Des députés RN ont créé la polémique en prenant pour cibles des jeunes filles voilées qui assistaient mercredi, dans le public, à une séance dans l’hémicycle. Mise sous pression, la présidente du Palais-Bourbon leur a donné raison… en dépit du règlement de l’Assemblée.
On savait Yaël Braun-Pivet particulièrement amène avec ses collègues du Rassemblement national (RN). « Ce n’est pas un bon, c’est un très bon vice-président de l’Assemblée », s’extasiait-elle par exemple, en 2022, à propos de Sébastien Chenu, le lieutenant cravaté de Marine Le Pen. Mercredi 5 novembre, la présidente de l’Assemblée nationale a franchi un nouveau cap. Cette fois, en renchérissant sur un mauvais « buzz » orchestré par l’extrême droite, avec pour effet de légitimer les propos islamophobes tenus par le RN contre des enfants venus assister à une séance dans l’hémicycle.
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Prendre des photos dans l’hémicycle est pourtant strictement prohibé, seuls les photographes accrédités ayant le droit de le faire (et ils ne sont autorisés à prendre en photo les tribunes que lorsque des personnalités officielles y siègent). Ce que Yaël Braun-Pivet, dont la « première mission » est de veiller au règlement de l’Assemblée nationale, comme l’indiquent les textes officiels, n’a pourtant, semble-t-il, pas jugé bon de rappeler à l’élu lepéniste qui pourrait en théorie écoper d’une sanction.
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Cette énième polémique autour du voile n’aurait évidemment pas pris une telle ampleur politique et médiatique sans la prise de parole du quatrième personnage de l’État dans l’ordre protocolaire. Pour autant, reste à savoir comment Yaël Braun-Pivet s’est retrouvée à calquer ses indignations, souvent à géométrie variable, sur l’agenda islamophobe de l’extrême droite.