ARNO*

I’m very careful, you know, when I walk downstairs, like I’m on stairs, like these stairs, they’re very… I walk very slowly.

  • Alors j’ai vu Conclave (so you don’t have to).

    Le seul point positif, c’est que le truc arrive à te maintenir relativement intéressé. Je suppose que c’est parce que Ralph Fiennes déclamerait le bottin, je trouverais ça intéressant.

    Les images, par contre, ça m’a assez gavé. J’ai trouvé la photo et la mise en scène d’un péteux absolu, mais dans le genre facile. Ça se ferait du Kurosawa, mais avec des évêques au lieu de samouraïs. Mais je crois que le grandiose du décorum catholique, ça me passe totalement au-dessus de la tête. Ou même : ça me gonfle sévère.

    Quand au scénario, bon sang c’est un manichéisme achevé. D’un côté les évêques super-progressistes, de l’autre l’évêque italien qui finit par une grande tirade en mode nazi. Alors du coup les autres évêques finissent par élire un strict inconnu super-progressiste (ben voyons).

    Et donc à la fin ils élisent un nouveau pape. Voyant ça, je pense immédiatement à la légende de la papesse Jeanne, et j’attends la scène de la chaise percée, du soupesage de choses de la vie, et qu’enfin on proclame « Duos habet et bene pendentes ».

    Je ricane donc intérieurement parce que ce genre de choses me fait ricaner, et parce que bon, enfin on arrive à la fin du film alors ça soulage. Mais là, toute dernière scène, la révélation finale : le nouveau pape est né avec un pénis et un vagin, c’est ça le grand secret du film, alors je ravale mon ricanement et je me rends compte que je l’avais pas vu venir, mais en fait si je l’avais vu venir, justement. Alors c’est totalement con comme scénario, mais pour le coup, je retombe sur ma papesse Jeanne, et ça explique sans doute pourquoi le réalisateur a omis la scène où l’on tâte les bijoux de famille du nouveau pape.

    • Sinon, un truc qui me gave ici, c’est la volonté de faire un film à message dans lequel des évêques et un nouveau pape auraient réellement envie de transformer l’Église catholique pour un faire un truc super-progressiste ou dans l’air du temps.

      Ça me semble une perte de temps terrible, en plus de reposer sur des scénarios totalement crétins et improbables.

      Dans le genre, je me souviens de Les Souliers de saint Pierre, 1968, dans lequel Anthony Quinn, finalement élu pape, annonce la liquidation des trésors du Vatican pour tout donner aux pauvres :
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Souliers_de_saint_Pierre

      Dans un geste théâtral, Kiril annonce alors que l’Église catholique va mettre en garantie la totalité des trésors du Vatican « pour nourrir tous nos frères affamés ».

      Je l’ai vu il y a facilement 25 ans, et déjà à l’époque j’avais terminé le film en me disant que c’était totalement con de faire tout un film pour se convaincre (ou convaincre les catholiques ?) qu’il faut devenir super-progressistes parce qu’on a vu un film avec un pape marxiste-léniniste favorable aux LGBT (ou, encore plus dingue, aux femmes).

      Moi j’aime bien la science-fiction, m’enfin faut quand même que ce soit un peu crédible.

    • Et dans le genre truc du moment, on a aussi vu Juré n°2, de Clint.

      Point positif : le vieux Clint arrive à te tenir en haleine tout le long avec son dilemne moral et son filmage très classique et sans (trop) de chichi (les plans avec la statue de la justice, c’est un poil cucul, tout de même). Sans doute parce que Nicholas Hoult et Toni Collette, ils savent un peu jouer la comédie.

      Par contre j’ai tiqué sur le scénario après le film. Parce que, à cause de fin en cliffhanger et son sujet, on est bien obligé de réfléchir un peu après le film, et dès qu’on commence à y penser, le scénario ne tient vraiment pas la route : la procureure sûre de son coup et l’avocat de la défense qui n’a trouvé aucun biais sérieux dans les « preuves », alors que le flic-fleuriste résoud quasiment toute l’affaire dès le premier soir de la délibération en se procurant des documents improbables (en dehors des horaires de bureau, en plus), puis le même flic qui, une fois dégagé de son obligation de ne pas enquêter (et donc pourrait cette fois finir l’enquête), disparaît totalement du film, puis la procureure qui a des doute qui, à son tour, résoud quasiment l’affaire toute seule, puis la procureure qui vient de retrouver la voiture du vrai coupable et sort persuadée que la femme vient de lui mentir, mais décide curieusement de ne pas aller plus loin, etc. le truc est franchement invraisembable.

      Or c’est embêtant, parce que le film veut à la fois suggérer un système judiciaire américain défaillant et en même temps poser le problème moral du héros, mais le fait donc avec un « cas pratique » qui n’a rigoureusement aucun sens. Du coup on se retrouve avec un aspect très « sérieux » – le film qui pose des questions –, mais dès que justement on se pose les questions, on se rend compte que ça ne tient pas debout.

      Et sinon, je ne l’ai pas vu noté, mais il y a deux coups bas en passant contre ce que je suppose être la cancel culture et meeto : il y a deux jurys présentés comme parfaitement crétins (vraiment, il n’y a aucune autre développement dans leur personnage que le fait qu’ils sont crétins et ridicules) – une jeune femme façon influenceuse de tutos beauté qui grosso modo, veut coller perpète à l’accusé juste parce qu’il parle mal à sa copine, et l’homme qui veut être un allié et qui répète exactement la même chose. L’autre coup bas, c’est que si la procureure est (initialement) aussi pressée de faire condamner l’accusé sur un dossier mal ficelé, c’est parce qu’elle fait campagne pour devenir District attorney sur le thème « je vais protéger les femmes ». Merci Clint, c’est bien vu… D’habitude le méchant D.A. fait campagne pour faire condamner un afro-américain parce que c’est un gros raciste, c’est sympa ce changement de perspective rafraîchissant avec une femme qui fait condamner un homme blanc innocent à cause de meeto… (Après, signe encore d’un script mal branlé, ce même personnage de Toni Collette devient au contraire le personnage positif du film.)

    • Pas vu grand chose ces vacances, on n’a pas eu le temps. Avec les enfants, au rayon des classiques, on n’a vu que Butch Cassidy and the Sundance Kid (1969), avec Redford, Newman.

      Toujours marrant de re-constater que l’image de l’affiche du film est la dernière image (mythique) du film.