Metropolitiques

Métropolitiques est une revue électronique créée pour favoriser les débats et confronter les savoirs et les savoir-faire sur la ville, l’architecture et les territoires

  • Comment reconstruire le #Liban ?
    https://metropolitiques.eu/Comment-reconstruire-le-Liban.html

    Mona Fawaz, professeure à l’Université américaine de #Beyrouth, revient dans cet entretien sur les destructions qu’a subies le Liban à la fin de l’année 2024. Elle compare les événements récents avec d’autres vagues de #destruction et analyse les changements des acteurs et des modèles de #reconstruction du territoire. Entretien réalisé par Éric Verdeil le 15 décembre 2024. Le 8 octobre 2023, en réaction aux représailles d’Israël, puis à la #guerre totale, contre les Palestiniens à Gaza, le #Hezbollah a réouvert #Entretiens

    / Beyrouth, Liban, reconstruction, destruction, Hezbollah, guerre

    https://metropolitiques.eu/IMG/pdf/met-entretien-fawaz.pdf

    • #nos_valeurs européennes : « l’État libanais, qui doit de l’argent à l’Union européenne dont certains pays ont fourni des bombes à Israël »

      Les dommages sont majeurs. Entre l’Union européenne, qui a beaucoup financé ce genre de projets, et l’État libanais, qui doit de l’argent à l’Union européenne dont certains pays ont fourni des bombes à Israël, un dialogue devrait s’ouvrir.

    • @arno tu m’as devancé, j’allais ajouter cet extrait. Alors, j’en mets un autre !

      Pour moi, c’est la très grosse différence avec ce qui s’est passé en 2020 après l’explosion du port de Beyrouth. Toutes les ONG qui sont venues reconstruire Mar Mikhaïl, où sont-elles aujourd’hui ? Elles se sont très vite mobilisées, en 2020, dans les espaces où le HCR des Nations unis a impliqué son Refugee Response Group. On a organisé des appels aux dons pour la reconstruction. Et puis toutes les ONG, libanaises et internationales, se sont réparti les quartiers à reconstruire. Aujourd’hui, on ne voit rien de tout ça.

    • Cette reconstruction a été prise en charge par une société foncière, Solidere, redevable à ses actionnaires, pas aux citoyens libanais. […] avec pour seul but de ramener plus de profit aux actionnaires de la société foncière. Mais ce n’est pas la faute de la société foncière, mais de l’État. Finalement, l’État au Liban, c’est une pieuvre d’intérêts privés qui utilise les pouvoirs publics pour reproduire le système du clientélisme confessionnel.

      La phrase « Mais ce n’est pas la faute de la société foncière, mais de l’État. » n’est pas bien claire : la société foncière, c’est Solidere ; Solidere c’était Hariri ; et Hariri c’était l’État. Est-ce que c’est ce qu’elle veut dire avec la « pieuvre d’intérêts privés » ensuite ? Ça gagnerait à être explicité.

      Par ailleurs, peut-être rappeler un des thèmes principaux de Georges Corm et de Charbel Nahas : l’« idéologie de la reconstruction » est justement ce qui a permis de justifier et masquer l’immense hold-up sur les finances libanaises sous Hariri père (de mémoire la reconstruction elle-même n’aurait coûté que quelques milliards de dollars, mais aurait généré une dette odieuse – notamment auprès des élites libanaises – de plusieurs dizaines de milliards), ce qui se termine aujourd’hui par la faillite complète de l’État libanais.
      https://tokborni.blogspot.com/2007/01/les-racket-de-la-dette.html

      Il y a aussi cette idée qui circule assez largement au Liban depuis l’effondrement de la livre libanaise et la faillite de l’État, selon laquelle cet effondrement serait directement lié à une volonté internationale (pilotée donc par les États-Unis, mise en œuvre par les pays du Golfe) de faire définitivement pression sur le Liban pour, de manière interne, éliminer les armes du Hezbollah. L’idée serait que l’économie et la dette étaient régulièrement soutenus par les donateurs et prêteurs étrangers, et que l’effondrement serait venu d’une décision politique de ne plus reconduire ces soutiens. Je ne sais pas à quel point c’est vrai (même si des menaces explicites avaient été formulées précédemment), mais c’est une idée qui circule beaucoup au Liban. Et dans cette logique, la reconstruction elle-même, cette fois, risque d’être conditionnée à un ultimatum d’éliminer les armes du Hezbollah. Ce qui, pour de nombreux libanais, constituerait le fondement de « la très grosse différence » évoqué ci-dessus.

      (Au fait, comme je voudrais pas avoir l’air de critiquer : merci @rumor pour cette excellente interview de Mona Fawaz !)

    • @ARNO de rien, ses analyses sont toujours super et son engagement admirable, c’est un plaisir d’échanger avec elle. L’entretien était très long, on a du couper plusieurs points très intéressants. Je vais les mettre en ligne sur mon blog bientôt !