Pour la première fois, à la barre, Gisèle Pelicot hausse le ton : « J’ai l’impression que la coupable, c’est moi »
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Gisèle Pelicot arrive, déterminée, à la barre. Pour la première fois, elle hausse le ton. « Depuis que je suis arrivée dans cette salle d’audience, je me sens humiliée. Je serais complice de Monsieur Pelicot ? Je serais alcoolique ? Exhibitionniste ? Je suis une femme pudique. L’échangisme et le triolisme ne font pas partie de ma culture. En tant que femme, l’humiliation est totale. C’est tellement dégradant. Et très éprouvant », déclare-t-elle avec une certaine fermeté. Et ajoute, indignée : « je comprends que les victimes de viol ne portent pas plainte : on doit passer par un déballage humiliant ».
La septuagénaire, droguée et violée à son insu par 51 hommes, dont son mari Dominique Pelicot, se dit également profondément choquée par toutes les questions concernant l’horodatage des vidéos filmées par son ex-mari. « Est-ce que c’est une question de temps, le viol ? Trois minutes c’est pas un viol, mais une heure c’est un viol ? Si, à cet instant, ces hommes avaient devant eux leurs filles, est-ce qu’on aurait le même débat sur l’horodatage des vidéos ? Aujourd’hui, j’ai l’impression que la coupable, c’est moi, et que les 50 victimes, ce sont ceux qui sont derrière moi. » Tout à coup, Gisèle Pelicot lève la voix, s’emporte : « Je m’interroge : à partir de quel moment on considère qu’un mari décide pour sa femme ? Quand on voit une femme inerte, comme ça, dans son lit, on la viole ? ». Et, désignant les accusés : « Ils n’ont pas de cerveau ? C’est quoi ces hommes, des dégénérés ? »
