• [La semaine de David Revault d’Allonnes] Intelligence artificielle : l’état d’urgence  | Le Télégramme
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    Notre chroniqueur David Revault d’Allonnes revient sur l’actualité de la semaine écoulée et s’interroge sur l’IA générative, une révolution technologique comparable à la révolution industrielle, qui menace de bouleverser le marché du travail.

    « Notre maison brûle et nous regardons ailleurs », alertait Jacques Chirac, en septembre 2002 à Johannesburg. Par cette formule demeurée illustre, il entendait alors marquer les esprits en fustigeant l’indifférence de l’humanité face à la catastrophe climatique annoncée. Un quart de siècle plus tard, le même mécanisme d’inconscience collective est à l’œuvre, cette fois à propos de l’intelligence artificielle générative.

    Ce système d’IA constitue un bouleversement technologique tel que le monde n’en a pas connu depuis la révolution industrielle du XIXe siècle. Avec, comme à l’époque, des conséquences considérables sur notre économie.

    « La plupart des tâches » de bureau pourraient être remplacées
    Pour le seul mois d’octobre, les employeurs américains ont annoncé 153 000 licenciements, dont un cinquième était justifié par le recours à l’IA. Et ce n’est là que le début. En France, seuls 3,8 % des emplois seraient aujourd’hui menacés, selon une récente étude. Mais c’est parce que nos entreprises, pour l’heure, usent peu de l’IA : en 2025, seulement 7 % des salariés y recouraient au quotidien, alors que la moitié ne s’en est jamais servie. Or, d’ici deux à cinq ans, ce sont 16,3 % de nos emplois qui seraient en péril, soit… Environ 5 millions de personnes. Il ne s’agit pas de jouer les Cassandre en prédisant une apocalypse sociale.

    Certains experts estiment d’ailleurs que l’IA redéfinira le travail, avec des gains de qualité et de productivité, plus qu’elle ne le détruira.

    Mais d’autres, plus alarmistes, en constatent déjà les conséquences. Et prédisent que les millions de « cols blancs » seront très bientôt en première ligne. Comptables, juristes, chefs de projet, traducteurs, codeurs informatiques et bien d’autres ne seront plus protégés par leurs années d’étude.

    À en croire le patron de Microsoft AI, d’ici dix-huit mois, « la plupart, sinon toutes les tâches » de bureau pourraient être remplacées. Vertigineux… Pour accompagner et réguler ce tsunami annoncé, rares sont nos politiques à présenter des propositions crédibles. Alors que Chine et États-Unis ont déjà passé la surmultipliée, l’IA devrait pourtant constituer pour nos candidats à la présidentielle de 2027, qui sont nombreux, l’une des priorités absolues. Mais pour l’heure, c’est plutôt : « Cachez cette révolution que je ne saurais voir… »