marielle 🐱

« vivere vuol dire essere partigiani » Antonio Gramsci

    • Au Poste Ă©tait dans la fosse
      ▻https://www.auposte.fr/au-poste-braque-la-fete-de-lhuma
      ▻https://video.davduf.net/w/bAaV8xMmwmKrg5QwCcZDN4

      Et que dire de ce moment lĂ . Il est 14h. Edouard Philippe et Fabien Roussel montent sur scĂšne. Le speaker demande un bon accueil. Quand, soudain, surgit Ritchy Thibault : « Ă‰douard Philippe a sĂ©vi durant les gilets jaunes, il a fait couler le sang, il n’a rien Ă  faire ici. C’est un Ă©borgneur ! » Au Poste Ă©tait lĂ .

    • Roussel : comme un arriĂšre-goĂ»t
      ▻https://www.arretsurimages.net/chroniques/le-matinaute/roussel-comme-un-arriere-gout

      SecrĂ©taire national du Parti communiste français, Fabien Roussel est un rĂ©cidiviste des petites phrases rĂ©ac’ attrape-clic. Le coco rĂ©ac’, quel excellent client ! Le week-end dernier, dans son discours Ă  la FĂȘte de l’HumanitĂ©, il a Ă©voquĂ© la classe ouvriĂšre, ce que des twittos pro-LFI, ont aussitĂŽt rĂ©sumĂ© en postant l’extrait suivant.

      "Elle parle français" : entendant cet extrait, qui semble opposer la "belle" classe ouvriĂšre francophone Ă  une autre partie de cette classe qui ne parlerait pas français, j’ai dĂ©gainĂ© plus vite que mon ombre le tweet (ou le X) ci-dessous (supprimĂ© depuis).

      Jacques Doriot et Marcel DĂ©at sont deux personnalitĂ©s politiques de l’entre-deux guerres, venues de la gauche, et qui ont terminĂ© leur carriĂšre dans la collaboration et l’antisĂ©mitisme. Dans ce message, je signifie clairement que Fabien Roussel, Ă  mes yeux, est en train de suivre le mĂȘme parcours.

      N’est pas Lucky Luke qui veut, j’ai rĂ©agi trop vite. Les choses sont (un peu) plus compliquĂ©es, comme le rĂ©sume cette enquĂȘte de Checknews pour LibĂ©ration. Ce passage du discours de Roussel suit de peu un autre passage, dans lequel l’orateur accuse le gouvernement (en substance) de ne pas parler le langage du peuple. La ""belle classe ouvriĂšre"" n’est donc pas opposĂ©e aux mĂ©chants Ă©trangers, mais aux Ă©lites cosmopolites, """somewhere "contre "anywhere""". Contrairement cependant Ă  ce qu’écrit Checknews, je ne me suis Ă  aucun moment excusĂ©, et je ne le ferai pas. Je souhaite en revanche comprendre pourquoi j’ai tweetĂ© trop vite.

      Fabien Roussel est un habituĂ©, disais-je, des saillies rĂ©ac’, semblant l’amener sur le terrain de la droite et de l’extrĂȘme droite, et qu’il faut d’urgence ""remettre dans leur contexte"" dans les heures ou les jours suivants, pour bien expliquer qu’il ne fallait surtout pas comprendre ce que certains ont compris. Exercice d’autant plus pervers qu’il rencontre la complicitĂ© active de "l’autre gauche", mĂ©lencho-Ă©cologiste, qui s’empresse de faire buzzer les passages litigieux, soigneusement dĂ©coupĂ©s. En avril dernier, par exemple, il Ă©voque les ""frontiĂšres-passoires"". "Nos frontiĂšres ne sont pas des passoires, mais surtout les humains qui tentent de les traverser risquent leur vie chaque jour", rĂ©plique aussitĂŽt Sandrine Rousseau. A-t-il donc repris le thĂšme zemmouro-lepĂ©niste du "grand remplacement" ? Pas du tout. On l’a mal compris. Il parlait essentiellement des marchandises, accusant les frontiĂšres de laisser passer les marchandises, et pas les humains. Aucune xĂ©nophobie, rien d’autre que le traditionnel protectionnisme. Citation "dans le contexte" : "Ils ont mis la France sur Le bon coin, ils ont signĂ© des traitĂ©s de libre-Ă©change, ils ont transformĂ© nos frontiĂšres en passoires, ils ont laissĂ© filer nos usines et ils reviennent la bouche en cƓur en nous parlant de souverainetĂ©". Et quelques jours plus tard, dans l’explication de texte : ""Quand aujourd’hui, nos frontiĂšres ne permettent plus de protĂ©ger nos usines, nos emplois, quand nos frontiĂšres ne permettent plus d’empĂȘcher l’évasion fiscale, la fraude fiscale et nos richesses de partir dans des paradis fiscaux : eh bien la France devient une passoire"". Circulez !

      D’ailleurs, Fabien Roussel n’est nullement hostile aux Ă©trangers en gĂ©nĂ©ral, et aux musulmans en particulier. Si en 2019, il refuse de participer Ă  une marche de plusieurs organisations de gauche contre l’islamophobie (il est vrai qu’il n’est pas le seul dans la gauche institutionnelle), c’est parce qu’il trouve le mot ""trop rĂ©ducteur"". ""Il y a plus globalement", estime-t-il, "une montĂ©e du racisme et de l’antisĂ©mitisme. Il n’y a jamais eu autant de tags nazis". C’est "un climat malsain et c’est cela dont je prĂ©fĂšre parler", prĂ©cise-t-il. "Je prends une distance, non pas pour m’exprimer contre, mais pour prendre de la hauteur sur le sujet". Le PCF invite nĂ©anmoins Ă  participer Ă  la marche.

      De la mĂȘme maniĂšre, si Fabien Roussel ne participera pas Ă  une nouvelle marche, ce 23 septembre, contre les violences policiĂšres et le racisme, qu’on n’en dĂ©duise pas de sa part une certaine indulgence contre les violences policiĂšres. "Je n’y participerai pas d’abord parce que je n’ai pas envie de manifester en entendant autour de moi ce slogan, « tout le monde dĂ©teste la police ». Ce n’est pas vrai et je ne partage pas ce slogan-lĂ , et donc je ne souhaite pas m’y associer pour cette raison-lĂ ", Ă©taye-t-il sur Franceinfo. Cela dit, reconnait-il, ""les violences policiĂšres existent"".

      À ces piques incessantes contre la cause des minoritĂ©s, contre les politiques de solidaritĂ© (son hostilitĂ©, parfaitement revendiquĂ©e, elle, Ă  la ""gauche des allocs’""), s’ajoutent des provocations contre la lutte contre le dĂ©rĂšglement climatique. On se souvient de l’homĂ©rique empoignade contre Sandrine Rousseau (encore), sur le ""bon steak" et le "bon vin"". "Un bon vin, une bonne viande, un bon fromage, pour moi c’est la gastronomie française" : coucou les patriotes ! Mais, ajoute-t-il aussitĂŽt, "pour avoir accĂšs Ă  ce bon, Ă  cette bonne gastronomie, il faut avoir des moyens. Donc le meilleur moyen de dĂ©fendre le bon vin, la bonne gastronomie, c’est de permettre aux Français d’y avoir accĂšs" : retour Ă  la maison coco. Et de rajouter une ration, dans une interview Ă  "LibĂ©ration", de la campagne mĂ©diatique de la FĂȘte de L’Huma, cru 2023. "J’ai encore mangĂ© une bavette aujourd’hui. Ça va brĂ»ler en Afrique ? Sans parler des ris de veau que j’ai mangĂ©s Ă  ChĂąlons (...). Ça, ça vaut au moins un tremblement de terre Ă  HaĂŻti."

      Bref, Fabien Roussel est en mouvement, dans un trompe-l’oeil savamment construit, vers l’édification d’une gauche d’extrĂȘme droite, parfaitement philippo-compatible, du reste. OĂč ce mouvement s’arrĂȘtera-t-il ? À partir de quand un trompe-l’oeil devient-il rĂ©alitĂ© ? Jusqu’oĂč son auteur peut-il maitriser sa glissade ? J’ai mon intuition. Elle est peut-ĂȘtre excessivement pessimiste, je le souhaite. Mais, puisqu’on parle gastronomie, que l’on ne me reproche pas d’avoir le palais sensible Ă  une sorte d’arriĂšre-goĂ»t.

    • Fabien Roussel, Don Quichotte d’un communisme introuvable
      â–șhttps://www.contretemps.eu/roussel-pcf-communisme-elections-strategie-melenchon-gauche

      Un double mystĂšre entoure la campagne de Fabien Roussel, le candidat du Parti communiste français pour la prochaine Ă©lection prĂ©sidentielle. Comment un candidat qui recueille invariablement entre 1 et 3% dans les sondages d’opinion peut-il ĂȘtre autant invitĂ© dans les « grands » mĂ©dias ? Comment le candidat d’un parti communiste peut-il recevoir Ă  ce point les louanges de politicien·nes de droite voire de journalistes et d’idĂ©ologues rĂ©actionnaires ?

      C’est Ă  dissiper ce double mystĂšre que s’attache ici Paul Elek, ancien militant du PCF. Il montre en particulier que la campagne de Fabien Roussel, loin de permettre la relance d’un projet de rupture avec le capitalisme, a essentiellement pour objectif de faire exister l’organisation par une stratĂ©gie de distinction vis-Ă -vis du candidat de gauche qui avait frĂŽlĂ© le 2nd tour en 2017, Ă  savoir Jean-Luc MĂ©lenchon.

      Cela amĂšne Fabien Roussel Ă  prendre rĂ©guliĂšrement pour cible ce dernier, et Ă  alimenter les poncifs rĂ©actionnaires que ne cessent de marteler les mĂ©dias dominants Ă  l’encontre de la gauche dans son ensemble (sur la laĂŻcitĂ©, la sĂ©curitĂ©, le terrorisme, l’écologie, etc.). En outre, alors mĂȘme que Roussel prĂ©tend reconquĂ©rir les classes populaires, il se situe dans la plupart des sondages Ă  4-5% dans les catĂ©gories intermĂ©diaires et supĂ©rieures, contre 1-2% dans les catĂ©gories populaires.

      Ce texte est une contribution au dĂ©bat tactique et stratĂ©gique Ă  gauche. Elle ne reflĂšte pas la diversitĂ© des points de vue au sein de la rĂ©daction de Contretemps mais elle nous a semblĂ© importante et en appelle d’autres.

      *

      « Le social-chauvinisme, c’est l’opportunisme sous sa forme la plus achevĂ©e. Il est mĂ»r pour une alliance ouverte, souvent vulgaire, avec la bourgeoisie et les Ă©tats-majors » (LĂ©nine, « L’opportunisme et la faillite de la 2e internationale », Vorbote, 1, 1916 ).

      #social-chauvinisme

    • On y aura eu droit jusqu’à la question du service public pendant l’intervention du chef de l’État. Doriot par ci Doriot par lĂ . Toute la bonne sociĂ©tĂ© mĂ©diatique s’est donc attelĂ©e Ă  surjouer l’indignation contre le partage d’un article du journaliste Daniel Schneidermann. On a les amis que l’on mĂ©rite. Ces hypocrites n’avaient pourtant rien dit quand le pseudo-philosophe RaphaĂ«l Enthoven avait traitĂ© François Ruffin et Jean-Luc MĂ©lenchon de Doriot. Ni quand le dĂ©putĂ© du Rassemblement National Antoine Villedieu avait dit de Jean-Luc MĂ©lenchon qu’il Ă©tait un nazi.

      ComĂ©die ! En vĂ©ritĂ©, s’est dĂ©roulĂ© sous nos yeux un mauvais coup trĂšs calculĂ©. D’abord, la direction du PCF a cherchĂ© une querelle ridicule Ă  François Ruffin qui avait dit en plaisantant que les militants communistes de la fĂȘte de l’HumanitĂ© avaient prĂ©parĂ© « des punchs davantage que la prise du palais d’hiver ». Puis il y a eu pendant deux ou trois jours cette opĂ©ration consistant Ă  faire croire que la France insoumise aurait insultĂ© Fabien Roussel en le comparant Ă  un collabo. C’est Ă©videmment absolument faux. D’ailleurs, l’expression utilisĂ©e par le tweet de Schneidermann (« quelque chose de ») est assez claire pour qu’on le comprenne en premiĂšre lecture si l’on est de bonne foi. Cette expression rĂ©sume le malaise ressenti de tous cĂŽtĂ©s au lendemain des discours de Fabien Roussel Ă  la fĂȘte de l’HumanitĂ© ou sur sa façon de couvrir de louanges les talents de « dialogue » d’Edouard Philippe, premier ministre en exercice lors de la rĂ©pression des gilets jaunes. Cette fĂȘte fut un dĂ©sastre pour Fabien Roussel interpellĂ© par le public Ă  chacune de ses interventions. Il fallait donc allumer un contre-feu.

      On aurait pu laisser passer cette campagne ridicule sans y attacher d’importance. L’arc de force des signataires d’une « tribune de soutien » regroupant les secteurs les plus hostiles Ă  la NUPES et les larmes de crocodile des macronistes signaient assez largement l’intention rĂ©elle. Mais voir qu’elle est dorĂ©navant utilisĂ©e comme un argument par ceux qui veulent tourner la page de la NUPES nĂ©cessite d’en dire quelques mots. Car c’est lĂ  en vĂ©ritĂ© qu’est l’objectif principal de cette opĂ©ration : faire accepter par les communistes la dĂ©cision de Fabien Roussel de rompre avec la NUPES. C’est donc sur ce point qu’il est important de revenir.

      L’an dernier, nous avons fait le choix du regroupement autour de la NUPES. Les agressions permanentes contre les insoumis des candidats Ă  la prĂ©sidentielle du PS, d’EELV et du PCF ne faisaient pas de cette dĂ©marche un choix naturel. Le maintien de la candidature de Fabien Roussel Ă  l’encontre des engagements qu’il avait pris devant nous de se retirer si nous Ă©tions en capacitĂ© de nous qualifier au second tour la rendait mĂȘme difficile Ă  accepter. Mais la rancune n’est pas une ligne politique efficace. Nous avons donc ƓuvrĂ© Ă  ce rassemblement, autour d’un « programme partagĂ© » de 640 propositions dument approuvĂ©e par les reprĂ©sentants de chaque composante de la NUPES. Cet accord nous a permis de gagner le premier tour de l’élection lĂ©gislative et de multiplier par 3 le nombre de dĂ©putĂ©s de gauche Ă  l’AssemblĂ©e Nationale.

      Depuis cette date, ce qui pose problĂšme, c’est bien comment tout cela est mĂ©thodiquement dĂ©construit. Dans la forme et sur le fond. Dans cette destruction et ce reniement de la parole donnĂ©e, Fabien Roussel a Ă©tĂ© continuellement en premiĂšre ligne. Il a le premier a dĂ©clarĂ© que « le programme partagĂ© » n’était rien et que l’accord Ă©tait purement Ă©lectoral, au mĂ©pris de sa propre signature. Nous n’avons rien dit pour ne pas handicaper l’union dans un moment oĂč les difficultĂ©s sociales frappent durement le pays. Puis Fabien Roussel a annoncĂ© le premier une liste sĂ©parĂ©e aux europĂ©ennes. Donc, aprĂšs l’accord sur le programme, l’accord Ă©lectoral disparaissait Ă  son tour. Nous n’avons toujours rien dit. Puis, Fabien Roussel a annoncĂ© sa nouvelle candidature pour 2027. Sans discussion, sans compromis et sans prĂ©avis, en reprenant la mĂ©thode qui peut de nouveau rendre le deuxiĂšme tour hors de portĂ©e. Nous n’avons encore rien dit. Et je passe sur les attaques si blessantes contre la France insoumise « en dehors de la RĂ©publique » ou qui ne s’adresserait qu’aux « secteurs radicalisĂ©s des quartiers populaires ». Tout cela intervient au fond comme autant de confirmations d’une stratĂ©gie d’ensemble.

      A tout cela s’est donc ajoutĂ© ces derniĂšres semaines le refus de participer Ă  la marche du 23 septembre pour la justice sociale et contre les violences policiĂšres. C’est bien sĂ»r le droit du PCF de refuser de s’y associer. Mais c’est Ă©tonnant quand on sait que cette initiative Ă©tait soutenue par plus de 150 organisations, dont les syndicats CGT, FSU et Solidaires. Et cela devient intolĂ©rable quand, pour justifier ce refus, Fabien Roussel sera allĂ© jusqu’à reprendre les pires caricatures pour faire croire que cette initiative Ă©tait « contre la police » ou « en soutien aux abayas ». D’ailleurs, l’extrĂȘme-droite et les syndicats factieux y auront puisĂ© des arguments pour demander l’interdiction de la manifestation tandis que l’appareil mĂ©diatique en profitait pour prĂ©parer sa campagne de dĂ©nigrement contre les manifestants.

      Cette volontĂ© de dĂ©truire la NUPES s’est concrĂ©tisĂ©e pour les Ă©lections sĂ©natoriales. Depuis le dĂ©but de l’annĂ©e, venant arriver cette Ă©chĂ©ance, nous avons proposĂ© que la NUPES prĂ©sente des listes communes dans tous les dĂ©partements. C’était pour nous Ă  la fois un enjeu de cohĂ©rence (nous avons portĂ© ensemble un programme pour l’AssemblĂ©e Nationale, nous devons donc porter ensemble un programme pour le SĂ©nat) et un enjeu d’efficacitĂ©. Mais notre proposition s’est heurtĂ©e au sectarisme et Ă  la division. Des rĂ©unions ont eu lieu au niveau national entre le PCF, EELV et le PS. Elles ont abouti sur l’exclusion pur et simple des insoumis des listes sur tout le territoire. Et sur l’incapacitĂ© de ces 3 forces politiques Ă  construire des listes d’union. RĂ©sultat : ce sont plus de 10 sĂ©natrices et sĂ©nateurs de gauche en moins en raison de ce choix. Il suffit pour cela de regarder les rĂ©sultats dans l’IsĂšre, en Loire Atlantique, en Moselle, dans le Nord, dans le Pas de Calais, dans les PyrĂ©nĂ©es-Orientales, Ă  Paris, en Essonne, dans les Hauts de Seine, en Seine Saint Denis ou chez les Français de l’étranger.

      VoilĂ  la rĂ©alitĂ© de ce que nous avons sous les yeux. Bien sĂ»r, on peut toujours penser qu’il ne faut rien dire, maintenir des liens avec des secteurs rĂ©putĂ©s critiques du PCF et attendre que ça finisse tout seul en comptant sur une rĂ©volution de palais. Mais, en politique, le mieux est de dire les choses pour permettre une prise de conscience et aider Ă  dĂ©passer le problĂšme. Le rĂ©sultat du congrĂšs de PCF a entĂ©rinĂ© une ligne isolationniste, clairement inverse au vote des insoumis qui se sont massivement exprimĂ©s pour l’union. Fabien Roussel ne reviendra pas sur sa dĂ©cision. Autant l’espoir peut demeurer de voir EELV et le PS changer d’attitude pour les europĂ©ennes, autant il n’y en a aucun du cĂŽtĂ© de Fabien Roussel. Bien-sĂ»r, il faut garder toujours une porte ouverte au cas oĂč le rĂ©alisme et le sens des responsabilitĂ©s l’emporteraient. Mais on ne peut espĂ©rer voir cette option se rĂ©aliser mĂ©caniquement.

      Nos adversaires politiques ont un intĂ©rĂȘt Ă  dĂ©truire la NUPES. Fabien Roussel leur est Ă  ce titre trĂšs utile. C’est seulement comme cela que l’on peut comprendre le gout que prend la classe mĂ©diatique Ă  faire de Fabien Roussel son candidat prĂ©fĂ©rĂ©. L’objectif est de sĂ©parer les bases communistes et les bases insoumises qui ont de nombreuses choses en commun. Elles mĂšnent des luttes ensemble et militent souvent dans les mĂȘmes syndicats ou associations. Les groupes parlementaires auxquels appartiennent nos dĂ©putĂ©s respectifs votent de maniĂšre concertĂ©e dans la plupart des cas. Car nous partageons de nombreux points communs sur le fond. Nous avons d’ailleurs partagĂ© un mĂȘme programme national pour plusieurs Ă©lections prĂ©sidentielles et lĂ©gislatives depuis 15 ans. A la suite des insoumis, le PCF a adoptĂ© la thĂšse de la « RĂ©volution citoyenne » il y a deux congrĂšs de cela. Il dĂ©fend dĂ©sormais la construction d’un « Front populaire » que les insoumis avaient remis Ă  l’ordre du jour il y a deux ans.

      Bien sĂ»r, nous ne sommes pas dupes de l’absence de mise en Ɠuvre de ces concepts. Mais il n’empĂȘche : le sentiment a prĂ©valu que l’avenir restait ouvert pour reprendre ensemble le chemin entamĂ© ensemble en 2008. MĂȘme aprĂšs 2022 et la colĂšre de millions d’électeurs face au maintien de la candidature Roussel. Mais Ă  prĂ©sent ? Fabien Roussel a fixĂ© une stratĂ©gie d’isolement et un calendrier jusqu’à 2027. Il ne sert Ă  rien de l’ignorer. Il faut en rendre le peuple juge et le mettre en Ă©chec, en partant du rĂ©el et sans cacher nos dĂ©saccords. Car dans les milieux populaires, personne ne comprendrait que nous soyons prĂȘts Ă  accepter les ambigĂŒitĂ©s de Fabien Roussel. Il faut dire la vĂ©ritĂ© et la pratiquer comme mĂ©thode de construction de l’union populaire. Car celle-ci ne se confond pas avec le poison de la dĂ©sunion politique que Fabien Roussel a introduit dans la NUPES.

      ▻https://manuelbompard.fr/2023/09/comment-faire-dun-tweet-un-pretexte-de-plus-contre-la-nupes

    • Le point de vue de Rob Grams ( RĂ©dac-chef adjoint Frustation) :
      La Nupes, une catastrophe Stratégique pour la FI

      Aux présidentielles 2022, la FI avait réussi à détruire la frange sociale-libérale de la gauche (PCF, EELV, PS), un vrai succÚs de ce point de vue.

      Cela a crĂ©Ă© une panique totale du cĂŽtĂ© des bureaucrates du PS, EELV, PCF qui ont vu qu’ils risquaient d’ĂȘtre ruinĂ©s et de perdre leurs postes d’élus, seule raison pour laquelle ces gens « font de la politique ».

      Leur intĂ©rĂȘt Ă©tait donc de faire alliance, pour les lĂ©gislatives, avec la force dominante Ă  gauche Ă  ce moment lĂ , FI. FI de son cĂŽtĂ© voulait aussi sa part, avoir le max d’élus sans aucun pouvoir, quitte Ă  saboter son petit avantage temporaire.

      PCF, PS, EELV eux Ă©taient prĂȘts Ă  signer Ă  peu prĂšs n’importe quoi qu’on leur tendrait (sauf sur les « violences policiĂšres » Ă©videmment) si ça permettait de reconduire leurs petits notables. Ça a donnĂ© le programme de la Nupes.

      Dans ce beau monde personne n’a jamais imaginĂ©, ni souhaitĂ©, que MĂ©lenchon soit Premier Ministre. C’était juste une maniĂšre d’utiliser ses 22% pour tenter de les reconduire vers le PS/EELV/PCF.
      A part chez ses militants les plus zélés, la France Insoumise le savait aussi.

      Le programme n’avait donc absolument aucune valeur : pur produit d’appel pour faire voter des gens en leur faisant croire que ça pouvait changer quoi que ce soit. Tout le monde savait que :
      1- il n’y aurait pas de majo alternative donc pas d’application du pgm
      2- qu’il serait abandonnĂ©.
      C’est comme ça qu’ils ont pu faire en 3 jours ce qu’ils avaient pas rĂ©ussi Ă  faire en 5 ans "d’opposition" Ă  Macron.

      Pour PS/EELV/PCF ça impliquait juste de prendre sur eux et de se la fermer pendant 15 jours, en croisant les doigts et attendant que ça passe. « Oui oui bien sĂ»r MĂ©lenchon 1er Ministre youhou »

      Une fois les mandats - et les trĂšs gros salaires qui les accompagnent - rĂ©cupĂ©rĂ©s il serait bien temps de recrĂ©er la gauche nĂ©olibĂ©rale et de recommencer le pilonnage de FI qu’ils menaient depuis des annĂ©es.
      ça n’a pas loupĂ©, ils ont commencĂ© Ă  s’y atteler quasiment immĂ©diatement aprĂšs l’élection lĂ©gislative.

      Ce qui donne depuis ce spectacle ridicule de la part des insoumis de tout le temps ĂȘtre surpris du manque de loyautĂ© de ceux qui leur crachent dessus depuis plus de dix ans.
      Ils ont oubliĂ© que si la gauche Ă©tait dĂ©sunie en 2022 c’était pour des raisons tout Ă  fait politiques : parce que les options politiques sont trĂšs trĂšs diffĂ©rentes, opposĂ©es.

      Et une option politique se rĂ©sume pas au programme, c’est aussi la stratĂ©gie, les actes politiques
 Dans le cas Roussel par exemple, le programme du PCF n’est pas l’enjeu principal, il s’en cogne royalement, il sait qu’il ne sera jamais Ă©lu, qu’il ne l’appliquera jamais


      Ses prises de positions publiques, les manifestations auxquelles il va (celle des flics avec Zemmour et Le Pen par exemple) et celles auxquelles il refuse d’aller (celle contre le racisme et la brutalitĂ© policiĂšre par exemple)...sa volontĂ© d’alliance avec Cazeneuve.... bref, ce qu’il porte rĂ©ellement dans le dĂ©bat publict est beaucoup plus signifiant.

      Grace Ă  la Nupes, et donc grĂące Ă  FI, le monstre Ă  trois tĂȘtes du PS/EELV/PCF arrive Ă  patiemment Ă  se reconstituer pour nous prĂ©parer la prochaine version du hollandisme, et Ă  utiliser tout ce que lui a donnĂ© FI pour marginaliser cette derniĂšre.

      C’est le problĂšme de l’obsession Ă©lectorale : vouloir Ă  tous prix distribuer un max postes bien payĂ©s aux copains, sans aucune chance de victoire, a renforcĂ© le pire de la gauche. C’est une erreur historique.

      ▻https://twitter.com/GramsRob/status/1706110769685839937