Néonazis, pédocriminels, masculinistes et nihilistes : enquête sur ces communautés de jeunes hommes fascinés par le mal et l’ultraviolence
[ TW masculinisme au cube : féminicides, viols, ...]
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Comme d’autres groupuscules similaires actifs sur les messageries Discord et Telegram, 764 est une communauté ouvertement sociopathe et nihiliste, un pot-pourri idéologique où cohabitent racisme, antisémitisme, #néonazisme, #masculinisme, #pédocriminalité et références satanistes. Ses participants sont pour l’essentiel de très jeunes hommes, parfois mineurs, souffrant d’importants problèmes psychologiques, qui, à travers une forme de sextorsion, contraignent des adolescentes fragiles à se scarifier ou à s’adonner à des actes sexuels violents et dégradants par webcams interposées.
Durant sa garde à vue dans les locaux de la police judiciaire de Rouen, Théo ne s’est pourtant réclamé d’aucune idéologie : il n’est pas plus néonazi que sataniste, a-t-il assuré. Ce qui l’a conduit à rejoindre 764, c’est son attirance pour le morbide. Une fascination alimentée par le foisonnement de contenus ultraviolents disponibles sur certains sites gore, où cohabitent des vidéos de tueries de masse, d’accidents, de meurtres ou d’attentats en tout genre.
Théo fait remonter sa dérive à deux ou trois ans quand, au fil de ses journées, absorbé par l’écran de son ordinateur, il a fait la découverte de 764. Pour intégrer ce groupe, a-t-il expliqué aux policiers, il faut remplir l’une de ces trois conditions : avoir tué quelqu’un et être en mesure de le prouver ; avoir tué des animaux et être en mesure de le prouver ; avoir contraint des jeunes filles à se mutiler et être en mesure de le prouver. C’est donc pour devenir membre de 764 qu’il reconnaît avoir tué deux lapins en les étouffant dans un sac et en filmant leur agonie. Et c’est dans le même but qu’il admet avoir contacté une cinquantaine de jeunes filles sur des forums d’adolescentes dépressives et suicidaires pour les amener à se scarifier.
Ce dossier n’est pas le premier du genre à intéresser la justice française. Il existe au moins un précédent, plus dérangeant encore et d’une tout autre ampleur : celui de Rohan R. Ce jeune Indien de 22 ans, issu de la classe moyenne supérieure de Bombay, vivait depuis près de quatre ans à Antibes (Alpes-Maritimes) pour y suivre ses études dans une école de commerce internationale quand il a été interpellé, en avril 2021.
Depuis la Côte d’Azur, le jeune homme administrait un autre groupe sur Discord, baptisé « CVLT » (prononcer « cult », « secte » en anglais). Il devrait être jugé en 2026 devant la cour d’assises de Paris, où il encourt la réclusion criminelle à perpétuité pour pas moins de 20 crimes et délits, parmi lesquels « torture ou acte de barbarie sur un mineur de 15 ans », « détention d’images pédopornographiques », « provocation au suicide suivie d’effet » ou encore « complicité de viol d’un mineur de 15 ans ».
