Edito : La Tunisie étouffée : mais jamais réduite au silence
Cette Lettre du comité est celle d’un pays à la dérive où l’État de droit s’effrite chaque jour davantage et où la justice se transforme en un instrument de punition politique. Elle déroule, en filigrane, le récit d’une Tunisie qui se bat encore — parfois de son corps, parfois de sa voix — pour refuser l’effacement.
Tout commence avec l’urgence absolue : l’entrée dans la cinquième semaine de la grève de la faim menée par Jaouhar Ben Mbarek, dont l’état de santé connaît une dégradation alarmante. Plusieurs détenus politiques ont, à leur tour, entamé une grève de la faim — Rached Ghannouchi, Issam Chebbi, Ridha Belhaj, Abdelhamid Jlassi, Mehdi Ben Gharbia — transformant leurs corps en ultime lieu de résistance.
La réaction des autorités ? Le déni, la menace, puis les poursuites contre les avocats qui osent alerter.
Au même moment, la Lettre détaille le verdict en appel du procès du « complot », mené dans des conditions expéditives : prévenus absents, audience surprise, visioconférence imposée, juges désignés par notes de service… Ce procès, loin d’être une exception, est devenu la matrice d’un système où les militants pacifiques sont condamnés pour des statuts Facebook où les avocats sont poursuivis pour avoir défendu, et où les journalistes sont traqués à coup de décret 54.
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