• Israël déploie un coûteux programme de reconnaissance faciale à Gaza
    1er avril 2024 | Sheera Frenkel | New York Times | Traduction CG pour l’AURDIP

    Cette initiative expérimentale, qui n’avait pas été rendue publique, est utilisée pour effectuer une surveillance de masse des Palestiniens de Gaza, selon des responsables militaires et d’autres personnes.

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    Quelques minutes après avoir traversé un checkpoint militaire israélien sur la route centrale de Gaza le 19 novembre, le poète palestinien Mosab Abu Toha s’est vu demander de sortir de la foule. Il a posé son fils de 3 ans qu’il portait et s’est assis devant une jeep militaire.

    Une demi-heure plus tard, M. Abu Toha a entendu appeler son nom. On lui a alors bandé les yeux et on l’a conduit à l’écart pour un interrogatoire.

    « Je n’avais aucune idée de ce qui se passait ou comment ils pouvaient soudainement connaître mon nom légal complet », a raconté cet homme de 31 ans, qui a ajouté qu’il n’avait aucun lien avec le groupe militant du Hamas et était en train d’essayer de quitter Gaza pour l’Égypte.

    Il s’est avéré que M. Abu Toha était entré dans le champ de caméras équipées d’une technologie de reconnaissance faciale, selon trois responsables israéliens du renseignement, qui ont accepté de parler à condition de rester anonymes. Après le scan de son visage et son identification, un programme d’intelligence artificielle a trouvé que le poète était sur une liste israélienne de personnes recherchées, ont-ils dit.

    M. Abu Toha est l’un des centaines de Palestiniens qui ont été identifiés par un programme de reconnaissance faciale israélien jusqu’alors confidentiel qui a démarré l’année dernière à Gaza. L’initiative, coûteux et expérimentale, est utilisée pour y effectuer une surveillance de masse, en collectant et en cataloguant les visages de Palestiniens sans qu’ils le sachent ni ne donnent leur consentement, selon des responsables israéliens du renseignement et de l’armée, ainsi que des soldats. (...)