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Craignosse, les turlutosses !

  • Brevet des collèges : avec la fin des correctifs académiques, une nette baisse des résultats
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2024/07/12/brevet-des-colleges-avec-la-fin-des-correctifs-academiques-une-nette-baisse-

    Parmi les 855 688 candidats au diplôme national du brevet [769 176 en général, 89 233 en pro], 85,6 % d’entre eux ont été reçus à l’examen [86.8 % et 75.1 %], a annoncé l’éducation nationale, vendredi 12 juillet. Des résultats en recul de 3,5 points à l’échelle nationale, puisque 89,1 % des collégiens avaient été reçus en 2023. Dans le détail, le taux d’admission recule de 8,3 points dans l’académie de #Créteil, de 7,1 points dans celle de #Versailles, et même de 11,8 points en #Guyane. Les écarts sont très marqués dans ces académies où sont scolarisés de nombreux élèves en très grande difficulté scolaire. Ce recul est lié à la disparition d’une pratique longtemps méconnue : les « correctifs académiques », soit la modification a posteriori du résultat final d’une académie.

    A la main des recteurs, ces corrections n’avaient pas pour objectif d’assurer l’égalité de tous les candidats devant l’examen en corrigeant « l’effet professeur » (un correcteur notant plus ou moins sèchement), ou d’arrondir à la hausse les résultats d’un élève pour lui permettre d’obtenir l’admission ou la mention. Elles étaient destinées à lisser les résultats sur le territoire, pour éviter un décrochage trop massif de telle ou telle académie.

    [...] La fin des correctifs académiques est l’une des mesures du « #choc_des_savoirs », annoncé par Gabriel Attal. Dans une lettre adressée aux enseignants le 5 décembre 2023, celui qui était alors ministre de l’éducation avait défendu l’idée d’en finir avec une pratique qui « réévalue artificiellement la valeur » des notes finales aux examens.

    [...] Si la fin des correctifs académiques a bien provoqué une baisse des résultats, nul ne sait encore si l’abandon de cette pratique aura, à l’avenir, des conséquences sur les trajectoires des élèves. Car, parmi le paquet de réformes du « choc des savoirs », il était aussi question de transformer le brevet en examen « couperet » : il aurait fallu l’obtenir pour entrer au lycée, alors qu’aujourd’hui seul l’avis du dernier conseil de classe de 3e compte pour l’inscription en 2de.

    Mais cette mesure, qui n’a finalement pas été entérinée dans les textes, semble être en suspens, même si les classes « prépa 2de » – un dispositif de remise à niveau pour les recalés du brevet par ailleurs admis en 2de par le conseil de classe – verront bien le jour à la rentrée dans au moins un lycée par département.

    La création d’un brevet « couperet » ne sera pas rediscutée avant d’avoir le « retour d’expérience » de ces dispositifs, fait-on savoir dans l’entourage de la ministre de l’éducation nationale, Nicole Belloubet. La fin des correctifs académiques suscitait ainsi surtout des questions dans la mesure où il s’agissait de barrer l’accès au lycée à un nombre plus important de jeunes.

    L’éducation nationale anticipe néanmoins l’impact baissier d’une autre mesure, qui ne verra le jour que pour la session 2025 : la réévaluation de la part des épreuves terminales dans la note du brevet, qui comptent aujourd’hui pour 50 % du résultat, les 50 % restants étant dévolus à l’évaluation du « socle commun de connaissances, de compétences et de culture » réalisé par les professeurs en fin d’année. Dès 2025, les épreuves terminales compteront pour 60 % de la note finale et les 40 % restants correspondront au contrôle continu, soit les notes attribuées par les enseignants pendant l’année. Et ce, de manière à « réaffirmer » le brevet dans sa « valeur de diplôme », précisait l’institution dans sa circulaire de rentrée, diffusée le 27 juin.

    #dnb #collège #lycée