#Cancers précoces : enquête sur une mystérieuse augmentation
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Toutefois, les experts s’accordent sur ce point : ces facteurs liés au mode de vie ainsi que la hausse du dépistage ne peuvent expliquer à eux seuls l’augmentation de l’incidence des cancers précoces. « On s’est rendu compte qu’une grande partie de nos patients de moins de 50 ans ne boivent pas d’alcool, ne fument pas, ont une bonne hygiène de vie. On veut leur apporter une réponse », lance Cristina Smolenschi, oncologue spécialisée dans les cancers digestifs à l’institut Gustave-Roussy (IGR), à Villejuif. D’autres causes restent donc à débusquer. Parmi les nombreux suspects, la pollution de l’air et l’exposition aux facteurs environnementaux. « Beaucoup de recherches sont en cours à ce sujet, on sait que les polluants affectent l’épigénétique, mais on ne sait pas encore très bien comment », confirme Giacomo Cavalli.
À l’IGR, Cristina Smolenschi supervise depuis fin 2024 le programme Yoda (Young onset digestive adenocarcinoma), dont l’un des axes de recherche vise à étudier - pour la première fois - la teneur en microplastiques des graisses viscérales des patients de moins de 50 ans atteints de cancers. D’autres scientifiques s’intéressent au microbiome intestinal, certaines toxines bactériennes pouvant endommager l’ADN et favoriser les tumeurs. C’est le cas de la colibactine, une toxine produite par certaines souches d’ Escherichia coli. Les mutations qu’elle induit sont retrouvées chez environ 10 à 15 % des patients atteints de cancers colorectaux, et dans 50 % des cas chez les malades de moins de 40 ans, selon une étude américaine publiée en 2025 dans Nature.
