Nicole Garreau

Poétesse sans talent et dictateuse sans vergogne

  • écoute matutinalement Caussimon l’emmener en balade dans son Sébasto et elle se fait encore une fois la réflexion qu’il y a un truc avec Paris, Paris qu’en bonne bouseuse elle connaît peu mais reconnaît toujours. Franchement elle ne sait pas où il est, ce fichu Boulevard : vous la mettriez devant un plan muet elle ne saurait le situer et pourtant elle a l’image, oui, elle a l’image précise de tous les lieux évoqués dans la chanson — Sébastopol, Châtelet, Les Halles, les bords de Seine, la Tour Saint-Jacques, la rue Saint-Denis. Elle a en tête tout un album de représentations tout droit sorties d’un Léo Malet des années Cinquante, Paris en hiver le soir et sous la pluie, recoins sombres, pavés mouillés, autobus à plates-formes, Quartier Latin, clochard·e·s sous les ponts, Aguigui Mouna poussant sa bicyclette, Sartre et Beauvoir attablé·e·s aux Deux Magots.

    La vieille Garreau ne voudrait pas s’autoplagier : elle a déjà glosé sur cette singularité parisienne et vous renvoie à son dazibao du 11 brumaire 227. M’enfin c’est tout de même étrange d’avoir autant de mémoire d’un patelin dans lequel on a personnellement vécu si peu d’histoires.