Nicole Garreau

Poétesse sans talent et dictateuse sans vergogne

  • n’a aucune personnalité ! Si vous suivez la succession de ses dazibaos vous voyez bien qu’elle passe sans arrêt ni vergogne de Lecoq à Lalanne : un coup elle s’attache à comparer la Constitution de la Cinquième à celle de Weimar, puis elle saute au dernier épisode des « Marseillais à Honolulu », ensuite elle embraye sur un roman du XIXe ou son ultime exploit à Candy Crush Saga® tout en n’oubliant pas d’agonir les koulaks ou de cracher sur la petite bourgeoisie décadente, puis elle geint qu’elle va mourir d’ici dix à douze minutes (ce qui est d’ailleurs parfaitement vrai), prône le non-binarisme mais rédige simultanément un billet « girl power » et se fend d’un énième textounet laudateur sur son chéri Kim Jong-un, bref, elle bouffe à tous les râteliers.

    Oui mais... est-on sûr·e que tout cela n’a pas de rapport ? Toute cuistre qu’elle est, elle elle pense réellement qu’on ne peut pas établir de net distinguo ni mettre de barrières entre tout ça, elle se montre certaine — de plus en plus certaine — que tout est toujours lié à tout, qu’on ne peut pas extraire une seule chose pour ne s’intéresser qu’à celle-ci ; à titre d’exemple la Littérature exige que l’on possède également des notions de Science, de mathématique, d’Histoire, de géographie, de politique, de... de tout, en fait ! Et réciproquement ! Il n’existe pas de discipline qui puisse être totalement et impunément séparée des autres, on ne peut pas se limiter à UN truc sous peine de se condamner à n’en rien comprendre. Tenez, vous connaissez évidemment la théorie de Karinthy Frigyes, celle qui veut qu’il n’y ait jamais plus de six maillons dans une chaîne reliant deux individus pris au hasard sur la planète ? Eh bien la vieille Garreau est intimement persuadée que le même principe peut s’appliquer à toute chose, et qu’il y a même certainement beaucoup moins de six étapes intermédiaires entre deux événements ou concepts, aussi éloignés qu’ils puissent paraître de prime abord. Elle est d’ailleurs la première à dire (enfin, avec Gabin) que si on ne sait « qu’un peu » on ne sait rien mais que plus on sait plus on sait surtout que c’est peu, et qu’inexorablement le Savoir agrandit le mystère et l’inconnu.

    Alors les chimères de « la personnalité » ou de « l’identité », hein, laissez-la vous dire qu’à l’instar d’un célèbre personnage de bande dessinée, désormais « elle s’en badigeonne le nombril avec le pinceau de l’indifférence ».