• [Des nouvelles de l’occupation du parvis de l’Hôtel de ville de Paris]
    @Utopia_56
    ▻https://x.com/Utopia_56/status/1954610740616188332

    Cette nuit, vers une heure du matin, deux hommes d’une vingtaine d’années ont uriné sur une femme #sans_abri et ses enfants, endormis à même le sol, place de l’Hôtel de Ville à #Paris.

    Les faits sont d’une extrême gravité.

    Lorsque l’un des bénévoles présents sur place s’est aperçu de la situation, les deux hommes ont pris la fuite. Deux policiers à proximité sont parvenus à interpeller l’un des agresseurs.

    L’agression semblait préméditée et les agresseurs en possession de toutes leurs capacités.

    L’enfant de six ans a reçu des gouttes d’urine sur le visage, et les couvertures de toute la famille étaient imbibées. La plus petite a 14 mois et leur mère est enceinte.

    Cette agression d’une violence inouïe s’est produite alors qu’environ 300 personnes sans abri, dont une dizaine de filles mineures isolées ainsi qu’une centaine d’enfants en bas âge, viennent de passer cinq jours et cinq nuits sur le parvis de l’Hôtel de Ville de Paris.

    Elles demandent simplement à faire respecter la loi, sortir de l’extrême précarité et à accéder à un #hébergement_d’urgence.

    Sur place, la situation humanitaire se dégrade de jour en jour.

    Sur les réseaux sociaux, des milliers de messages de haine à caractère raciste, émanant de sphères d’extrême droite, visent directement les personnes présentes sur place.

    Au vu des témoignages et de la tension ressentie sur le terrain, il apparaît évident qu’il existe un lien entre ce climat et les faits survenus cette nuit.

    Une main courante a été déposée et un signalement au procureur va être envoyé.

    Le policier en charge de la déposition n’a toutefois retrouvé aucun compte rendu de cette agression, ni trace de la personne interpellée.

    Alors que de nombreuses caméras couvrent les lieux, tous les éléments devraient être en possession des autorités pour identifier et poursuivre en justice les deux agresseurs.

    Face à l’urgence, l’État doit immédiatement assumer ses responsabilités et proposer une solution digne, cohérente et bienveillante à toutes ces personnes. Il en va de leur sécurité et de l’équilibre de notre société.

    Enfin, si l’État refuse d’agir, la Mairie de Paris a le devoir moral et humain d’apporter une réponse à cette situation.

    Ce soir sera la sixième nuit.

    #campement #police #extrême_droite #mineurs_isolés #enfants #étrangers #exilé.es

    • Au pied de la mairie de Paris, un campement éphémère cible de nombreuses attaques racistes
      ▻https://www.mediapart.fr/journal/france/120825/au-pied-de-la-mairie-de-paris-un-campement-ephemere-cible-de-nombreuses-at

      La mise à l’abri de ces familles [sic] fait suite à six jours d’occupation du parvis, au cours desquels les familles ont été la cible de violences. Dans l’arrêté annonçant l’expulsion du camp, le préfet de police de Paris fait état de « violences volontaires [...] à l’encontre des habitants du campement », arguant que l’occupation « génère des risques sanitaires et sécuritaires importants ».

      En cause, l’agression d’une famille dans la nuit du samedi 9 au dimanche 10 août. Aux alentours d’une heure du matin, deux hommes d’une vingtaine d’années se seraient rendus près des bâches sous lesquelles les familles sont installées, et auraient uriné sur une femme enceinte et ses deux enfants qui dormaient.

      Les yeux plissés par le soleil cognant et le visage fatigué, Mariam, la mère, revit la scène en boucle. Elle est réveillée par sa voisine, qui l’alerte. Les deux hommes ont uriné sur sa plus petite fille, âgée de quatorze mois, sur les vêtements de sa deuxième fille de 6 ans, et sur les couvertures, avant de s’enfuir en courant.

      Pendant leur course, les deux suspects se séparent. L’un d’entre eux est poursuivi par un bénévole, Nikolaï Posner, puis par un policier de l’équipe de surveillance. Ce dernier finit par rattraper le jeune homme quelques centaines de mètres plus loin, aux alentours de Notre-Dame de Paris. À son retour, le policier remet le suspect à ses collègues qui le transféreront dans une voiture de police ensuite. Mais selon le témoignage de Nikolaï, le policier estime tout de même qu’il sera difficile de dégager un motif pour l’inculper.

      Une enquête finalement ouverte par le parquet
      Le bénévole affirme avoir fait une déposition auprès d’une policière de l’équipe sur place, qui aurait enregistré son témoignage et son identité sur son logiciel afin de « faciliter » les suites de l’affaire. Pourtant, au lendemain de l’évènement, lorsque Nikolaï souhaite déposer une main courante auprès du commissariat, aucune trace. L’officier qui réceptionne son témoignage ne trouve aucun signe ni d’une interpellation, ni d’un contrôle d’identité, ni d’une arrestation dans le système.

      Interrogée, la préfecture de police affirme ne pas avoir d’éléments sur le déroulement des faits à communiquer, et renvoie vers le parquet. Ce dernier, après avoir pris connaissance des faits, a décidé d’ouvrir une enquête le lundi 11 août pour des faits de violences en réunion.

      Depuis les faits, Mariam ne dort plus. « Je surveille mes enfants, j’ai peur que des personnes reviennent », avoue-t-elle. La nuit suivant l’agression, « elle a marché pendant des heures », se souvient Nikolaï Posner. Sa fille ne dort plus à ses côtés, par peur que la situation se reproduise.

      Aucun policier n’est venu recueillir la déposition de Mariam avant l’expulsion. Si les bénévoles tentent de la convaincre de l’intérêt de porter plainte contre le jeune homme, elle s’y refuse, estimant que « ça ne va aboutir à rien, parce que c’est un Français ».

      Un lieu plus exposé
      Pour la plupart des bénévoles et salarié·es d’Utopia 56, cette situation s’inscrit dans un contexte d’agressions verbales et physiques à caractère raciste. Le jour suivant, un homme a proféré des injures racistes aux familles sur place, les exhortant de « retourner en Afrique ». Le passant a été repoussé par les forces de l’ordre, mais pas pour autant interpellé.

      Lors de notre passage sur place la veille de l’expulsion, les remarques racistes de la part de passants sont très régulières. « Je n’ai pas tous mes vaccins », lâche ainsi un jeune homme. Quelques minutes plus tard, un homme s’approche pour désigner le campement du doigt et lance : « Moi, je vous vire tout ça à coups de matraque, et c’est réglé. »

      Des propos choquants et loin d’être isolés, selon les membres de l’association Utopia 56. Tous témoignent d’un climat plus hostile que sur d’autres occupations qu’ils ont déjà accompagnées. « En dix ans, c’est la première fois qu’on entend autant de propos racistes et de menaces », affirme Nikolaï Posner. Cette semaine, « un homme m’a même menacé physiquement », raconte Nathan Lequeux, salarié chez Utopia 56.

      Les équipes font le lien avec la localisation de l’occupation, un lieu passant et prisé par les touristes. Les trois dernières occupations situées devant les mairies des XIe, XIXe et XVIIIe arrondissements se sont passées sans accrocs. « Dans les autres mairies, on avait du soutien des habitants des quartiers et beaucoup de dons », se souvient Nathan Lequeux.

      sur l’évacuation policière que l’on nous présente comme destinée à les protéger des fafs
      ▻https://seenthis.net/messages/1129889

      #Paris