yohooo

Rameur orienté ketchup, ce qui le rend foutrement sourd.

  • Sur le Monde, la lutte contre la corruption, ça s’appelle une purge.
    (quand il s’agit de la #Chine).

    https://www.lemonde.fr/international/article/2025/10/24/dans-la-chine-de-xi-jinping-des-purges-sans-fin_6649088_3210.html

    Donc, l’annonce d’enquêtes pour corruption ou abus de pouvoir contre neuf hauts gradés (sur 376), ça s’appelle, une « purge sans fin ».
    Heu... Le procès Sarkozy, c’est une purge aussi ?

    #propagande #Le_Monde #purge

    • Du coup, je l’ai lu, @yohooo, et, pardon, j’ai trouvé ça plus intéressant que ce qu’annonçait ton commentaire.

      Déjà, le terme purge. Dans nos économies libres comme l’oiseau et nos états à prétention démocratique, on ne trouve pas d’appareil d’État qui gère un continent sous l’égide d’un parti unique centralisé. Sous un tel régime, on passe pas des années à instruire le procès des très rares dirigeants de haut niveau incriminés, comme on le voit parfois ailleurs par exception. Lorsqu’ils n’ont pas fait l’objet de procès politiques publics, on découvre plutôt leur disparition sur les photos. Les purges sont une modalité de préservation/construction du parti dirigeant du socialisme réel, je le tiens d’innombrables fantômes de bolcheviks qui firent la Révolution d’octobre avant d’être éliminés par le Parti. Le terme ne me semble pas usurpé. « le Parti se renforce en s’épurant » n’est pas qu’une formule du passé.

      En poste à Pékin, le journaleux parait moins nul que ceux de l’ex-Journal officiel de tous les pouvoirs au USA (https://www.lemonde.fr/signataires/harold-thibault) et nous dit :

      16 % des 376 membres et suppléants du comité central du PCC nommés en 2022 – déjà sous la domination absolue de Xi Jinping – manquaient à l’appel [parmi les 315 plus hauts cadres du Parti communiste chinois (PCC) réunis ces jours-ci].

      Bien malin qui saura démêler à l’origine de ce taux la part de corruption (probablement plus élevée : démettre ou poursuivre tous les coupables, la Chine vacillerait), de manque de discipline et d’entente féodale rompus.

      Comme la rivalité (commerciale, militaire, géopolitique) impose aux organes étasuniens de se forger des formes d’expertise, ça cause depuis là de la Chine mais aussi sans doute, en filigrane, de ce que doit être le pouvoir aux USA (toutes choses inégales par ailleurs).

      Jon Czin, ancien responsable du suivi de la Chine à la CIA avant d’être le directeur Chine au sein du Conseil de sécurité nationale américain entre 2021 et 2023, sous Joe Biden, invite à ne pas se méprendre sur la signification de ces évictions en série. « Durant ses premiers mandats, il était logique pour Xi de s’attaquer à ses rivaux, aux autres centres de pouvoir au sein de l’armée. Mais il s’en prend désormais à ceux qui devaient être ses protégés, et ce changement sème la confusion auprès d’un grand nombre. Pourtant je n’y vois pas un signe de faiblesse mais, au contraire, la preuve de sa domination continue », dit M. Czin, aujourd’hui chercheur à la Brookings Institution, à Washington.

      Ces purges, on sait que c’est également l’écume d’une longue marée qui a pour horizon une submersion de l’économie-monde, celle d’un développement économique qui « allie » centralisation politique et concurrence effrénée. Ça génère une corruption organisée tout autrement qu’ailleurs (de l’échelle micro des entreprises et des villes au sommet : l’armée). La « lutte contre la corruption » y prend d’autres traits :

      Le président chinois avait d’ailleurs ouvert l’année par un séminaire de la très puissante commission centrale d’inspection disciplinaire, l’organe d’enquête du #PCC. Il y avait affirmé que la corruption n’est pas seulement toujours présente, mais qu’elle est en hausse, au risque de soulever des interrogations sur l’efficacité des mécanismes en place. « La corruption est la plus grande menace contre notre parti »_, avait lancé M. Xi, le 6 janvier, tandis que cet organe se targuait d’avoir fait chuter 47 officiels d’un rang supérieur à celui de vice-ministre rien qu’en 2024.

      https://justpaste.it/aygsb

      Que l’État chinois, donc le Parti, cherchent à se renforcer pour mieux assumer affrontement économique et guerre militaire, je crois pas que ce soit pure propagande. D’autres sources restent évidemment bienvenues !

      #Chine #APL #armée #purges #corruption #économie #guerre_économique #État #nationalisme

    • Chine : la quête de toute-puissance de Xi Jinping
      https://www.lemonde.fr/idees/article/2025/10/24/chine-la-quete-de-toute-puissance-de-xi-jinping_6649168_3232.html

      Le dirigeant chinois est convaincu que le relâchement des élites et du strict contrôle sur la société a conduit à l’effondrement de l’Union soviétique. Arrivé au pouvoir après trois décennies d’une ouverture qui a permis la modernisation de la Chine, mais dont il considère qu’elle a aussi produit ses propres maux − corruption, idées libérales et perte de prise du parti sur l’individu −, il se donne pour mission de corriger ce qui doit l’être.

      Voilà que, sous des dehors divers, se manifeste un trait commun aux dirigeants des grandes puissances mondiales comme de nombreux dirigeants de nations de second rang. Hubris du pouvoir dans un monde qui va à sa perte.

    • Bonjour, je relis ton commentaire et j’essaye de synthétiser. Donc, tu justifies l’utilisation du mot « purge » et non « lutte contre la corruption » par :
      – L’égide d’un parti unique centralisé
      – L’hypothétique héritage d’une vision du communisme qui a théorisé le sujet de la purge / l’épuration.
      – Le manque de transparence.

      OK. C’est en effet un terme que l’on utilise peu dans nos régimes multipartites. On parle de « limogeage » ou de « destitution » lorsqu’on s’attaque à quelques personnes. De manière plus élégante, on appellera une personne en responsabilité « à démissionner ».

      Lorsqu’il faut supprimer de manière systémique un nombre important d’agents, on parle de « dissolution » ou de « regroupement » d’un organisme sous une direction dont on change le sigle. On peut aussi utiliser des arguments économiques « réduction de budget ». Ou tout simplement parler de « suppression de postes ».

      Mais on ne parle jamais de « purge ». Et la dernière fois dont on a parlé d’ « épuration » en France, c’était en 1944.