Rumor

universitaire, géographe urbain, longue fréquentation du Liban

  • L’Assemblée nationale adopte la définition de l’antisémitisme proposée par l’Alliance Internationale pour la mémoire de l’holocauste
    https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/textes/l17t0108_texte-adopte-provisoire.pdf

    PROPOSITION DE LOI
    relative à la lutte contre l’antisémitisme, le racisme, les discriminations,
    les violences et la haine dans l’enseignement supérieur

    article 2 (p.3-4), suite à l’amendement n°55 déposé par Mme Caroline Yadan Mme Brigitte Klinkert Mme Anne-Sophie Ronceret M. David Amiel M. François Cormier-Bouligeon M. Moerani Frébault Mme Brigitte Liso Mme Annie Vidal Mme Joséphine Missoffe M. Mathieu Lefèvre M. Sébastien Huyghe M. Jean-François Rousset
    Justification :

    Le présent amendement prévoit que le référent qualifié, spécialisé dans la lutte contre l’antisémitisme et le racisme, bénéficie d’une formation incluant les formes renouvelées d’antisémitisme telles que définies par l’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste (IHRA).

    Dans un contexte où les manifestations d’antisémitisme ne cessent de se renouveler, il est indispensable que le référent qualifié précité bénéficie d’une expertise actualisée, lui permettant d’identifier et de traiter efficacement ce phénomène.

    Cet amendement vise ainsi à renforcer le rôle du référent en lui donnant les outils nécessaires à une meilleure compréhension de l’antisémitisme et à une action plus efficace, grâce à une formation adaptée aux enjeux actuels.

    (https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/amendements/1357/AN/55)
    Voir la définition sur le site de la DILCRAH
    https://www.dilcrah.gouv.fr/files/2024-01/definitionantisemite.pdf
    « L’antisémitisme est une certaine perception des juifs, pouvant
    s’exprimer par de la haine à leur égard. Les manifestations
    rhétoriques et physiques de l’antisémitisme sont dirigées contre des
    individus juifs ou non-juifs et/ou leurs biens, contre les institutions
    de la communauté juive et contre les institutions religieuses juives. »
    Le document de l’IHRA se veut cependant un guide destiné à
    mieux identifier les incidents antisémites, dont il rappelle qu’il
    peut « être exprimé par le biais de discours, d’écrits, de formes
    visuelles et d’actions, et fait appel à des stéréotypes sinistres et
    des traits de caractère négatifs. », et prendre la forme de théories
    conspirationnistes.
    Il précise également que « l’Etat d’Israël, perçu comme une collectivité juive, peut aussi être la cible de ces attaques. ».
    La courte définition est donc complétée par une série d’exemples,
    destinés à l’« illustrer » - et donc à permettre de mieux identifier
    les actes antisémites. Parmi ces exemples, sont notamment cités : « 
    les mythes sur une conspiration mondiale juive », le négationnisme,
    sous toutes ses formes (y compris l’accusation faite contre les Juifs
    et/ou Israël d’exagérer l’holocauste ».
    Parmi ces exemples, plusieurs sont en rapport avec l’Etat d’Israël.
    Attention cependant : les termes de sionisme et d’antisionisme ne
    figurent pas dans cette déclaration. Les exemples sont également formulés avec attention, afin de ne pas empiéter sur la liberté
    d’expression.
    On peut citer notamment : la négation du droit à Israël d’exister (ex :
    « l’existence d’Israël est une entreprise raciste »), la comparaison avec
    le nazisme, l’usage de stéréotypes antisémites pour caractériser Israël,
    le fait de tenir les juifs de manière collective pour responsables des
    actions de l’Etat d’Israël...etc.
    Le document précise bien, cependant que « les critiques à l’égard
    d’Israël comparables à celles exprimées à l’encontre d’autres pays ne
    peuvent être qualifiée d’antisémites ».

    #antisémitisme #antisionnisme

    • Comment l’amendement n°55 a été adopté contre l’avis du gouvernement
      https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/comptes-rendus/seance/session-ordinaire-de-2024-2025/premiere-seance-du-mercredi-07-mai-2025

      Mme la présidente

      La parole est à Mme Caroline Yadan, pour soutenir l’amendement no 55.

      Mme Caroline Yadan

      Dans la lignée du précédent, cet amendement tend à ce que le référent bénéficie d’une formation incluant la définition des formes renouvelées de l’antisémitisme adoptée en juin 2016 par l’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste (Ihra), car la définition de l’antisémitisme est mouvante : l’antisémitisme d’hier, n’est pas celui d’avant-hier ou d’aujourd’hui.
      L’Ihra, contrairement ce que j’ai entendu hier, n’est pas une officine quelconque. C’est une organisation intergouvernementale où siègent des milliers de spécialistes qui réfléchissent à toutes les questions relatives à la Shoah, à la mémoire, au renforcement de l’éducation et de la formation sur la haine des juifs. C’est l’équivalent des Nations Unies pour l’antisémitisme, où sont représentés trente-quatre États membres.
      Nous lui devons une définition de l’antisémitisme recommandée par le secrétaire général des Nations unies, puis adoptée par notre Assemblée nationale en 2019, par le Sénat en 2021. Il me semble donc pertinent que les formations destinées aux référents l’incluent.

      Mme la présidente

      Quel est l’avis de la commission ?

      Mme Constance Le Grip, rapporteure

      Vous souhaitez inclure dans le texte le fait que les formations qui seront dispensées intègrent la définition de l’antisémitisme de l’Ihra. Loin de moi l’idée de sous-estimer l’importance de cette définition opérationnelle, qui a été adoptée dans une résolution par l’Assemblée nationale en 2019, dans une autre par le Sénat en 2021, et dont le Parlement européen avait déjà reconnu la pertinence, à une très large majorité, le 1er juin 2017. Le président de la République a lui-même reconnu solennellement, en février 2019, cette définition comme étant de nature à favoriser des pratiques, des orientations et un accompagnement pertinents.
      La reconnaissance du caractère opérationnel de cette définition nous permet de rester fidèles à son esprit et à sa lettre, mais aussi d’améliorer les pratiques des agents de nos services publics comme les policiers, les gendarmes, les magistrats, nos enseignants du secondaire, du supérieur, ou de tout type d’agent susceptible d’avoir à traiter de ces questions.
      Il y a quelques années, la Commission européenne a édité un manuel d’opérationnalité de la définition, afin d’accompagner les agents, sans pour autant introduire la définition dans les législations nationales. De même, il ne nous semble pas importun de la faire entrer dans notre code de l’éducation.
      Suivant ces observations, tout en restant attentive aux propos que va tenir monsieur le ministre, je demande le retrait de l’amendement ; à défaut, avis défavorable.

      Mme la présidente

      Quel est l’avis du gouvernement ?

      M. Philippe Baptiste, ministre

      Le travail mené par l’Alliance est d’une grande qualité, mais sa définition n’est pas opposable juridiquement. Pour qu’elle puisse faire autorité, il faudrait une loi à caractère général. Ce n’est pas le cas ici. Et dans l’état actuel du droit, intégrer dans un texte une définition qui n’a pas été préalablement inscrite dans la loi affaiblit le contenu du texte.

      M. Mathieu Lefèvre

      Pourquoi ?

      M. Philippe Baptiste, ministre

      Autre difficulté : si la définition de l’Ihra devait évoluer, nous serions mécaniquement tenu par cet amendement à modifier nos formations en conséquence, sans en avoir le contrôle. Il faudrait un débat de fond sur le statut de l’Ihra afin de pouvoir avancer sur cette question. C’est donc une demande de retrait ; à défaut, avis défavorable.

      Mme la présidente

      Madame Yadan, l’amendement est-il maintenu ?

      Mme Caroline Yadan

      Oui.

      Mme la présidente

      La parole est à M. Louis Boyard.

      M. Louis Boyard

      Monsieur le ministre, vous avez formulé des remarques pertinentes. Dans le rapport qui accompagne cette proposition de loi, plusieurs critiques de la définition de l’Ihra sont formulées par des acteurs institutionnels comme la Ligue des droits de l’homme (LDH), l’Agence européenne des droits fondamentaux qui l’utilisait auparavant mais ne l’emploie plus ou la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) qui a publié deux rapports dans lesquels elle la juge notamment incompatible avec la Constitution.
      De plus, cette définition a le défaut d’employer des exemples qui ajoutent du flou au flou et elle est incompatible avec certaines normes, y compris constitutionnelles.
      Elle a été retirée dans un certain nombre de pays par des organes institutionnels sérieux. Le ministre a donc raison de dire qu’il faut faire attention aux mots que l’on emploie dans la loi et à nos votes. Nous ne sommes pas d’accord avec cette définition, nous voterons donc contre l’amendement.

      Mme la présidente

      La parole est à M. Alexandre Portier.

      M. Alexandre Portier

      Il nous semble au contraire essentiel de soutenir cet amendement. Il doit être adopté, d’une part parce qu’il faut rester cohérent avec les précédents votes de l’Assemblée nationale, du Sénat et du Parlement européen, et d’autre part parce qu’il intègre les formes renouvelées, les nouveaux visages de l’antisémitisme.

      M. Mathieu Lefèvre

      Très bien !

      M. Alexandre Portier

      La nature de nos débats l’a montré hier soir : l’antisémitisme a changé de camp et il prend très souvent le visage de l’antisionisme radical, militant, qui est prêt, par racolage électoral, à toutes les compromissions. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe DR.)

      (L’amendement no 55 est adopté.)

    • Détail des votes finaux qui ont conduit à l’adoption du texte
      La gauche socialiste et écologiste ne nous a pas déçus...

      Votes des groupes
      Rassemblement National
      Pour : 27
      Ensemble pour la République
      Pour : 28
      Non votant : 1
      La France insoumise - Nouveau Front Populaire
      Contre : 25
      Socialistes et apparentés
      Pour : 22
      Abstention : 1
      Droite Républicaine
      Pour : 8
      Écologiste et Social
      Pour : 13
      Les Démocrates
      Pour : 9
      Horizons & Indépendants
      Pour : 12
      Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires
      Pour : 8
      Gauche Démocrate et Républicaine
      Contre : 3
      UDR
      Pour : 3
      Députés non inscrits
      Pour : 1

    • il faut lire la totalité des débats, qui montre l’obsession du RN, de la droite et d’Ensemble pour la République pour les manifestations de solidarité en faveur de Gaza et pour l’application du droit international, qui sont à leurs yeux les signes de l’omniprésence de l’antisémitisme à l’université

    • Cette définition a été fortement critiquée. Voilà ce qu’en dit Eric Fassin dans Misère de l’antiintellectualisme (Textuel, 2024)

      Ses promoteurs, à commencer par Kenneth Stern, ne pensent pas que la critique de l’État d’Israël soit intrinsèquement antisémite” “cette définition n’a pas été conçue come un outil de régulation de l’expression” et déplore que des groupes de la droite juive américaine ont tenté de s’approprier cette définition pour qualifier toute antisionisme d’antisémitisme.

      “En Allemagne, son adoption entraine cependant une contradiction massive : l’élargir ainsi aux critiques d’Israël fait souvent peser l’accusation d’antisémitisme sur les juifs, en même temps qu’elle les expose davantage à l’hostilité, tant elle réprime la liberté d’expression.” p.190

      Il existe une autre définition, proposée en 2021 : la déclaration de Jérusalem : " L’antisémitisme ce sont les discriminations, les préjugés, l’hostilité ou la violence envers les juifs (ou des institutions juives parce qu’elles sont juives)”p.191

    • on pourra se reporter aussi à la critique qu’en fait Neve Gordon, juriste israélien, professeur de droit (School of Law, Queen Mary University of London)
      Antisemitism and Zionism : The Internal Operations of the
      IHRA Definition
      https://www.tandfonline.com/doi/pdf/10.1080/19436149.2024.2330821

      In this paper, I focus on the cultural and political work the IHRA definition of antisemitism carries out to explain why it has been adopted by hundreds of actors. I offer three key reasons to explain its effectiveness: First, it operates on an affective level, interpolating people who identify as Jews to also identify with Israel and Zionism; Second, it ties the right to Jewish difference with a Jewish State and Jewish sovereignty; Third, the definition provides a defence of a regime I call ‘democratic apartheid’. The analysis reveals that the IHRA definition of antisemitism serves as a counterinsurgency tool aimed at shielding Israel from resistance to its oppressive form of racial governance and, following its recent war on Gaza, from accusations of genocidal violence.

    • L’Union juive pour la Paix avait en 2019 appelé les députés, déjà, à ne pas adopter cette définition :
      Un collectif d’intellectuels juifs du monde entier appelle, dans une tribune au Monde (publiée le 2 décembre 2019), les députés français à ne pas apporter leur soutien à un texte sur la lutte contre l’antisémitisme, qui doit être débattu et voté les 3 et 4 décembre, à l’Assemblée nationale.
      https://ujfp.org/appel-de-127-universitaires-juifs-aux-deputes-francais-ne-soutenez-pas-la-prop

    • L’Assemblée nationale adopte la proposition de loi de lutte contre l’antisémitisme à l’université
      Au terme de deux jours de débats agités, les députés ont introduit le 7 mai un amendement qui promeut une nouvelle définition de l’antisémitisme, sujette à caution dans le milieu universitaire.
      https://www.lemonde.fr/campus/article/2025/05/07/l-assemblee-nationale-adopte-la-proposition-de-loi-de-lutte-contre-l-antisem

      Les débats sur la proposition de loi visant à lutter contre l’antisémitisme, le racisme, les discriminations, les violences et la haine dans l’enseignement supérieur se sont tenus dans un climat houleux, mardi 6 et mercredi 7 mai. Le texte a finalement été adopté dans la soirée de mercredi, par 131 voix pour et 28 contre – celles des groupes communiste et « insoumis ».

      Suspensions de séances, rappels au règlement, les provocations se sont multipliées, jusqu’aux insultes parfois, chaque camp accusant l’autre de chercher, « pour des raisons électoralistes », à « invisibiliser l’antisémitisme » ou au contraire à le « nourrir ».

      La proposition de loi avait pourtant été adoptée à l’unanimité au Sénat, le 20 janvier, initiée par Bernard Fialaire (Rassemblement démocratique et social européen, Rhône) et Pierre-Antoine Levi (Union centriste, Tarn-et-Garonne). Dans le rapport d’information, qui a précédé le dépôt de leur texte, les deux sénateurs avaient souligné un « antisémitisme d’atmosphère », une expression largement reprise par les rapporteurs du texte à l’Assemblée nationale, Pierre Henriet (Horizons, Vendée) et Constance Le Grip (Renaissance, Hauts-de-Seine). En commission, le 30 avril, les députés avaient néanmoins étendu le champ de la proposition de loi « à toutes les formes de racismes et de discriminations ».

      « Nouveau visage »
      Harcèlement insidieux, blagues répétées, tags anonymes : « un climat anxiogène » s’est installé dans les universités, « qui contraint parfois les étudiants juifs à s’effacer et à taire leur identité », a affirmé Pierre Henriet. Quelque 70 signalements d’antisémitisme ont été recensés depuis les attentats du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, qui relèvent en majorité de « manifestations en lien avec le conflit israélo-palestinien, mais incluent également des inscriptions, injures, menaces, apologie du terrorisme ou du nazisme, et, plus marginalement, des faits de violence », selon le ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche. Six de ces faits ont donné lieu à des procédures disciplinaires et quatorze à des signalements au procureur de la République.

      « On ne peut pas accepter que des juifs soient traités de “sales fascistes sionistes” par des jeunes biberonnés à La France insoumise [LFI] ! Vous êtes responsables de la montée de l’antisémitisme dans notre pays », a lancé Jérémie Patrier-Leitus (Horizons, Calvados) envers les bancs de la gauche, en soulignant que les personnes de confession juive représentent « 1 % de la population française et 65 % des attaques discriminatoires ».

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      Mardi, au terme d’une soirée de débat, seul le premier article du texte avait été voté : il prévoit d’inscrire la sensibilisation à la lutte contre l’antisémitisme et le racisme parmi les missions de formation des établissements. Un amendement de Caroline Yadan (Renaissance, Français établis hors de France), adopté contre l’avis du gouvernement, ajoute que ce module de formation, outre l’histoire de l’antisémitisme, couvre également « ses formes renouvelées », « son nouveau visage », car « il est maintenant aussi beaucoup d’extrême gauche, lié à la haine d’Israël », selon la députée, qui a accusé le groupe LFI de jouer aux « aveugles ».

      Une définition qui introduit « un biais notable »
      Mercredi, a été adopté l’article 2, qui renforce les dispositifs de prévention et de signalement grâce à un « référent » dédié à la lutte contre le racisme et l’antisémitisme dans chaque établissement. Un amendement de Mme Yadan, adopté là encore contre l’avis du gouvernement, prévoit que ce référent bénéficie d’une formation incluant « les formes renouvelées d’antisémitisme telles que définies par l’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste [IHRA] », une organisation intergouvernementale transnationale, qui vise à renforcer l’enseignement de la Shoah, la recherche et la mémoire.

      La définition de l’antisémitisme établie, en 2016, par l’IHRA et avalisée par deux résolutions votées à l’Assemblée nationale en 2019 et au Sénat en 2021, pose question à certains juristes, de par la difficulté qu’elle induit pour opérer une distinction entre l’antisémitisme et la critique politique de l’Etat d’Israël – à travers des exemples qu’elle fournit tels que « l’antisémitisme peut se manifester par des attaques à l’encontre de l’Etat d’Israël lorsqu’il est perçu comme une collectivité juive ».

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      Dans un rapport publié le 23 mars 2024, la rapporteuse spéciale des Nations Unies sur la promotion et la protection du droit à la liberté d’opinion et d’expression, Irene Khan, jugeait cette définition contraire à la liberté d’expression. Près de 400 universitaires, dont nombre de juifs israéliens, avaient fait une nouvelle proposition dès 2021 avec la déclaration de Jérusalem sur l’antisémitisme.

      Le ministre chargé de l’enseignement supérieur, Philippe Baptiste, s’est ainsi opposé à l’intégration de cette définition, appelant à « un débat de fond sur le statut de l’IHRA ». « Cette définition n’est pas opposable juridiquement » et l’adopter comme référence reviendra « à faire évoluer nos formations sans qu’on en ait nous-mêmes le contrôle, ce qui introduit un biais notable », a-t-il mis en garde. « Cette définition a fait l’objet d’un rejet par l’Agence des droits fondamentaux de l’Union européenne, par la Ligue des droits de l’Homme, par la Commission nationale consultative des droits de l’homme », s’est inquiété le député « insoumis » du Val-de-Marne Louis Boyard.

      Au contraire, pour le député Les Républicains du Rhône Alexandre Portier, elle est la seule à même « d’intégrer les formes renouvelées de l’antisémitisme, qui a changé de camp et prend souvent le visage de l’antisionisme militant ».

      « Motif trop large »
      Enfin, l’article 3, supprimé lors de son examen en commission, a été rétabli. Il prévoit une adaptation de la procédure disciplinaire au sein des universités pour les actes d’antisémitisme, de racisme, de violence, de discrimination et d’incitation à la haine, qui passe par l’élargissement des motifs permettant d’engager la procédure. Il instaure également une nouvelle commission disciplinaire à l’échelon des régions académiques, placée sous l’autorité des recteurs, présidée par un membre de la justice administrative, et à laquelle un président d’université pourra décider de recourir s’il ne souhaite pas utiliser sa propre juridiction universitaire.

      « Cet article va éviter que des citadelles idéologiques que sont devenues certaines universités soient juges et partie », s’est félicitée Mme Yadan. Pour le groupe « insoumis », au contraire, « cet article est là pour permettre l’amplification de la répression contre les mouvements pour la paix ». « C’est le ministre qui, par décret, va décider de qui compose cette commission académique, et l’université n’aura rien à dire », a dénoncé Louis Boyard.

      L’adoption d’un sous-amendement atténue néanmoins l’article 3. Il supprime la sanction à l’égard des « faits susceptibles de porter atteinte au bon déroulement des activités qui sont organisées [dans les établissements] ». Cette nouvelle qualification juridique, en vertu d’un « motif trop large » pourrait « brider la liberté d’expression et de manifestation universitaire », a justifié le député écologiste de l’Essonne Steevy Gustave.

    • Un aspect épatant de ce genre de loi, c’est l’effet cliquet : on ne pourra pas revenir dessus. Parce qu’une fois que la loi qui prétend redéfinir l’antisémitisme est adoptée, toute remise en question de cette loi sera elle-même considérée comme un acte antisémite.

    • Nous sommes devenus des oies forcées au gavage de lois immondes et nos foies l’offrande des socialistes et des écologistes à l’autel des fascistes et des génocidaires.