« La Super Lune c’est toujours du super flan » : la dernière pleine lune de l’année est moins exceptionnelle que ce que l’on veut vous faire croire
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(...) Certains médias annoncent sur les réseaux sociaux et sur internet que la prochaine pleine lune sera spectaculaire et qu’on pourra y observer des cratères à l’œil nu... mais vous allez peut-être être déçus. La dernière pleine lune de l’année est, en effet, prévue dans la nuit du jeudi 4 au vendredi 5 décembre, à 00h14. Et si cette dernière défraie autant la chronique, c’est parce qu’elle combine deux phénomènes.
Le premier est le « périgée-syzygie », appelé plus communément « Super Lune ». Il se produit lorsque le satellite est très proche de la Terre, ce qui donne l’impression qu’il est plus gros. Ce phénomène est étudié avec l’échelle de Fred Espenak qui va de 0 (loin) à 1 (proche). La Super Lune est comprise entre 0.9 et 1.
Mais pour Olivier Sanguy, responsable de l’actualité spatiale de la Cité de l’espace à Toulouse, « la Super Lune c’est toujours du super flan. À l’œil nu, on ne peut pas voir la différence entre 0.964 et 1, et on n’a pas la mémoire visuelle d’une autre pleine lune pour comparer. »
En plus, cette Super Lune n’est ni la première de l’année, ni la plus proche de la Terre en 2025. C’est celle du mois dernier qui l’était avec 0,997 sur « l’échelle Espenak ». Et il y aura trois autres Super Lunes en janvier, novembre et décembre 2026. Donc jusque-là, rien de spectaculaire.
Une lune très haute dans le ciel
Cependant, la deuxième particularité de cette pleine lune de décembre est un peu plus complexe. À cette Super Lune s’ajoute le Lunistice, ou Lunar Standstill en anglais, appelé dans les médias Lune Froide. « C’est une subtilité de la mécanique céleste. La lune n’est jamais au même endroit, elle change de hauteur, explique Olivier Sanguy. Un cycle dure 18 ans, et là, dans la nuit du 4 au 5 décembre, elle sera très haute. »
Le phénomène, en soi, est donc rare, mais il ne faut pas s’attendre à être impressionné. « Ce n’est pas du tout comme une éclipse. Là, les gens vont sortir et vont juste voir une pleine lune haute dans le ciel, tempère Olivier Sanguy. Ce phénomène est intéressant intellectuellement, mais dire aux personnes que c’est exceptionnel, c’est survendre. Le danger, c’est qu’à force, les personnes pensent qu’on leur raconte n’importe quoi. »
Pluies d’étoiles filantes en décembre
Cette disposition lunaire ne vous coupera donc pas le souffle, et surtout, elle ne vous permettra pas d’observer des cratères à œil nu. « La pleine lune est le plus mauvais moment pour discerner les cratères, car on les voit mieux lorsqu’il y a le terminateur lunaire [ligne séparant la partie éclairée de la partie sombre de la lune, ndlr], expose Olivier Sanguy. Lorsque la Lune est éclairée de côté, cela fait des ombres portées et permet de voir les reliefs. » Ces observations peuvent être faites à l’aide d’un télescope, voire de jumelles, dans certains cas. (...)

