Monolecte đŸ˜·đŸ€Ź

Fauteuse de merde 🐘 @Monolecte@framapiaf.org

    • Je viens de passer sur gougueule-actu et sans hĂ©siter je partage cet article dithyrambique :

      ▻https://archive.is/k7pmC

      En ce 17 juillet 2019, le Parti socialiste, encore assommĂ© par ses dĂ©routes Ă©lectorales, rĂ©unit au SĂ©nat ses « grandes figures ». De Martine Aubry Ă  François Hollande, en passant par Bernard Cazeneuve, Jean-Marc Ayrault et Jean-Christophe CambadĂ©lis, ils sont (presque) tous lĂ . DiscrĂštement, Lionel Jospin, pour la premiĂšre fois depuis qu’il a quittĂ© le Conseil constitutionnel, en mars, se glisse parmi les « Ă©lĂ©phants ». « Il va falloir rĂ©flĂ©chir longuement » Ă  la suite Ă  gauche, lĂąche-t-il en souriant. L’ancien premier ministre, qui avait connu tous les hauts et les bas de cette gauche lors du demi-siĂšcle passĂ©, et en particulier sa propre dĂ©faite fracassante au premier tour de la prĂ©sidentielle de 2002, est mort Ă  88 ans, a annoncĂ© sa famille Ă  l’Agence France-Presse, lundi 23 mars.

      @arno peut continuer Ă  googler tranquillou : il y a encore des places dans le cimetiĂšre des #Ă©lĂ©phants.

    • pour moi, Jospin a Ă©tĂ© le fossoyeur de la gauche

      ‱ en inversant le calendrier des prĂ©sidentielles et des lĂ©gislatives
      ‱ en ignorant les signaux indiquant une probable absence au second tour
      ‱ surtout, en abandonnant piteusement le combat en pleine bataille

      J’assume la responsabilitĂ© de cet Ă©chec [et mĂšnerai le combat pour les lĂ©gislatives avant de] me retir[er] de la vie politique

    • Oui, cette gauche Ă©tait dĂ©jĂ  de droite. Et Jospin a marquĂ© un point d’acmĂ© qui dĂ©cidera de la suite, non seulement au PS, mais pour la droite comme pour l’extrĂȘme droite.

      Son gouvernement a davantage privatisĂ© de boites d’importance que les deux prĂ©cĂ©dents gouvernement officiellement de droite ; leur loi sur les 35H a permis l’annualisation du temps de travail et s’est accompagnĂ©e de dĂ©grĂšvements de cotisations pour les employeurs (c’était avant les millards du CICE, lui aussi socialiste) ; encouragĂ© l’individualisation des salaires, restaurant une hiĂ©rarchie mise Ă  mal depuis les annĂ©es 60 ; il a appliquĂ© les ordonnances JuppĂ© contre la SĂ©cu ; lancĂ© la tarification Ă  l’acte dans les hostos et augmentĂ© le forfait journalier ; instaurĂ© le PACS pour endiguer le mariage pour tous auquel il Ă©tait hostile ; n’a pas (comme promis ah ah ah) abrogĂ© les lois Pasqua-DebrĂ© ; a augmentĂ© la durĂ©e de rĂ©tention administrative dans les CRA crĂ©es par le PS ; fait adopter une Loi se sĂ©curitĂ© quotidienne qui prĂ©voyait l’incarcĂ©ration des fraudeurs "rĂ©cidivistes" dans les transports en communs ; censurĂ© une campagne de prĂ©vention sida d’Act Up ; crĂ©e des "emplois jeunes" alimentĂ©s par l’aiguillon de la faim (maintien de l’interdiction du RMI aux moins de 25 ans), et j’en oublie.

      Ce que je n’oublie pas, c’est que ce rĂ©actionnaire a dĂ©clarĂ© en 1998, Ă  l’AssemblĂ©e Nationale, en rĂ©ponse aux mobilisations massives des chĂŽmeurs et prĂ©caires de cet hiver lĂ  « Je prĂ©fĂšre une sociĂ©tĂ© de travail Ă  l’assistance ». Sur fond de chĂŽmage de masse et de prĂ©carisaton de l’emploi, c’était faire litiĂšre de 1789 (« l’assistance est une dette sacrĂ©e de la sociĂ©tĂ© ») comme de toute notion de solidaritĂ©.
      Cette fin de non-recevoir a preludĂ© au fascisant « Le travail rend libre » d’un Sarkozy en campagne. Nous en sommes encore lĂ . La tentative d’imposer 15 heures d’activitĂ© aux RSAstes le montre. Tout comme la frilositĂ© d’un mouvement des Gilets jaunes qui a mis des mois Ă  dire quelque chose de ce que vivaient ses propres participants qui Ă©taient nombreux Ă  dĂ©pendre de l’AAH, sans jamais Ă©voquer les allocs chĂŽmage ou le RSA parce que vous comprenez on est fĂąchĂ©s car on a tout bien fait comme il faut cotĂ© travail, sauf ceux qui peuvent pas hein ?

      Cette rĂ©ponse socialiste Ă  la mobilisation de l’époque, assortie de nombreuses interventions policiĂšres, s’est prĂ©value des smicards et autres travailleurs Ă  bas salaires. Les pauvres dignes travaillent. Les autres ont Ă  s’y efforcer. Et on les y aidera (Plan d’aide au retour Ă  l’emploi : contrĂŽle accru des chĂŽmeurs).
      LĂ  aussi, la responsabilitĂ© du PS CAC 40 est patente dans la progression d’une extrĂȘme droite qui, mieux que ses concurrents, fait fond sur cette « conscience sociale triangulaire » que le PS a, en pionnier, contribuĂ© Ă  forger.
      L’accusation d’ĂȘtre assistĂ©, condition infamante, est vouĂ©e Ă  peser au premier chef sur l’étranger et tout ce qui peut lui ressembler (cassos, comme le dit si bien une langue populaire elle aussi pĂ©trie d’idĂ©ologie dominante, c’est une dĂ©chĂ©ance de citoyennetĂ© ; on est citoyen -parait-il- par son travail, et pas par son implication dans la vie sociale et politique, gens de peu, abstenons-nous, et pas seulement Ă©lectoralement, ça suffit pas).

      Ni merci, ni pardon.

      Qui ne vomit pas sur cette commĂ©moration aux airs d’unanimitĂ© n’est pas un partageux.

      #gauche_de_droite #idéologie_du_travail #mentalités #conscience_sociale_triangulaire

    • Le PS c’est le mec toxique que tu n’arrives pas Ă  quitter Ă  qui tu laisses toujours une chance ! Et que c’est ta faute si il te cogne. Le lendemain il ne te demande mĂȘme pas pardon. Il a tes cojones blindĂ©s. #PlusJamaisPS

    • Jamais Ă©tudiĂ© la question mais Ă  l’époque il se disait que le tournant suprĂȘme de la trahison sociale de Jospin remontait aux accords de Barcelone de 1995 (partenariat libĂ©ral euromĂ©diterranĂ©en).

      Une analyse de 2005 Ă  lire en regard de la guerre mondiale actuelle
      ▻https://www.palestine-studies.org/sites/default/files/jq-articles/barcelone-dix-ans-apres.pdf

      D’un autre cĂŽtĂ©, les accords de Barcelone
      sont également minés par leurs non-dits.
      – Premier non-dit : les accords de Barcelone
      sont d’abord un mĂ©canisme permettant de
      contrebalancer les effets déstabilisants de
      l’émergence de l’ALENA. La MĂ©diterranĂ©e est
      en effet, avec le Rio Grande, l’un des lieux
      territorialisés de la fracture Nord-Sud.
      – Le deuxiùme non-dit, qui ne sera pas sans
      influence sur les évolutions ultérieures et sera
      influencé à son tour par elles, est la tentative
      d’outrepasser les questions de fond touchant à
      la Palestine en imposant de maniĂšre subreptice
      une « centralitĂ© » structurelle prĂ©sumĂ©e de
      l’Etat d’IsraĂ«l comme socle d’un « nouveau
      systĂšme rĂ©gional » sous le prĂ©texte d’une
      normalisation des relations d’Etat à Etat. Il
      s’agissait de tisser des liens Ă©conomiques en
      contrepartie de promesses politiques sans
      mĂ©canismes d’application garanti sous contrĂŽle
      international réel.
      – Le troisiùme non-dit tenait à la construction
      europĂ©enne elle-mĂȘme. Alors que celle-ci
      requérait un approfondissement des structures
      de l’Union, la dynamique de l’élargissement se
      mettait en branle dans la confusion et la
      prĂ©cipitation. L’Union aurait pu proposer aux
      pays d’Europe centrale rĂ©cemment libĂ©rĂ©s de
      l’emprise soviĂ©tique des modĂšles d’association
      prenant exemple sur sa propre dynamique en
      les aidant Ă  reconstruire et Ă  associer leurs
      sociétés et leurs économies, à leur propre
      rythme. Elle aurait pu prendre modĂšle sur sa
      propre expĂ©rience communautaire lorsqu’il
      s’est agi d’intĂ©grer l’Espagne, le Portugal et la
      Grùce. Elle ne l’a pas fait

      L’allocution de Jospin de 1999 : ▻https://www.vie-publique.fr/discours/196677-declaration-de-m-lionel-jospin-premier-ministre-sur-linsertion-d