• La colère noire des salariés en grève d’Amazon Brétigny pour le Black Friday
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    En ce jour dédié à la consommation et alors qu’#Amazon France a généré 1,34 milliard d’euros de chiffre d’affaires en 2024, les grévistes souhaitent mettre la lumière sur leurs #conditions_de_travail éreintantes, leur cadence effrénée, la #surveillance accrue et le climat de peur qui règne au sein de leur usine. Ils dénoncent aussi une véritable « répression syndicale ».

    Pour l’entreprise, il serait hors de question de perdre une miette sur le planning. Au point d’imposer des #cadences intenables à ces salariés, dénoncent les grévistes. « Chaque jour, on a un quota à atteindre, on doit déballer et trier 52 cartons par heure. Et ce pendant huit heures de travail », explique Rita Taha, salariée chargée de la réception des marchandises livrées par camion et représentante SUD.

    À ses côtés, ses collègues énumèrent : « En stockage, c’est jusqu’à 320 colis par heure qu’il faut ranger sur les étagères, tantôt en haut, tantôt en bas, selon les ordres de l’ordinateur, soit une marchandise à ranger toutes les trois secondes », renchérit Bruce, salarié de l’entreprise depuis quatre ans. Des gestes physiques et répétitifs, qui lui provoqueraient des douleurs « aux poignets, aux épaules et aux genoux ». « Et au dos », soupire Lisa dans son cas. « Depuis que je travaille ici, j’ai une reconnaissance de ma qualité de travailleur handicapé », précise-t-elle.

    Les employés racontent également subir une pression des managers pour respecter le rythme. « On n’a que 30 minutes de pause. Mais regardez comment l’entrepôt est immense ! », lance Clément, un salarié gréviste, en montrant le bâtiment gris où les rangs des camions s’alignent. Avec ses 142.000 m2 de superficie, l’entrepôt de Brétigny-sur-Orge est le plus grand que possède Amazon en France. Il dénonce : « Il faut parfois compter jusqu’à dix minutes de trajet pour faire l’aller-retour jusqu’au réfectoire. Ajoutez l’attente et il ne reste à peine dix minutes pour manger. » Idem pour aller aux toilettes, selon Enzo : « Lorsque l’on revient, il faut doubler la cadence pour rattraper le retard. »

    Dans ce contexte, les #accidents_du_travail seraient récurrents. Sur son téléphone, Rita Taha montre une vidéo d’un salarié secouru par les pompiers après avoir eu un malaise à la sortie de l’entrepôt le 17 novembre. « C’est devenu habituel : les secours connaissent le chemin pour venir », dit-elle, inquiète. Clément et Enzo évoquent le cas d’un de leurs collègues en arrêt depuis plus d’un an : « Son tendon du bras s’est cassé en actionnant la manette qui immobilise les camions. A priori, il ne retrouvera plus jamais sa mobilité du bras. Et le pire, c’est qu’un accident similaire s’est déjà produit le mois d’avant ! », disent-ils. Malgré les alertes concernant ces accidents, ils assurent : rien ne change.

    La dizaine de salariés présents sous le barnum assurent qu’ils étaient bien plus nombreux le 10 septembre, lors du mouvement Bloquons Tout. Si certains manquent à l’appel ce 28 novembre, c’est par peur, assurent-ils. « On assiste à une véritable répression syndicale », s’indigne Joseph Mukoko en prenant le micro. Il y a dix jours, Mediapart révélait le cas de deux salariées bannies du site pour s’être liées d’amitié avec une déléguée syndicale CGT, relation étroitement surveillée par l’entreprise. Une plainte a été déposée.

    Une dizaine de camions de CRS encerclent désormais le groupe de 30 manifestants. Même un #drone les survole.

    #grève #logistique #travail #commerce #répression_anti-syndicale