Quand je dis « Bienvenue dans les métiers de la post-édition, camarades » chaque fois qu’une nouvelle corporation du tertiaire (graphistes, juristes, devs, journalistes, etc.) commence à s’inquiéter des effets de l’IA sur son métier, ce n’est pas par cruauté, c’est très littéral : « ce qui va arriver au travail », ce n’est pas que le boulot de juriste ou de dev va disparaître. Il se trouvera simplement dévalorisé. Ceux qui possèdent des compétences désignées comme obsolètes perdront peut-être leur emploi, mais ils seront promptement réembauchés à l’usine pour devenir les assistants de machines qui, quoi qu’on raconte, ne servent pas à grand chose sans supervision humaine.
Le boulot portera un autre nom mais sera fait par les mêmes personnes, payées deux fois moins à produire vingt fois plus avec une qualité moindre.
[…]
Ça veut dire arrêter de fétichiser le respect des formes imposées, et redonner de la valeur à une réflexion manifestement personnelle, en donnant aux élèves les moyens de l’articuler avec leurs propres mots. Ça veut dire les faire lire et écrire et parler en classe, avec des ambitions modestes quant au volume mais pas quant à la qualité. Ça veut dire leur apprendre à s’exprimer avec précision et clarté, au lieu de les entraîner à produire des dissertations qu’ils n’ont pas envie d’écrire et que les profs seraient ravis de ne pas avoir à lire.
Ça veut dire permettre aux élèves de trouver leur voix, au lieu de leur apprendre à écrire comme la machine.
(Parce que je vous garantis que les enfants des bourgeois continueront à apprendre à écrire convenablement, à parler des langues étrangères, à programmer, de la même manière qu’on leur apprend toujours la musique, quand bien même devenir instrumentiste n’est plus un choix de carrière très porteur)
#IA #automatisation #travail #apprentissage #enseignement