J’allais écrire un billet mais tu m’as pris de vitesse !
L’article du Point qui met le feu aux poudres : « EXCLUSIF. Pluralisme sur CNews : l’Arcom contredit frontalement RSF »
▻https://archive.is/d3b00
« On est un peu tombé des nues sur l’idée selon laquelle les temps de nuit seraient utilisés pour contourner la règle de pluralisme », explique l’Autorité. La loi ne lui impose d’ailleurs pas de contrôler les fenêtres d’exposition heure par heure, mais elle affirme le faire dans les faits en y prêtant une attention particulière. Ensuite sur la méthode. RSF a travaillé sur un seul mois, mars 2025, à l’aide notamment d’un outil qui analyse les bandeaux d’antenne. L’Arcom raisonne normalement en trimestres et non en mois. Il n’empêche, elle a fait le travail de reprendre tout ce qui est passé sur l’antenne de CNews sur le mois de mars 2025 uniquement. Son verdict est qu’il n’y a « aucun problème particulier ».
Puis Libé :
▻https://www.liberation.fr/economie/medias/tricherie-de-cnews-larcom-contredit-rsf-qui-deplore-les-denegations-du-ge
D’après l’ONG, l’extrême droite (dans laquelle elle range le RN et Philippe de Villiers) cumule 40,6% d’exposition contre 15,4% pour la gauche (LFI, PS, PCF, EE-LV) en prime time (7 heures-10 heures et 18 heures-21 heures), tandis que la nuit (minuit-7 heures), la gauche grimpe à 60,1%, contre 1,6% pour l’extrême droite. Selon l’Arcom, sur ce mois de mars 2025, sur CNews, « il y a une surreprésentation » de LFI ou du PS « de nuit comme de jour ».
Selon le gendarme de l’audiovisuel, RSF « surestime l’importance des rediffusions nocturnes en raisonnant en pourcentages, sans regarder le volume horaire total ». L’Arcom reproche en outre à RSF un biais dans la méthode : « RSF a travaillé sur un seul mois, mars 2025, à l’aide notamment d’un outil qui analyse les bandeaux d’antenne. L’Arcom raisonne normalement en trimestres et non en mois », est-il rapporté dans le Point.
[...]
Autre dimension occultée selon l’ONG, son étude sur la diversité des sujets traités. En mars 2025, la guerre en Ukraine constitue le sujet principal pour BFMTV, France Info et LCI, alors que sur CNews, la thématique de l’insécurité en France « se hisse largement » comme thème numéro un. « Au cours du mois, la chaîne va couvrir plus d’une centaine de faits de violence, soit deux fois plus que l’ensemble de ses trois concurrentes réunies […], chiffre RSF. Les débats sur l’islamisme, les questions identitaires et l’immigration [thèmes privilégiés de l’extrême droite] y sont sept fois plus présents que sur les autres chaînes, et l’insécurité y reçoit trois à quatre fois plus de couverture. »
Et le Monde : ▻https://archive.is/ryUTJ
Surtout, RSF et l’Autorité ont eu recours à deux méthodologies différentes pour se prononcer. Pour sa part, l’Arcom s’est assuré du respect du pluralisme comme elle le fait depuis toujours, sur les bases de la loi de 1986 − et donc sur une collecte de données, fournies par la chaîne elle-même, lissées sur trois mois. De son côté, l’ONG a fait ses calculs en appliquant la décision du Conseil d’Etat du 13 février 2024, qui a débouché sur une délibération de l’Autorité elle-même au mois de juillet suivant − celle-ci stipule que le pluralisme s’apprécie, pour les chaînes d’info, sur la durée d’un mois, et à partir d’un « faisceau d’indices » susceptibles de montrer un « déséquilibre manifeste et durable ».
D’ici à quelques jours, le temps de constituer un argumentaire complet (plusieurs dizaines, voire quelques centaines de pages), l’organisation effectuera une saisine de l’Arcom en bonne et due forme, comme n’importe quel citoyen est en droit de le faire. Depuis qu’à l’été 2024, ces nouvelles règles du contrôle du pluralisme ont été édictées, les saisines sont devenues si complexes à élaborer que l’Arcom n’en a plus reçu. Aucune jurisprudence n’existe donc encore à ce jour.