Tranbert

Scientisme, technoscience et capitalisme industriel

  • Technocritique contre technofascisme
    Pour une écologie révolutionnaire et inclusive

    https://vous-netes-pas-seuls.org/2025/07/04/technocritique-contre-technofascisme-pour-une-ecologie-revolut

    Alors que le technofascisme, cette alliance objective entre régimes autoritaires et hautes technologies, s’annonce comme notre avenir politique officiel, nous souhaitons poser des idées selon nous trop rares pour modestement participer à la résistance. Malgré un travail théorique déterminant, résister ne se fera pas uniquement sur le terrain des idées. Il va falloir se battre. Encore faut-il s’accorder sur une cible, une stratégie, et trouver des allié·es.

    Nous n’avons pas la prétention d’unir les différentes branches de l’écologie radicale, seule famille politique vraiment soucieuse de garder la Terre habitable. Ses fractures internes sont profondes, parfois pour des raisons qui nous dépassent.

    Cependant, nous constatons une percée inquiétante d’attaques violentes émanant de notre camp, contre certaines des figures, collectifs ou courants dont nous nous sentons proches. Partant de déshonneurs par associations, souvent simplistes et calomnieux, tout un pan de l’écologie radicale se retrouve banni. Des textes appellent à « élever des digues », des collectifs influents préfèrent tendre la main à l’écologie libérale.

    C’est toute l’#écologie_politique qui se retrouve désarmée. Les probabilités (déjà minces) de mettre un terme à l’extinction se rapprochent du néant. L’ambition de ce texte : refuser la dualité qui nous condamne, essayer de prouver qu’une #technocritique révolutionnaire et inclusive peut exister, afin de rendre plus efficace — ou déjà plus lisible — la lutte contre le #technofascisme et pour une Terre habitable.

    PDF fourni par les auteurs :
    https://vous-netes-pas-seuls.org/wp-content/uploads/2025/07/Technocritique-contre-Technofascisme-VF-corr.pdf

    PDF plus « sexy et stylé » :
    https://archive.org/details/vnps-technocritique

    Il semble en effet assez bienvenu de rappeler qu’il ne faudrais pas se tromper d’ennemis...

    Mais chez certains anti_fascistes postmodernes, pour qui #dire_c'est_faire, #critiquer_c'est_interdire, et de ce fait toute prise de position radicale contre la technologie est nécessairement « fasciste » "quelque part"... (car « qu’est-ce que l’on fait des gens qui... ? »)

    #ATR #Anti-tech_Resistance #critique_techno #anti-fascisme #naturiens #Naufrage_réactionnaire #Vous_n'êtes_pas_seuls

    • Comme le rappelle brillamment Dufoing dans la conclusion de son Écologie radicale : « que l’on adhère ou pas aux corpus d’idées, de principes et de valeurs qui ont été exposés dans [son] ouvrage, qu’on les trouve éclairants, enthousiasmants, prophétiques, illuminés, critiquables ou carrément dangereux, il faudra toujours garder à l’esprit qu’ils n’ont, dans leurs intentions ou leurs objectifs, absolument rien à voir avec les idéologies morbides qui ont bouleversé le XXe siècle. Pour paraphraser la belle phrase [de] Frisch, [ou de] Brecht, ils sont nés du refus du bruit des bottes, mais aussi du refus du silence des pantoufles ».

      Nous regrettons de devoir encore rappeler cette évidence : aucun de nos courants n’a d’ambition similaire au technofascisme à abattre, et notre camp n’a pas le luxe de s’amputer de ses forces par purisme. L’écologie anti-civ, ou même anti- industrielle, pour ce qui concerne leur cadre de pensée du système techno-industriel et leur portée politique, sont des membres certes marginaux mais indissociables de l’écologique radicale. Et s’il fallait s’enquérir d’une auto- critique intestine, d’autres courants plus proches des cercles de pouvoir comme la décroissance, devrait faire l’objet d’une surveillance plus étroite.

      Pour autant, l’hostilité horizontale répétée de militants radicaux envers d’autres, jusqu’à les taxer de fascisme (leur appliquant donc logiquement les méthodes d’ordinaire réservées à l’extrême droite) est une lourde erreur, tant éthique que stratégique. En associant la critique des anti-tech au camp ennemi, les intersectionnel·les évitent ainsi soigneusement d’y répondre. Autant d’erreurs qui pourrait nous coûter le seul moyen de rendre ce monde plus juste, mais surtout habitable.

    • Pour une poignée d’entre nous, c’est d’abord l’alimentaire qui nous a fait travailler de nos mains, à commencer par la culture de fruits et légumes. Du jardin vivrier de 100 m² au maraîchage bio sur plusieurs hectares, des Côtes d’Armor à la Corse , nous avons repris contact avec les choses vivantes souvent par des séjours de type wwoofing, ou à l’invitation d’ami ·es disposant d’un terrain. Les mains dans la terre, d’une saison à l’autre, au contact de paysan ·nes et d’autres néoruraux, nous apprenons et murissons les questions de l’échelle de production, de l’équilibre entre individualisme et spécialisation des métiers agricoles. Lorsque nous désherbons un demi-hectare ou plantons dix mille poireaux à trois, nous ne sommes pas en train de fantasmer un retour idyllique à la terre. Imprégné·es des réflexions de l’Atelier Paysan79 (dont VNPS est sociétaire depuis 2023), nous voyons dans l’alimentation l’exemple typique du conditionnement de nos rapports sociaux à l’échelle de production et aux moyens techniques.

      […]

      La restauration de bâtis de plusieurs siècles renvoie le béton à sa condition presque éphémère, artificielle et consommatrice d’espace. En voyant dans les métropoles continuer de fleurir l’imposture des écoquartiers au sujets desquels nous publiions un témoignage de désertion il y a quelques mois80, nous nous demandons ce qu’il faut encore attendre comme forme de transition d’une industrie aussi lucrative que celle du BTP. Alors qu’il y a tant à faire pour restaurer des fermes ou faciliter la vie en habitat léger. Évidemment, dans la construction et la rénovation comme dans les autres activités citées, nous apprenons à faire des compromis et, surtout, avec les moyens du bord.

      Au quotidien, au-delà de notre quête d’autonomie, nous avons aussi appris à bricoler, à bidouiller, à réutiliser, également à détourner des objets dont nous héritons de leur usage premier. Réparer un moteur de pelleteuse, ressouder la remorque utilisée afin d’apporter la production au marché ou ramener le bois de chauffe pour l’hiver, trouver la panne et réparer un réseau é lectrique… Bien que moins bucoliques, la mécanique automobile, le travail du métal, le génie électrique sont des savoirs qui seront — et pour longtemps — encore loin d’être moins utiles que le bon tutorage des tomates.