• Comment le tableau « Le Désespéré », de Gustave Courbet, s’est discrètement retrouvé propriété du Qatar
    https://www.lemonde.fr/culture/article/2025/10/21/comment-le-desespere-de-gustave-courbet-s-est-retrouve-propriete-du-qatar_66


    Autoportrait, dit « Le Désespéré » (entre 1843 et 1845), de Gustave Courbet. COLLECTION PARTICULIÈRE

    Faute de moyens, et pour éviter de perdre la face, les musées français jonglent désormais avec des montages juridiques pour le moins acrobatiques. A l’image de cette garde alternée du Désespéré, de Gustave Courbet, entre le Musée d’Orsay et le Qatar, révélée à la surprise générale le 13 octobre, en pleine cérémonie d’hommage à Sylvain Amic, ancien président du musée, mort brutalement en août.

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    En 2014, Monique Cugnier-Cusenier, âgée de 86 ans et sans descendance, se résout à céder le tableau. « Elle a toujours cru qu’elle vendait à une Américaine, c’était inscrit dans l’acte notarié, et il était prévu que le tableau reste en France », assure Christine Martin-Veillet, qui s’étonne que la sortie du territoire de l’œuvre soit annoncée quelques mois après la mort de la vieille dame, en mars 2025.

    Le Qatar, à l’époque, rafle à prix d’or le nec plus ultra de l’art moderne et contemporain. Malgré le secret des transactions, quelques achats spectaculaires filtrent habilement dans la presse entre 2010 et 2017, un Paul Gauguin de la période tahitienne à 300 millions de dollars, une version des Joueurs de cartes, de Paul Cézanne, à 250 millions de dollars, un Mark Rothko à 70 millions de dollars… Suffisamment pour étaler la puissance du Qatar et soigner sa légende dans le monde de l’art.

    En France aussi, l’Emirat fait une razzia dans les grandes collections françaises, notamment chez les Durand-Ruel et les Rothschild, en emportant, selon les informations du Monde, des toiles majeures d’Odilon Redon, de Claude Monet, de Pablo Picasso ou d’Yves Klein. Une partie de la collection de Claude Berri a également été discrètement déroutée en 2010 vers le Qatar, au grand dam du Centre Pompidou qui devait en être récipiendaire par le biais d’une dation voulue par le cinéaste.

    A notre connaissance, l’Emirat possède aussi des pièces d’Edouard Manet et d’Edgar Degas, prêtées au Musée d’Orsay pour l’exposition des deux peintres en 2023, et au moins deux œuvres de Gustave Caillebotte, une version des célèbres Raboteurs de parquet, ainsi que Canotiers ramant sur l’Yerres, prêtés à l’exposition « Caillebotte. Peindre les hommes ».

    https://justpaste.it/6bpzd

    Si la France avait eu la sagesse de vendre les joyaux de la couronne au Qatar, il resterait aisé d’aller les contempler pour le prix d’un séjour.

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