« Fermer la route, c’est se tirer une balle dans le pied » : entre Cancale et Saint-Malo, les habitants veulent sauver cet axe menacé par le sable | Le Télégramme
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Mardi 27 mai dernier, la salle qui accueillait un nouveau temps d’échange autour de l’avenir de l’Anse Duguesclin à Saint-Coulomb était archi pleine, preuve de l’attachement des Colombanais à ce site d’exception et à sa route côtière.
Le Télégramme/Sylvie Vennegues
Pour le Département d’Ille-et-Vilaine, la suppression de la RD201, dans l’anse du Guesclin, à Saint-Coulomb, est inéluctable et devrait être effective au plus tard en 2035. Des usagers du site ne partagent pas cet avis et le font de plus en plus savoir à chaque nouvelle étape de la concertation sur le futur du site.
Les habitants de Saint-Coulomb ont pleinement conscience de l’exceptionnel cadre de vie que représentent l’anse du Guesclin et ses abords proches. Aussi, quand un temps d’échange sur l’avenir du site est proposé, ils y participent en nombre, bien décidés à faire préserver cet espace naturel sensible aux multiples points de vue extraordinaires et par lequel passe une route : la RD201.
Mardi 27 mai 2025, ils étaient ainsi près de 170 dans une des salles du Phare, le centre culturel colombanais, pour un point d’étape sur la réflexion engagée par le Département sur l’avenir de l’anse du Guesclin et du littoral entre Cancale et Saint-Malo.
Paysages remarquables
Au début du temps d’échange qui faisait suite à des entretiens menés au début de cette année avec les habitants et les usagers de l’anse du Guesclin, il a été un peu question de paysages remarquables, d’aménagements naturels et intégrés, de renaturation du site, de mobilités douces. Mais surtout et très vite, les interventions dans la salle se sont concentrées sur l’avenir de la route côtière, la RD201 qui longe la dune.
« Ce que l’on sait, c’est que cette route sera recouverte, ce que l’on ne sait pas, c’est quand. À partir des phénomènes observés récemment sur le site et du travail de scientifique sur le réchauffement climatique et le recul du trait de côte, on vise 2035 », a rappelé, en préambule de l’échange de mardi dernier, Yann Soulabaille, vice-président en charge de la biodiversité, des espaces naturels sensibles et de l’eau. « On souhaite maintenir le site de l’anse du Guesclin accessible au public. Mais il nous faut trouver une alternative à la fermeture de cette route d’ici à 2035. »
« On sait qu’il va falloir la fermer »
Même son de cloche, mardi dernier, du côté de Stéphane Lenfant, vice-président du Conseil départemental d’Ille-et-Vilaine délégué aux mobilités et aux infrastructures. « Petit à petit, la dune se déplace vers la route. Cette route, on sait qu’il va falloir la fermer au niveau de l’anse du Guesclin. Pour rappel, la RD201 est empruntée en moyenne chaque jour par 4 000 véhicules ce qui ne constitue pas un trafic important à l’échelle départementale. »
Et pourquoi ne pas construire un pont juste au niveau du passage de l’anse pour maintenir la route ouverte ?
Aurore, qui habite au Verger, à Saint-Coulomb et qui emprunte la RD201 pour se rendre à son travail, a écouté mardi soir Yann Soulabaille et Stéphane Lenfant. Mais elle n’est pas d’accord avec eux. Cette Colombanaise pense « qu’il y a des solutions pour maintenir cette route. Inspirons-nous de ce qui se fait au passage du Gois, pensons à des solutions pour maintenir le sable ? »
Pour Philippe, 57 ans, aujourd’hui paysagiste près de l’anse du Guesclin, « fermer la route, c’est se tirer une balle dans le pied. Cette route peut être maintenue, techniquement et en termes de génie biologique, c’est possible. On peut agir sur le sable, sur la végétation. Pourquoi pas sinon faire construire un pont sur une courte distance, juste au niveau de l’anse, pour maintenir la continuité de la RD201 ? »
Olivier, également agriculteur à Saint-Coulomb, fait aussi partie des nombreux Colombanais opposés à la fermeture de la route dans l’anse du Guesclin. « Je ne crois pas que l’idée du Département soit de trouver des solutions pour garder la route. Ce site, on le voit bien, il ne l’entretient déjà plus. Il abandonne la digue. S’il considère que cet entretien lui coûte trop cher, au lieu de choisir de supprimer la route, ne pourrait-il pas rétrocéder la route à la commune de Saint-Coulomb alors ? »
Réunion en décembre 2025
De cette route qui traverse l’anse du Guesclin et de sa future suppression, il va assurément en être beaucoup question dans les prochains mois lors des nouvelles phases de la concertation publique autour de l’avenir de l’anse du Guesclin et du littoral entre Cancale et Saint-Malo.
La concertation autour de l’avenir de l’Anse du Guesclin va se poursuivre jusqu’à la fin 2025. (Le Télégramme/Sylvie VenneguesDepuis ce jour, 28 mai 2025, des cahiers d’acteurs de la démarche de concertation autour du littoral entre Cancale et Saint-Malo, sont disponibles via la plateforme « Je Participe » à tous les contributeurs qui le souhaitent. Ils doivent être déposés entre le 27 mai et le 15 juillet 2025.
Disponible sur le site internet « Je Participe », le questionnaire grand public peut être rempli par toute personne aussi entre le 27 mai et le 15 juillet 2025.
À noter enfin, le 12 juillet 2025, l’organisation dans l’anse du Guesclin de balades immersives et commentées. À l’automne prochain, des ateliers participatifs sur les différents scénarios seront organisés. Un bilan de l’expérimentation qui aura lieu du 15 juin au 10 septembre 2025 sera aussi fait.



