Articles repérés par Hervé Le Crosnier

Je prend ici des notes sur mes lectures. Les citations proviennent des articles cités.

  • Mort de Jean-Marie Le Pen : « Le jour de gloire »… Se réjouir d’un décès est-il plus acceptable sur les réseaux sociaux ?
    https://www.20minutes.fr/societe/4132413-20250108-mort-jean-marie-pen-jour-gloire-rejouir-deces-plus-accept
    https://img.20mn.fr/JP04C0XjSXmDpj8pcrgr3ik/1444x920_jean-marie-le-pen-the-national-front-fn-far-right-launched-its-mun

    dilemme•De nombreux internautes se sont félicités mardi de la mort de Jean-Marie Le Pen, le fondateur du Front national. Se réjouir d’un décès est-il plus acceptable sur les réseaux sociaux que dans la « vraie » vie ?
    La mort à 96 ans de Jean-Marie Le Pen, leader de l’extrême droite française sur plusieurs décennies, a entraîné des commentaires enjoués sur les réseaux sociaux.
    La mort à 96 ans de Jean-Marie Le Pen, leader de l’extrême droite française sur plusieurs décennies, a entraîné des commentaires enjoués sur les réseaux sociaux.  - NICOLAS MESSYASZ/SIPA
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    Octave Odola

    Octave Odola

    Publié le 08/01/2025 à 10h17 • Mis à jour le 08/01/2025 à 10h17
    L’essentiel

    Jean-Marie Le Pen, figure de l’extrême droite française et fondateur du Front National, est mort mardi à l’âge de 96 ans.
    De nombreuses réactions de joie ont afflué sur les réseaux sociaux à l’annonce de la disparition du père de Marine Le Pen, connu notamment pour ses idées racistes et négationnistes.
    D’où cette question sensible : peut-on se réjouir de la mort d’une personne ? Éléments de réponse avec Olivier Ertzscheid, enseignant-chercheur à l’université de Nantes en sciences de l’information et de la communication.

    L’alerte AFP est tombée peu avant 13 heures mardi : Jean-Marie Le Pen est mort à l’âge de 96 ans. L’annonce de la disparition du leader d’extrême droite, fondateur du Front national, a initié un flot de réactions. De Jordan Bardella au Premier ministre François Bayrou, de François-Xavier Bellamy à Jean-Luc Mélenchon, les responsables politiques ont dégainé leurs tweets, aux tonalités bien différentes selon leur couleur politique. Philippe Poutou s’est ainsi payé le défunt père de Marine Le Pen : « C’est dingue les vœux, ça marche ! L’année 2025 ne commence pas trop mal avec cette bonne nouvelle. »

    Et la joie de l’ancien candidat NPA aux deux dernières élections présidentielles n’est pas un cas isolé. Sur X, on a vu fleurir les expressions « Le jour de gloire est arrivé » ou « quelle belle journée », tandis que TikTok a opté pour « Nous y est » [que l’on peut traduire par « enfin »]. Toutes ont trusté les tendances du jour sur les réseaux.

    « Puis, y’a du soleil dehors en plus ? Non vraiment quelle bonne journée », « C’est aujourd’hui le jour de fête nationale on supprime le 14 juillet », pouvait-on aussi lire. Mais alors, si se réjouir de la mort de quelqu’un est « heureusement » possible, il faut s’interroger sur « cette espèce de pulsion qui nous pousse à partager en ligne cette réjouissance », estime Olivier Ertzscheid, enseignant-chercheur à l’université de Nantes en sciences de l’information et de la communication.
    Un « effet de concurrence »

    Pourquoi un tel affichage sur les réseaux sociaux ? « Les plateformes survisibilisent ce genre de messages, poursuit l’enseignant. Elles savent que cela va entraîner des dynamiques virales quasi automatiques car il y a de l’affectif et de l’instantané. Elles vont aussi encourager la documentation mémorielle ». Et donner à chacun l’occasion d’afficher son camp en public. « C’est l’occasion de contextualiser une partie de son histoire, de renforcer son sentiment d’appartenir à un collectif. »

    Contre-hommages, gifs humoristiques, litanies de condamnations judiciaires ont donc rythmé la journée de mardi en ligne. Avec, en sous-titre, l’idée que se taire serait une faiblesse. « On observe un effet de concurrence intentionnelle sur les réseaux. Si on combattait Jean-Marie Le Pen et qu’on ne prend pas la parole, on intériorise le fait de laisser la parole aux soutiens adverses », analyse Olivier Ertzscheid.
    « Des paroles d’ordinaire contenues par le jeu social »

    L’affrontement de mardi entre les heureux du jour et les partisans du « Menhir » s’est joué avec une intensité propre aux interactions sur les réseaux sociaux… et au sujet de la mort. « Quand on évoque une personne décédée, on peut passer d’une émotion à l’autre et parfois suréagir », déroule l’expert. Il évoque l’« effet d’habitacle » des réseaux sociaux, ce - faux - sentiment de se sentir à l’abri qui libère la parole, notamment sur la mort. « Ces paroles vont d’ordinaire être contenues par le jeu social. Les schémas habituels de communication avec un tiers sont explosés. » Autrement dit : les personnes qui ont écrit sur les plateformes leur joie après la mort de Jean-Marie Le Pen auraient-elles été aussi nombreuses à le crier en public au milieu de la rue ? Des rassemblements se sont tenus mardi soir dans quelques grandes villes de France. « Il est mort, il est mort ! », ont scandé des manifestants venus boire du champagne et craquer des fumigènes à Paris, place de la République.

    Quoi qu’il en soit, trouver acceptable de se réjouir de la disparition d’une personne n’est pas une exception française. Au Royaume-Uni, une étude YouGov publiée par The Guardian en 2021 montrait que plus de la moitié des Britanniques estimaient possible d’applaudir la mort d’une personne.

    #Médias_sociaux #Jena-Marie_Le_Pen #Olivier_Ertzscheid #Effet_habitacle

    • Se poser la question de se réjouir de la mort du tortionnaire qui a relancé l’extrême-droite raciste et antisémite sans que cet aspect face partie des explications (c’est uniquement mentionné dans le chapeau « L’essentiel », pas dans le texte lui-même), ça me semble carrément lunaire.

      Sinon, aussi, pourquoi la question n’a pas fait l’objet d’un article à la mort de Hassan Nasrallah ou de Yahya Sinwar, qui ont été assez largement célébrées sur les réseaux ? Je fais le pari que la question se poserait à nouveau soudainement si une partie des interwebz célébrait la mort de Netanyahu.

      Je trouve cette histoire de « concurrence intentionelle sur les réseaux », ici, un peu insultante. Les réseaux sociaux, malgré les défauts qu’on leur prête, restent des réseaux sociaux, justement, où l’on fait tout de même un peu société (et comme tu t’en doutes : pour moi, particulièrement sur Seenthis). Donc on n’a pas à faire « concurrence », mais on a bien le droit d’y chercher un petite communion dans la célébration d’une des très rares bonnes nouvelles du moment.

    • Bien sûr qu’il faut se réjouir. Mais l’afficher ?
      Tu as raison aussi sur la différence des articles selon la personne dont on se réjouit du décès, même s’il faut également prendre en compte cette bonne vieille règle des médias : l’intérêt est inversement proportionnel au carré de la distance.
      Enfin, je pense que tu as tort sur la question des réseaux sociaux.
      Les réseaux sociaux sont des réseaux intentionnels, des relations de personnes pour des raisons (familiales, politiques, travail,...). Or cet aspect qui était présent aux débuts des médias sociaux n’existent plus. Le petit village de Seenthis fait exception.
      C’est pourquoi depuis des année je parle précisément de « médias sociaux » : des médias organisés par un centre avec ses algorithmes et qui diffuse le travail caché de ses usagers.... comme bon lui semble (i.e ; si cela l’arrange - produire de l’engagement - et non si cela arrange l’usager qui a choisi ses « amis » à suivre comme dans Seenthis). Un détournement du langage pour cacher leur réalité économique (comme le détournement de « communauté » pour dire « sujets » ou « obligés » qui fut un temps le lingo majeur de tous ces médias).

    • L’extrême droite et le « respect » des morts
      https://contre-attaque.net/2025/01/10/lextreme-droite-et-le-respect-des-morts

      Le 7 janvier, après la mort de Jean-Marie Le Pen, des scènes de liesse et des feux d’artifice ont éclaté dans toute la France. La fête était-elle justifiée alors que le Jean-Marie Le Pen s’est éteint tranquillement, dans son lit, riche, entouré et impuni, et que clan Le Pen est plus puissant que jamais et que ses idées sont déjà au pouvoir ? La question mérite d’être posé.

      Jean-Marie Le Pen c’était ça :
      https://seenthis.net/messages/600166#message905896