• Éducation : enfin au niveau ? | Libé | 01.04.24

    https://www.liberation.fr/societe/education/groupes-de-niveaux-au-college-des-profs-entrent-en-desobeissance-civile-2

    si c’est pas un poisson d’avril, c’est une bonne nouvelle : les profs se rebiffent !

    Dans cet établissement de l’Aube, le refus est triple, selon le prof de maths : « On veut faire ce qu’il y a de mieux pour garder les élèves en confiance et élever le niveau général. Donc on souhaite des groupes hétérogènes, que l’on garde toute l’année sans alternance et dont la composition n’évolue pas au fil des mois. » L’exact opposé du dispositif chéri par Gabriel Attal. [...] l’idée de désobéir se distille peu à peu et la contestation s’organise dans les 25 collèges du département, elle gagne en vérité la majorité des établissements français. Au collège Jean-Jacques Rousseau dans le Tarn-et-Garonne, les enseignants, partagés entre « dégoût, écœurement, incompréhension et colère » sont « ulcérés », déballent-ils dans un mail adressé à Libération. « On ne se mêlera pas de ça. On refuse catégoriquement de prendre part à l’élaboration des groupes. L’idée est claire : ils n’écoutent rien de notre avis, alors on ne participera pas », martèle le professeur d’histoire-géographie Grégory Shelley, en tant que représentant du personnel.
    [...]
    dans l’académie d’Aix-Marseille, les professeurs d’un collège souhaitant garder l’anonymat ont préféré « feinter » le dispositif. Dans le cadre de la loi de 2019 pour une école de la confiance – dite « loi Blanquer » – les établissements peuvent déroger au cadre national s’ils mettent en place des « expérimentations » pédagogiques. Un levier privilégié par ce collège de Paca qui « cherche des solutions pour transformer ce truc affreux en opportunité », se rebiffe une professeure de français de l’établissement. [...] Ces regroupements seront réfléchis par les profs et restructurés « chaque semaine » selon « un besoin spécifique qui aura été identifié ». Exemple : si la prof de français souhaite organiser son heure de soutien autour des propositions relatives, elle conviera les élèves qui en ont, selon elle, besoin. « Ce qui peut concerner tant les bons que les moins bons. En prenant le dispositif sous l’angle des compétences, on n’est plus sous l’angle du niveau », se félicite-t-elle. Pour la composition exacte des groupes, aucun nombre minimum ou maximum d’élèves n’est fixé.