• Mobilité à #Montréal (auto, bus, vélo, pieds)

    https://www.davidbenatia.com/projects/mobilite-montreal
    étude : https://www.davidbenatia.com/doc/mobilitemontreal2024.pdf

    Face à l’urgence climatique, le secteur des transports au Québec est appelé à subir une transformation radicale pour atteindre des objectifs ambitieux de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Le plan directeur en transition énergétique du Québec souligne que la stratégie de décarbonation du transport dépasse les simples incitations à l’achat de véhicules électriques pour inclure une réévaluation fondamentale des choix modaux. Il est donc nécessaire de comprendre les coûts associés à ces choix, ainsi que leur impact sur les individus et la société.

    Notre étude propose un nouvel outil pour évaluer les coûts réels associés à divers modes de transport, incluant la marche, le vélo, l’automobile, et les transports collectifs, en considérant à la fois les coûts privés, publics, et externes. Cet outil vise à accomplir trois objectifs : informer les citoyens sur les conséquences de leurs choix de transport, fournir des données cruciales pour l’élaboration de politiques de transport et d’urbanisme adaptées à cette période de transition, et encourager les initiatives d’entreprises vers des solutions de transport plus écologiques.

    Concentrée principalement sur l’agglomération de Montréal, l’étude s’étend ensuite à toute la province du Québec, mettant en lumière la domination de l’automobile et l’urgence de développer des alternatives de transport durable en région. Nos résultats mettent en évidence les avantages économiques des mobilités actives par rapport aux transports motorisés, montrant que chaque dollar dépensé par les piétons et les cyclistes économise respectivement 0,01 $ et 0,12 $ pour la société, tandis que l’automobile, avec un coût social de 1,55 $ par dollar dépensé, et les transports collectifs, avec 0,49 $, imposent des charges collectives plus élevées.

    Nous identifions aussi des disparités individuelles significatives dans les choix et les coûts de transport, influencées par des facteurs tels que le nombre de véhicules par ménage, le genre, et la localisation, avec des coûts de transport nettement plus élevés pour ceux qui résident en banlieue mais travaillent en ville. Cette diversité de coûts et de comportements souligne l’importance de politiques de transport ajustées aux réalités démographiques et géographiques spécifiques.

    Notre étude révèle des segments de population pour qui la transition vers des modes de transport durable est économiquement viable sans sacrifices financiers ni pertes de temps. En projetant divers scénarios de report modal, nous anticipons des réductions considérables des coûts budgétaires et des émissions de GES, ainsi qu’une amélioration notable de la santé publique, avec des économies pouvant atteindre près de 2 milliards de dollars annuellement pour Montréal seulement.

    Enfin, ces résultats permettent d’orienter la planification urbaine, de concevoir des campagnes de communication ciblées et des aides publiques, ajustées aux besoins et profils des populations identifiées, afin de favoriser la prise de conscience des bénéfices personnels et ainsi de promouvoir des alternatives de transport plus durables et respectueuses de l’environnement.