Nicole Garreau

Poétesse sans talent et dictateuse sans vergogne

  • se souvient qu’elle leur disait ça, aussi, à ses client·e·s, à l’époque où elle était pompiste Échelon Trois : à chaque fois qu’iels lui demandaient un conseil, un avis ou un renseignement sur une des s***peries en vente dans le snack ou la boutique de la pompisterie elle leur disait de ne pas faire ça, de ne pas lui poser de questions, qu’elle ne pouvait certes pas leur interdire d’acheter des trucs s’iels étaient zinzins et pété·e·s de thunes mais qu’il ne fallait JAMAIS croire les arguments de quelqu’un·e qui avait quelque chose à vendre, et qu’iels avaient rudement de la chance d’être tombé·e·s sur elle parce que ses collègues esclaves du Capital leur auraient sûrement débagoulé des carabistouilles juste pour pouvoir leur fourguer une m***e, augmenter leur score d’employé·e·s du mois et se faire bien voir du patronat — tandis qu’elle elle n’en avait rien à cirer, elle avait connu la guerre et brûlé son soutif sur les barricades alors elle ne se sentait pas obligée de leur mentir sur la marchandise.

    Pourquoi raconte-t-elle cela maintenant ? Parce qu’elle a l’impression que désormais TOUT LE MONDE est TOUT LE TEMPS en train d’essayer de vendre quelque chose à quelqu’un·e — ne serait-ce que sa propre image ou sa propre cosmogonie. Le commerce est la troisième plus grande plaie du monde (juste derrière les enfants et l’hétéropatriarcat) et c’est pour ça qu’on ne peut plus avoir confiance en personne, pas plus sur Internet que dans la « vraie » vie.

    Sauf évidemment dans les punkàchiennes goudous nullipares stoïco-nihilistes kimilsungiste-kimjongilistes-kimjongunistes cacochymes et valétudinaires, parce qu’elle partent déjà avec un tel handicap qu’elles ne peuvent pas se permettre le luxe d’être en plus des arnaqueuses.

    Vous êtes abonné au bon flux SeenThis, cher Lectorat. Ici on n’a personne à séduire.

    #NicoleGourelle.