• Vieillir dans une banlieue populaire, une triple peine et un « impensé » politique

    Dans un rapport publié en mars et intitulé « Paroles de #vieux de banlieue : des territoires du mal vieillir », l’association les Petits Frères des #pauvres relevait que la part des personnes de plus de 60 ans dans les quartiers prioritaires de la politique de la #ville (dits « QPV ») était la seule en hausse constante depuis les années 1990, et représente aujourd’hui plus de 18 % des habitants.

    En Seine-Saint-Denis, par exemple, département le plus jeune de France métropolitaine (et qui devrait le rester dans les années à venir), la population prend de l’âge, et rapidement. La part des personnes âgées de plus de 65 ans devrait passer de 12 % aujourd’hui à 17 % en 2040, selon les projections de l’Insee. Une progression particulièrement notable pour les plus de 75 ans : elles étaient 89 000 en 2019, elles seront 145 000 en 2040 (et 165 000 une décennie plus tard), soit une augmentation globale de 61 %.

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    Logements inadaptés, immeubles hauts sans ascenseurs ou avec ascenseurs régulièrement en panne, cités construites en dédale avec des marches partout, des revêtements de sol glissants… « Vieillir en banlieue, c’est la triple peine », notait le rapport des Petits Frères des pauvres, listant « la pauvreté, l’isolement et la perte d’autonomie » des plus âgés et s’alarmant de la dégradation « dans un silence inquiétant de leurs conditions de vie matérielles et affectives ». Rien, dans les cités, n’a été conçu pour les personnes âgées.

    Les habitations, d’abord. Seulement 5 % des logements sociaux sont adaptés aux personnes en perte d’autonomie, alors que, dans les quartiers prioritaires de la ville, 40 % sont occupés par des plus de 60 ans (contre 36 % dans le reste du parc social), 30 % par des plus de 65 ans (contre 27 %) et 13 % par des plus de 75 ans (contre 12 %), selon les chiffres de l’Union sociale pour l’habitat (USH, qui représente 593 organismes HLM à travers cinq fédérations). Dans dix ans, 50 % des locataires auront plus de 65 ans. « En 2013, 22 % des locataires du parc social global avaient plus de 65 ans, en 1984, 15 % : la progression est très forte », souligne Thierry Asselin, directeur des politiques urbaines et sociales au sein de l’USH.

    Second enjeu : « La ville du quart d’heure. » C’est ainsi que l’on appelle le périmètre de 500 mètres autour du logement dans lequel une personne âgée évolue. Elle ne s’aventure pas, ou peu, au-delà. « Or, dans les quartiers, la question de l’accessibilité et de la mobilité a longtemps été périphérique, raconte Anne-Claire Mialot, la directrice générale de l’Agence nationale pour la rénovation urbaine (ANRU). Lors du premier programme de renouvellement urbain, on pensait surtout jeunesse, équipements et lutte contre l’insécurité. » Résultat : peu d’espaces verts, peu de commerces de proximité, pas de services ou d’espaces destinés aux personnes âgées, des transports en commun distants et un accès difficile à la santé.

    https://www.lemonde.fr/societe/article/2025/08/11/vieillir-dans-les-quartiers-populaires-un-impense-politique_6628042_3224.htm
    https://archive.ph/B6Wfr

    La ville du quart d’heure, c’est moins un constat (relatif aux vieux) qu’une visée, destinée à faire ville à nouveau.
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Ville_du_quart_d%27heure