BadOldWorld

“I’m never going back to the bad old world”, New Model Army, Justin Sullivan, 1992.

  • Sur la criminalité organisée… #Marseille, c’est le monde...

    https://mars-infos.org/sur-la-criminalite-organisee-8284

    Dans une ville comme Marseille, on observe une forte présence criminelle dans le monde politique (multipartite), jusqu’au milieu syndical et bien sûr associatif. Cependant, l’élément impérialiste, lié au monopole, à la concurrence la plus féroce et à la financiarisation, traverse aussi l’économie « parallèle » criminelle. La financiarisation de l’économie a entraîné le démantèlement de l’économie réelle, productrice de biens et services, réduite à une fraction minime de l’économie globale, et une explosion des échanges financiers à pure fin spéculative, avec un mouvement quotidien de capitaux dépassant 2 000 milliards de dollars. Le système financier est très opaque, avec la prolifération des paradis fiscaux et des innovations financières (futures, dérivés, hedge funds, etc.), rendant de plus en plus difficile la distinction entre flux légaux et illégaux de capitaux. Sur le plan social direct, nous assistons à une « lutte de classes » au sein même du crime organisé entre les anciennes bandes et une vision plus globale et transnationale. Nous assistons à une guerre entre pauvres, des masses de très jeunes autochtones à Marseille sont remplacées par de nouveaux jeunes issus d’une immigration très récente. Il n’est pas rare de tomber sur TikTok sur des annonces pour travailler dans cette économie parallèle. La sociologie bourgeoise elle-même parle d’« ubérisation » du crime organisé. Face à cela, les réponses policières à Marseille se concentrent sur des opérations spectaculaires : “nettoyage” de quartiers, saisies d’armes ou de drogue. Mais ces réponses sont souvent superficielles, répressives à court terme, sans stratégie sociale ou économique. Elles visent des jeunes, souvent issus de l’immigration, utilisés comme main-d’œuvre jetable. L’État punit les exécutants mais jamais les financiers, les logisticiens ou ceux qui profitent vraiment du système. Le phénomène des émeutes qui ont touché Marseille en 2023 (un phénomène inédit dans la ville) était lié à cette dynamique, avec des bandes de jeunes « moins » liés au crime organisé et donc « hors contrôle » [1]. La criminalité organisée contemporaine ne se limite pas à la drogue ou au racket. Le crime organisé utilise aujourd’hui des instruments de la mondialisation : logistique transnationale, blanchiment par cryptomonnaie, exploitation des zones franches, recours à des paradis fiscaux. La cybercriminalité permet d’étendre son emprise politique et économique : fraudes massives, piratage de banques ou d’entreprises, attaques par rançongiciels. C’est un moyen de gagner en pouvoir et se maintenir à la tête du réseau de prédation. Les multinationales jouent un rôle actif dans le crime organisé. Elles profitent de régimes corrompus, exploitent des ressources illégalement (forêts, minerais, pétrole), ferment les yeux sur les conditions de travail esclavagistes. Les banques blanchissent l’argent du #narcotrafic. Les entreprises par leurs chaînes d’approvisionnement, bénéficient de la traite humaine ou de la contrebande. Loin de s’opposer au crime, le #capitalisme l’intègre dans sa logique.

    #crime_organisé
    #mafia
    #Marx
    #État
    #Lutte_des_classes