BigGrizzly

Groumpf

  • Profusion d’articles pour t’expliquer que les appels à manifester à partir du 10 septembre, c’est tout issu de l’extrême-droite, à la façon dont on t’avait interviewé du Philipot jusqu’à la nausée à l’époque des Gilets jaunes.

    Tu vois, t’es encore en congés d’été, mais les journaux qui d’habitude te parlent des cambriolages et des noyés de l’été, ils savent déjà te dire de quoi sera fait la prochaine manif’ de septembre prochain, tous ensemble, tous en même temps, comme la voix de son maître qui tente de te convaincre qu’une pétition à 2 millions de signatures, ce n’est significatif de rien du tout.

    • https://www.facebook.com/debunkersdehoaxED Revenons sur l’appel au blocage du 10 septembre.
      Nous avons, hier, lancé un avertissement sur la nature réelle de ce mouvement. L’agressivité des réponses laisse songeur : collabo, bobo, bourgeois !
      « Vous allez nous refaire le coup des gilets jaunes ». Justement, les gilets jaunes étaient à l’origine un mouvement de petits patrons qui a pris de l’ampleur et qui se sont éclipsés en voyant la colère des pauvres supplanter la leur. Ce mouvement était à l’origine un pur moment poujadiste, qui deviendra plus composite par la suite.
      Le mouvement du 10 septembre a été lancé par le collectif souverainiste « les essentiels », et soutenu immédiatement par l’extrême droite. Ce n’est pas parce que quelques collectifs de gauche sont séduits par les slogans et privilégient l’action pour l’action que ça devient plus acceptable. Ce mouvement a des racines problématiques, c’est un traquenard.
      Oui tout est politique ! Citoyen ne veut pas dire dépolitisé, au contraire. Ni apolotique, ni apartisan. Ce glissement sémantique embarque du monde dans un piège grossier.
      Alors tant pis si on nous sort la carte de la bien-pensance. Nous, un mouvement populaire n’a pas besoin de s’allier avec l’extrême droite. En tenant cette ligne, nous actions déjà leur victoire prochaine. Evoquer le front populaire est une erreur, c’était un mouvement né de l’antifascisme et mai 68 n’a jamais considéré acceptable d’intégrer les rebus du SAC ou de l’OAS. JUSTEMENT. Croire que l’extrême droite sera chassée relève du vœu pieu. Elle sera présente, protégée par un prétendu apolitisme : qui sera ceux qui gâchent la fête et divisent, ce jour là ?
      Ce mouvement n’appelle même pas à une véritable grève. Il faudrait passer par des syndicats pour ça. Il n’y a pas de bouton magique pour appeler à la grève générale, et les dernières fois, nous aurions bien aimé pouvoir amorcer ce mouvement social d’ampleur.
      Il y a de quoi être en colère contre Bayrou, Macron, Retailleau, la droite d’appareil. Mais bloquer pour bloquer avec n’importe qui est une impasse.

      #nous_sachonsv

    • « Que des militants aguerris et formés politiquement refusent de rejoindre le mouvement au prétexte que des Nicolas et autres réacs y participent serait une énorme erreur. C’est précisément en venant porter des revendications sociales qu’on marginalisera les Nicolas.
      Sur ce, je vous laisse avec cette citation de Lénine. » Camille Stineau

      https://x.com/CamilleStineau/status/1948265141046288553

    • Alors, c’est quoi ce compte « debunkerdehoaxED » ? Des commis voyageurs représentants en pureté idéologique ? Je me suis pris la tête avec lui ( elle ? elles ? eux ? elleux ?) sur BlueSky hier et pour lui clouer le bec j’ai même cité du BigGrizzly ...

    • @sombre je les aimais bien iels ont très mal vieilli·es. Donneurs de leçons, intelligent·es, instruit·es, iels sachent mieux que tout le monde et iels sont les best en matière de débunkeragerie de France. L’adulation iels aiment bien.

    • Un truc que je pige pas c’est pourquoi ce truc émane ou émanerait de l’extrême droite sachant que les modes d’action envisagés et les revendications sont identifiables à la gauche (autant que je sache). Dans le cas des GJ, la revendication initiale n’était pas de cette sorte. Le fascisme doit faire appel aux masses pour parvenir au pouvoir ?

      Parfois je songe à Simone Weil et à sa Note sur la suppression générale des partis politiques.

    • En général, les bas-du-front n’aiment pas trop les manifs parce que se fighter avec les FDO ou respirer de la lacrymo, c’est pas trop leur truc. Ils préfèrent organiser des actions commando en mode sournois où ils pourront casser plus faible qu’eux. C’est ce qui se passe à Angers en tout cas avec tous ces fils de bonne famille qui tabassent du gaucho (ou supposé tel) ou bien encore des gens racisés pris isolément parmi la foule. Le facho chasse en meute et compte beaucoup sur l’effet de sidération.
      https://www.youtube.com/watch?v=WNF4Kn-ZKRU

    • Le coup du GJ = manif de facho, on nous l’a déjà faite, et ça s’est révélé faux. C’était surtout certains politiques et journalistes qui s’engouffrent dans ce genre de trouvailles pour dénigrer tout un mouvement (et a pour conséquence de mobiliser moins de monde).
      C’est vrai que se dire apolitique, souvent, ça pu. Et à raison.
      Mais si des gens de gauche s’y pointent massivement, ça va se politiser à gauche.

      Par contre, hormis cela qui ne me fait pas peur. Ca me semble une manif attentiste . Pas une action, ni une convergence de luttes. Le défaut, c’est que ça ne surprendra pas 2 fois.
      Faut autre chose. Des surprises. Au pif, prendre Arcelor-Mittal. Se rassembler à la mairie d’Ambert, ou à la piscine de Pontivy, un truc jamais fait où personne n’a prévu de plan de contre action.

    • Cet appel du 10 septembre se présente avec création de groupes locaux comme les GJ en mode « assembléiste ». Ce qui laisserait la place à des actions spontanées.

      Dans les rares assemblées de GJ auxquelles j’ai assisté ce n’était pas les idées d’actions qui manquaient, quelque part même, les pratiques paraissaient se substituer aux idées - hormis le fameux RIC qui trouvait souvent un•e porte parole.

    • La patronne de la CGT s’inquiète du 10 septembre, parlant d’un mouvement « nébuleux », d’« actions floues ».

      Les mêmes qui, après coup, se disent attristés par la faiblesse du nombre de salarié·e·s syndiqué·e·s en France…

      Comment pourrait-il en être autrement, quand cette bureaucratie syndicale évite, voire méprise, une partie de la classe ouvrière qui cherche à en découdre, avec un niveau d’expérience de la lutte proche de zéro pour beaucoup ? Certain·e·s n’ont jamais fait grève ou manifesté avant.

      Comment veulent-ils que des gens, partant de rien, s’organisent autrement que de manière « nébuleuse » ? Ils n’ont ni UD, ni UL, ni permanents syndicaux, ni imprimante, ni site internet, rien. Juste quelques comptes Facebook ou Telegram pour discuter et partager l’immense colère qui les anime.

      C’est quand même fou d’être à la tête d’un syndicat et d’attendre des gens de base une clarté revendicative et organisationnelle digne du parti bolchevique !

      Faudra-t-il désormais réciter le Manifeste du Parti communiste pour avoir le droit de lutter ?

      En lisant cette interview, difficile de ne pas penser à cette phrase de Lénine :
      « Quiconque attend une révolution sociale ‘pure’ ne vivra jamais assez longtemps pour la voir. Il n’est qu’un révolutionnaire en paroles qui ne comprend rien à ce qu’est une véritable révolution. »

      Je ne dis pas, bien sûr, que le 10 septembre sera la révolution, mais il s’agit de comprendre la logique générale derrière ces mots.

      Les syndicats auraient au contraire une carte énorme à jouer : pour eux-mêmes, mais aussi pour l’ensemble du mouvement ouvrier. À condition de tirer le bilan de leur attitude méprisante vis-à-vis des Gilets jaunes.

      Hélas, ils restent paralysés par leur propre mollesse, leur scepticisme, et surtout la crainte de participer à un mouvement qui les dépasse et les pousse à une confrontation réelle avec le pouvoir. Alors, ils bafouillent, répètent les mêmes sornettes qu’au moment des GJ, pour ne rien faire — ou faire le moins possible — et surtout pour apparaître comme des interlocuteurs « responsables » aux yeux du pouvoir. Ils tiennent à leur rôle de « corps intermédiaire »… Intermédiaire entre qui et qui ? La réponse est évidente.

      Et si demain il y’a la défaite, et que l’extrême-droite ramasse les pots cassés, ils expliqueront que les gens sont démoralisés, fatalistes… Comment pourrait-il en être autrement quand on méprise même des secteurs qui montrent une volonté de lutter, souvent sur une base de classe, en pointant du doigt le patronat et les riches ?

      Les gens s’expriment avec les moyens qu’ils ont. Ils ne sont pas politisés, ne sont pas membres de syndicats, n’ont pas été formés sur 1936 ou 68. Beaucoup ignorent jusqu’à ce que signifient « grève générale » ou « comité de grève ». C’est précisément le rôle des organisations et des militant·e·s d’aiguiller, de former, d’apporter l’expérience accumulée de décennies de luttes, de victoires comme d’échecs, pour tirer ce type de mouvement le plus à gauche possible.

      Et non les abandonner parce que c’est « nébuleux » ou qu’on ne sait pas « qui se cache derrière ». Au contraire : quand l’extrême droite, derrière les slogans du type « Nicolas qui paye » et ses appels à ne pas faire grève, boycotte ouvertement le 10 septembre, il faut mener la bataille à fond pour convaincre le maximum de travailleurs en les appuyant. Leur montrer que l’extrême droite est leur ennemie et que c’est dans notre camp social qu’ils trouveront les solutions à leurs maux.

      Bravo aux syndicats qui ont déjà exprimé des appels à rejoindre le 10/09. Ce ne devrait pas être à la patronne de la CGT d’empêcher cela, mais aux militants d’imposer démocratiquement l’orientation. Binet explique souvent qu’elle décide de rien, qu’elle suit la base, faudrait il encore la consulter réellement, déclencher une assemblée de tous les secteurs, plutôt qu’imposer déjà une forme de cordon sanitaire par en haut. Anasse Kazib