ARNO*

I’m very careful, you know, when I walk downstairs, like I’m on stairs, like these stairs, they’re very… I walk very slowly.

  • « La France a fait des centaines d’Oradour-sur-Glane en Algérie » : l’Arcom va instruire les propos de Jean-Michel Aphatie
    https://www.leparisien.fr/culture-loisirs/la-france-a-fait-des-centaines-doradour-sur-glane-en-algerie-larcom-va-in

    Jointe par Le Parisien ce mercredi, l’Arcom (Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique) a confirmé avoir été saisie par le biais de signalements et va instruire la séquence dans le cadre de ses fonctions.

    • Mais quel pays de merde.

      Je crois l’avoir déjà raconté : c’est la lecture de L’Affaire Audin de Pierre Vidal-Naquet, que j’ai découvert grand-ado-jeune-adulte, qui m’a fait prendre conscience du fossé entre la réalité et sa représentation médiatique. Et donc, par le biais de la « mémoire » largement falsifiée, encore à la fin des années 80, dans laquelle on baignait à propos de la guerre d’Algérie (alors que tout était connu dès les années 50, le bouquin date de 58).

      Et ça continue de me sidérer de constater, régulièrement, que 35 ans plus tard, c’est toujours n’importe quoi.

    • y a que Gérard Araud pour rappeler que la crise actuelle trouve son origine dans la décision, en juillet 2024, tombée du haut de l’Olympe présidentiel de s’aligner sur la position marocaine sur le Sahara occidental ? revenant ainsi sur la position française (et du droit international, aussi) constante depuis bientôt 50 ans

    • Je viens de finir le livre mentionné par @hassan_nya et je me dis que tu ne t’étonnes même pas que la justice n’ait pas été rendue pour les gamins de Bétharram et d’ailleurs. La « république » française nourrit des monstres.

      J’en ai profité pour lire les « fiches » de quelques uns des plus odieux protagonistes de cet épisode de l’histoire. (Tous morts tranquillou quasiment dans leurs lits).
      Et je ne m’étonnes même pas, là non plus, que certains verraient d’un bon œil des actions en justice contre l’encyclopédie libre et collaborative.

    • @cie813 vient de recommander ailleurs A History of Violence in the Early Algerian Colony de William Gallois
      https://x.com/cie813/status/1894528005117989145

      Selon W. Gallois, dans un livre récent [2013] sur le sujet, la pop. ’indigène’, comptée 2 millions par recensement en 1872, peut être estimée à 4 M. en 1830. Il estime à 750k le nombre de tués, 750k les morts de faim & maladies suite à la conquête, 500k réfugiés hors des frontières.

      La population algérienne aurait donc été divisée par deux. Selon lui, ce n’est pas l’estimation la plus haute (la population était peut-être plus nombreuse en 1830, il a retrouvé une note administrative de l’époque l’estimant à 5,6 M.).

      Il insiste sur le fait que Dahra, qui a été un scandale dans toute la presse européenne, n’a pas été un événement exceptionnel. Les ’razzias’, d’abord de spoliation (pour nourrir l’armée), puis d’extermination (brûler les villages et tuer tout le monde), étaient un système.

      (les « enfumages » semblent indéniablement préfigurer les techniques nazies d’extermination par le gaz, ce qui obligerait d’éventuelles comparaisons à se faire bien plus... finement, ce qu’excluent les formats rapides façon éditorialiste tévé ; PVN plus là, faut convoquer des historiens étrangers)

      edit après Mulhouse, Retailleau et Bayrou sont décidés à exploiter à mort... le manque de soins et de lits de psychiatrie ici (autant que les algériens n’auront pas ? on leur donne déjà bien assez de n° d’écrou)

      #Algérie #colonialisme #colonialisme_français #colonisation_de_peuplement #histoire

    • https://danielbensaid.org/lhonneur-de-saint-arnaud

      François Maspéro a écrit un livre sur un des généraux de l’armée d’Afrique, Saint-Arnaud, dont la famille s’est empressée de publier la correspondance pour servir sa gloire (j’en trouve un extrait sur internet dans un article de D.Bensaïd). Comme l’explique William Gallois, ce sont les généraux et officiers eux-mêmes qui racontent la campagne de « guerre totale », déployée surtout à partir de 1840-1841 (avec l’accession de Bugeaud au poste de gouverneur-général), dans les milliers de rapports et lettres envoyées à Paris. Il suffit d’aller les lire dans les archives. Comme l’armée d’Afrique, qui atteignait 100 000 hommes, coûtait trop cher (selon les députés à Paris, l’idée était d’abord de se nourrir par spoliations systématiques des villages indigènes, d’où le terme local de « razzia », mais très vite, ces « razzias » ont pris un tour génocidaire : tuer le plus de monde possible, voler tous les troupeaux (ils donnent souvent les chiffres, astronomiques, dans les rapports : 10 000 moutons, 3000 têtes de bétail, etc), brûler les récoltes et les champs, couper tous les figuiers, oliviers, orangers (là aussi, des chiffres effarants : il est souvent question de 5000 ou 10 000 arbres fruitiers coupés), puis d’incendier les villages avec ce qui restait de la population dans les maisons (il y avait aussi viols et mutilations des cadavres). Les survivants, qui avaient réussi à fuir, mourraient souvent de froid ou de faim. Les techniques de « l’emmurement » décrite ci-dessous ou de « l’enfumage » comme dans les grottes du Dahra n’étaient que des variantes du même principe.

      Monotonie de la besogne pacificatrice en Kabylie : « Les beaux orangers que mon vandalisme va abattre ! Que ne puis-je t’envoyer cette jolie forêt-là à Noisy ! Ta femme serait bien heureuse. Je brûle aujourd’hui les propriétés et les villages de Ben Salem et de Bel Cassem-ou-Cassi… Les Kabyles ont éprouvé des pertes considérables ; nous marchons sur leurs cadavres. »

      Dure épreuve des grandeurs et servitudes militaires : « Alors je fais hermétiquement boucher toutes les issues et je fais un vaste cimetière. La terre couvrira à jamais les cadavres de ces fantastiques. Personne n’est descendu dans les cavernes : personne que moi ne sait qu’il y a là-dessous cinq cents brigands qui n’égorgeront plus les Français. Un rapport confidentiel a tout dit au maréchal (Bugeaud) simplement sans poésie terrible ni images. Frère, personne n’est bon par goût ou par nature comme moi. Du 8 au 12, j’ai été malade mais ma conscience ne me reproche rien. J’ai fait mon devoir de chef, et demain je recommencerai. »

    • La première guerre d’Algérie - Une histoire de conquête et de résistance, 1830-1852, Alain Ruscio (2024)

      La « première guerre d’Algérie » commença le 14 juin 1830 à 4 heures du matin, lorsque le premier soldat français posa le pied à Sidi-Ferruch. Les conquérants furent d’emblée confrontés à une force de résistance qu’ils n’avaient pas imaginée, dont la figure emblématique reste l’émir Abd el-Kader. S’ensuivirent deux décennies d’affrontements d’une intensité et d’une violence extrêmes.
      Le maréchal Bugeaud et bien d’autres officiers appliquèrent et souvent amplifièrent sur le terrain la politique répressive décidée à Paris par François Guizot, Adolphe Thiers, Jean-de-Dieu Soult, etc. Par milliers, les Algériennes et les Algériens furent humiliés, spoliés, déplacés, enfumés, massacrés, décapités... En 1852, Hugo décrivait cette armée française, « faite féroce par l’Algérie ». Pourtant, cette politique de terreur fut approuvée et même justifiée par de grands intellectuels de l’époque, comme Tocqueville et Lamartine. D’autres, très minoritaires, dénoncèrent la conquête, au nom de critères plus pragmatiques qu’éthiques ou politiques.
      Prélude à cent trente-deux années de présence française, la conquête de l’Algérie constitue un moment décisif dans l’émergence de l’esprit colonial – et racial – qui marqua durablement la société hexagonale, et produit encore aujourd’hui ses effets délétères. Une synthèse inédite et sans concession sur des événements aussi déterminants que méconnus.

      https://www.youtube.com/watch?v=esA_yVSQka0

      edit L’humanité dit que Apathie a raison ah ah ah.

      re
      et, bien sûr, René Vautier sur la colonisation de l’Algérie. « Au nom de la civilisation »
      https://www.youtube.com/watch?v=XjcGrhdvzKk

    • https://www.lemonde.fr/idees/article/2025/03/12/un-debat-sur-la-nature-genocidaire-du-fait-colonial-existe-parmi-les-histori

      (L’article commence très bien, mais je ne l’ai pas en entier...)

      Ces crimes bien connus ne sont qu’un aspect de la violence qui s’est exercée au milieu du XIXe siècle sur les populations algériennes. Dans A History of Violence in the Early Algerian Colony [« une histoire de la violence aux débuts de la colonie algérienne », Palgrave Macmillan, 2013, non traduit], l’historien britannique William Gallois en a exploré la dimension environnementale en proposant une histoire des « razzias » opérées par les troupes françaises.
      L’utilisation par le général Bugeaud du terme « razzia », emprunté à la langue arabe, permettait de justifier la violence coloniale comme mimétique, accréditant l’idée que les pratiques militaires françaises ne faisaient que refléter des pratiques locales. En réalité, les razzias théorisées par Thomas Robert Bugeaud n’ont rien à voir avec les raids traditionnels. Les archives militaires rapportent des destructions systématiques de vergers, des villages incendiés, des greniers à blé vidés. Les troupeaux sont particulièrement visés pour saper l’assise des sociétés pastorales et fournir en outre un butin complétant la solde de troupes mal payées. Entre 1840 et 1843, les Français auraient capturé au moins de 170 000 têtes de bétail.

      #paywall