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récoltes et semailles

  • Comme souvent, c’est bien dit :

    Un film moral se distingue d’un film politique en ce qu’il scénarise un cas de conscience. En ce qu’il met en scène les tourments de la mauvaise conscience plutôt que la situation objective qui les provoque. La tempête sous un crâne et non le chaos sous les bombes.

    – « Oui », l’impossibilité d’un film, par François Bégaudeau (LMD, nov 2025)

    • Un cinéaste israélien est-il tenu de faire des films sur Israël, et si possible en soutien au peuple qu’Israël annihile méthodiquement ? Question morale, générale, et insoluble, que la militance fébrile, peu encline à tolérer une moindre implication politique que la sienne, a déjà tranchée. Question à laquelle l’impossibilité de Oui souffle au moins une réponse technique, esthétique : si le cinéaste concerné porte l’impératif d’engagement comme une croix, mieux vaut pour lui et pour nous qu’il s’en déleste. Nous nous engageons solennellement à lui pardonner ce désengagement. Nous sommes au bord de l’y encourager. Au cas où, pour son prochain film, Lapid serait tenté de ne pas évoquer Israël ni le crime contre l’humanité en cours, qu’il ne se gêne pas. Qu’il tourne au cœur de l’Amazonie si tel est son désir. Son art gagnera à se passer de politique, et la politique se passera très bien de son art.

    • Jean Stern a très bien détesté le film pour Orient XXI : « Oui », mais non. Nadav Lapid oublie Gaza dans les brumes
      https://orientxxi.info/oui-mais-non-nadav-lapid-oublie-gaza-dans-les-brumes,8573

      Le réalisateur israélien en exil à Paris est retourné dans son pays pour y tourner Oui. Il affiche une colère louable contre son gouvernement, mais rate sa cible avec un film vaniteux et autocentré, aussi laid que la société va-t-en-guerre qu’il prétend dénoncer.