Paradoxe du spectacle Queer – Outside Dana Hilliot
▻https://outsiderland.com/danahilliot/paradoxe-du-spectacle-queer
j’allais dire que ce spectacle occulte le dispositif policier et la militarisation de l’espace (que vend explicitement l’État français soit dit en passant : c’est un vrai moment de business – prouver que la (f)Rance est “capable d’organiser un tel évènement en toute sécurité”) et les opérations devenues habituelles dans ce genre de circonstances de nettoyage sociale, mais reléguées en amont, loin des yeux loin du cœur.
Non, j’ai tort d’écrire cela. La militarisation fait partie du spectacle, elle aussi est mise en scène (et en Seine). C’est comme si le queer, pour en revenir à mes réflexions ci-dessus, venait à être partie prenante d’un défilé du 14 juillet. C’est là où se mesure l’immense aberration que constitue la culture capitaliste – et la manière dont, sournoisement, elle invite le spectateur/consommateur à jouir aussi bien, dans un même galimatias affectif, le queer et la police, l’artiste et le militaire. Ce que fabrique le récit néolibéral, et ce grâce à quoi il gouverne, affectivement pourrait-on dire, c’est de la confusion, du bruit (pour reprendre l’analyse que Lauren Berlant fait des discours de G.W. Bush).
