Chimère israélienne, cauchemar libanais
Henri Mamarbachi > 15 avril 2026 > Orient XXI
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« Le Liban se trouve à la croisée des chemins, peut-être de façon plus dangereuse qu’à d’autres moments de sa dramatique histoire », explique à Orient XXI Joseph Bahout, professeur de sciences politiques et directeur de l’Institut Issam Farès pour la politique publique et les affaires internationales (IFI) à l’université américaine de Beyrouth (AUB). « Les Libanais éprouvent une angoisse profonde, poursuit-il. Les événements prennent une ampleur quasi cataclysmique : déplacements massifs et durables de populations, transformations sociales à venir, polarisation politique croissante, avec de grands risques de conflits internes, mettant en jeu l’avenir même du Liban. »
« Nous sommes désormais dans la m… », reconnaît crûment une personnalité proche du gouvernement sous couvert d’anonymat, ajoutant que l’exécutif ne se réunit plus que pour parer au plus urgent, notamment sur le plan humanitaire et des secours. « Le pays est fichu », renchérit Antoine Andraos, homme politique proche de l’ancien Premier ministre assassiné Rafic Hariri, excipant des divisions intercommunautaires et de l’impossible neutralité de son pays dans un environnement régional volcanique.
Côté israélien, l’heure est à l’épreuve de force. L’armée israélienne n’accepte plus les « demi-mesures » ni les « anciennes équations » au Liban, affirme sa porte-parole arabophone Ella Waweya. Elle estime que l’État libanais a « échoué dans ses missions, en ne désarmant pas le Hezbollah et en n’empêchant pas l’implantation iranienne ». « Aujourd’hui, nous frappons la tête de la pieuvre en Iran et coupons ses tentacules au Liban », a-t-elle asséné sur X, insistant sur le fait qu’Israël faisait « face à une occasion historique pour façonner une nouvelle réalité sécuritaire, de Téhéran à Beyrouth ». (...)
