien ne le distingue, sauf le discret talkie-walkie posé sur la table quand vient l’heure de boire, ensemble, un coup.

    C’est une psychothérapie institutionnelle qui se base sur le non-enfermement des patients, eux-mêmes victimes de leur enfermement mental, désocialisés par la maladie. « La prescription de médicaments ne suffit pas. Le malade a besoin d’échanges et de tâches pour retrouver confiance et se “renarcissiser” », entend-on. Les cinq médecins sont des libéraux. La clinique dispose aussi de 80 salariés, appelés ici moniteurs. Avec leurs diplômes d’infirmiers, d’art thérapie, de psychologie, ils tournent également sur les postes de restauration, de ménage, d’activités culturelles, etc.

    « Mise aux normes »

    « Il y a des pensionnaires qui vont tenter de tomber amoureux. Ou d’autres qui vont nourrir une peur d’être regardés plusieurs fois par une même personne, peur que cette personne leur veuille du mal. En changeant de tâche régulièrement, cela permet d’assainir les rapports car on vient remettre de la fluidité dans les choses qui déclenchent des angoisses », dit Gwenvael Loarer, moniteur et psychologue, actuellement en « secteur de chambre », accompagnant les pensionnaires à leurs consultations. Lui est très attaché à la gestuelle et la prosodie. « Je passe beaucoup de temps à dédramatiser des situations. Pour cela, il faut savoir montrer au quotidien qu’on n’est soi-même pas du tout inquiétant. » Une dame maigrelette nous croise, les yeux écarquillés : « Elle vit persuadée que des ciseaux vont venir la nuit découper son corps », chuchote Gwenvael.

    Les salariés expriment la crainte de voir arriver un groupe privé, qui menacerait la continuité de l’expérience. Comme ce qui est arrivé à la clinique de Freschines, à Villefrancœur (Loir-et-Cher), installée dans un château du XVIIe siècle, rachetée en 1993 par le groupe Générale de santé (alors filiale de Vivendi), et qui a fermé ses portes en janvier 2013, après quarante années d’activité. L’actuel propriétaire de La Chesnaie, qui n’a pas donné suite à nos sollicitations, a confié la mission de trouver un acquéreur à La Baume Finance, une banque d’affaires parisienne. Celle-là même qui a permis au groupe Korian de reprendre, en 2021, le centre de psychothérapie d’Osny (Val-d’Oise).

    « Nous n’arrivons pas encore à établir de contact avec La Baume Finance. Donc on ne sait pas quel va être le cahier des charges. On espère une clause contractuelle obligeant à garder le projet tel qu’il est…, dit Jean Gaillot, un moniteur pressé de faire découvrir, dans le parc, un empilement savant de wagons anciens, servant à héberger les stagiaires ou artistes de passage. En tout cas, le bien ne sera pas forcément facile à vendre. Il y a beaucoup de travaux à faire, comme, par exemple, une mise aux normes pour les personnes handicapées ou la rénovation des chambres. »

    « Même si le repreneur promet de continuer d’accueillir les malades, un fonctionnement avec moins de personnel fera disparaître la thérapie institutionnelle, estime Florent Persillet, moniteur infirmier. Les finances de La Chesnaie sont saines. Après une inspection en décembre [2021], l’ARS [agence régionale de santé] a fourni tous les agréments pour ces quatre prochaines années. Mais imaginez aussi que le repreneur se débrouille pour perdre son agrément dans quatre ans ! Alors il pourra transformer le tout en maison de retraite. »

    « Insuffler plus de démocratie »

    Des inquiétudes est né un projet : des salariés et sympathisants réunis sous le collectif Les amis de la Chesnaie désirent créer une société coopérative d’intérêt collectif, structure juridique qui leur permettrait de racheter l’établissement, si le prix sur la table le permet. Et de la gérer de façon collégiale, en assemblée générale, entre sociétaires : salariés, usagers bénéficiaires et partenaires extérieurs.

    « Qui de mieux placé que l’équipe pluridisciplinaire déjà en place pour en assurer la continuité ? », se demande Magalie Tostain, salariée du Club de la Chesnaie, la structure en charge des activités culturelles et de l’organisation de ses nombreux concerts, ouverts à tous et où se succèdent les artistes prestigieux – Jacques Higelin, Mano Solo, Yann Tiersen, entre autres, s’y sont produits. « Des scènes culturelles et une fac privée veulent déjà nous aider. Nous discutons avec des partenaires institutionnels comme le conseil régional. On pourrait imaginer que sa foncière rachète le bâti », espère-t-elle.

    « L’idée serait aussi, grâce à la reprise, d’insuffler toujours plus de démocratie dans la clinique. Nous proposons par exemple de réélire le médecin-directeur tous les cinq ans, soit la durée d’un projet d’établissement fixé avec l’ARS. On a trouvé un expert-comptable chez Finacoop, des gens spécialistes de l’économie sociale et solidaire », ajoute Gwenvael Loarer. L’association a déjà désigné un avocat pour l’accompagner : l’ancien député socialiste Denys Robiliard, auteur d’un rapport sur l’avenir de la psychiatrie en 2013. Un appel aux dons a été lancé sur le site Internet de l’association.

    Retour dans le grand hall du Boissier. Le piano s’est tu. Charles, 49 ans, yeux rieurs et chemise bleu azur, commande son deuxième café serré au bar associatif tenu par les autres pensionnaires, attentifs. « J’ai arrêté l’alcool il y a trois ans et demi mais j’ai compensé par des achats compulsifs. Me voici là depuis septembre. » Charles montre les panneaux d’affichage : atelier revue de presse, tournoi de football à Vendôme, collecte de dons pour l’Ukraine, graff et couture. « Ici, on rentre dans un collectif et on nous incite à avoir des activités à l’extérieur. Moi, j’aime bien aller à la “piscine tournesol” de Blois et au golf de Cheverny. Et puis, la clinique a des appartements en ville pour gagner en autonomie. Ça me tenterait bien. La Chesnaie m’a surtout appris à me sentir responsable non pas de ma maladie mais plutôt de mes soins. »

    #psychiatrie #privatisation #psychothérapie_institutionnelle

  • Nouvel ordre économique mondial : Janet Yellen vient-elle de donner le signal ?
    https://www.les-crises.fr/nouvel-ordre-economique-mondial-janet-yellen-vient-elle-de-donner-le-sign

    La réorganisation du commerce et des marchés mondiaux en fonction des nécessités sécuritaires et des « valeurs » pourrait connaître des coûts importants… Source : Responsible Statecraft, Marcus StanleyTraduit par les lecteurs du site Les-Crises La guerre en Ukraine est capitale : c’est la plus grande guerre européenne depuis la Seconde Guerre mondiale, et l’une […]