• Berlin roule pour Bibi | Mediapart | 30.03.24

    https://www.mediapart.fr/journal/culture-et-idees/300324/gaza-en-allemagne-le-grand-deni

    Alon Sahar - réalisateur Israélien primé pour Gelem (2014) et Out (2018), a quitté Israël pour Berlin en 2020. Devant son cappuccino, un dimanche midi de mars, dans un café de Neukölln, quartier populaire de l’est de Berlin, il nourrit les pires craintes pour son pays d’adoption. « Depuis le 7 octobre, les voix palestiniennes sont combattues en Allemagne », juge-t-il. Il soupire. « Bien sûr, je connaissais la relation particulière du pays avec Israël, à cause de l’Holocauste. Mais je ne pensais pas que cela irait si loin. Cela me rappelle les menaces de censure que j’ai subies en Israël. C’est de la folie. Et sous un gouvernement avec des gens de gauche ! Je crains que cela nous annonce vingt ans de droite dure. »

    • Udi Ratz, une guide free-lance de 37 ans, conduit des visites au musée juif de Berlin. Elle a grandi à Haïfa [...] et émigré à Berlin en 2010. [...] À la fin de ses visites, Udi aborde la situation en Cisjordanie occupée. Elle a pris l’habitude d’utiliser le mot « apartheid ». [...] Le 6 octobre 2023, Udi reçoit un mail de sa direction qui l’encourage à « ne plus utiliser [le terme apartheid] de sa propre initiative », pour ne pas « nuire à la réputation du musée ». Après le 7 octobre, elle persiste. La direction lui signifie qu’elle n’aura plus de créneaux de visites.

      Le tabloïd Bild Zeitung s’empare de l’affaire. Le quotidien conservateur qualifie Udi d’« Israel-Hasser » : celles et ceux qui « détestent » Israël, un blason d’infamie dont sont désormais affublées nombre de voix propalestiniennes. « C’est devenu viral. J’ai reçu des menaces, y compris de mort, commente la jeune femme. Je ne suis pas la seule, celles et ceux qui critiquent les politiques racistes de l’État d’Israël ont connu le même sort. »

    • Pas d’analyse des causes possibles (ou probables) de ce « soutien inconditionnel » à « Israël » de la part de l’Allemagne (disons, les institutions) ou de la France.

      Malgré l’ampleur et la violence de la répression anti-palestinienne en Europe, j’ai l’impression de ne trouver que quelques hypothèses explicatives, autour du cynisme habituel des gros marchands d’armes, de l’opportunisme politicien crasse de développer le racisme « anti-Arabes », de l’allégeance aux USA ou de la reconnaissance du camarade colonialiste.

      Pour les pays d’Europe centrale, Mediapart faisait en revanche un tour des potes fachos de Bibi ici : https://www.mediapart.fr/journal/international/300324/en-europe-centrale-l-impossible-critique-d-israel

      Si vous avez d’autres pistes...