Articles repérés par Hervé Le Crosnier

Je prend ici des notes sur mes lectures. Les citations proviennent des articles cités.

  • IA et nucléaire, l’inquiétante course à l’atome des “apprentis Oppenheimer” de la tech
    https://www.telerama.fr/debats-reportages/ia-et-nucleaire-l-inquietante-course-a-l-atome-des-apprentis-oppenheimer-de

    Pour alimenter leurs data centers toujours plus colossaux, les géants de l’IA ont un besoin exponentiel d’énergie. Mais leur promesse d’un tout nucléaire illimité et décarboné, en plus d’être discutable, perpétue un modèle destructeur pour la planète.

    Mais ce qui se joue ici n’est qu’une miniature d’un basculement autrement colossal. De l’autre côté de l’Atlantique, le nucléaire est devenu le nouvel eldorado des maîtres de l’IA. Un chiffre suffit à donner le tournis : Open-AI, la maison mère de ChatGPT, vise une capacité de calcul de 250 gigawatts, soit l’équivalent de la consommation énergétique de l’Inde, et, pour atteindre cet objectif, a promis d’investir 1 000 milliards de dollars jusqu’en 2033. « Nous avons besoin d’électrons », a résumé Sam Altman, le patron de l’entreprise, conscient des contraintes qui pèsent sur de telles visées.

    Pour alimenter leur infrastructure démiurgique, tous les géants de la tech investissent dans les nouvelles start-up de l’atome qui tentent de se faire une place : Google dans Kairos et Elementl, Meta dans Constellation et X-Energy, OpenAI dans Oklo… Et tandis que le milliardaire techno-fasciste Peter Thiel mise sur l’enrichissement d’uranium, Microsoft travaille à relancer la centrale de Three Mile Island, théâtre du pire accident nucléaire des États-Unis, en 1979. Mais comme l’assénait le vice-président J.D. Vance lors du Sommet pour l’IA organisé à Paris début 2025, « l’avenir ne se gagne pas en pensant à la sécurité ».

    Les SMR, un vieux fantasme d’ingénieur

    L’intelligence artificielle est une aubaine pour les industriels du nucléaire. Et réciproquement. « C’est une boucle vertueuse », avance même Ludovic Dupin, directeur de l’information de la Société française d’énergie nucléaire (Sfen). Alors que les capitalisations boursières de certains poids lourds technologiques atteignent des montants extravagants — Nvidia, leader mondial des puces, vient de franchir la barre symbolique des 5 000 milliards de dollars —, l’atome représente la promesse d’une énergie illimitée, seule capable de soutenir une croissance elle aussi infinie. Dans une récente tribune pour The Economist, Chris Wright, le secrétaire à l’Énergie de Donald Trump, entrepreneur climatosceptique qui a fait fortune dans les gaz de schiste, soutient même, avec tout l’aplomb de la propagande, que « l’IA transforme l’électricité en un produit extrêmement précieux : l’intelligence. » Comme le stade ultime du capitalisme financiarisé, vendu sous les atours d’un progrès universel.

    #IA #Nucléaire