• Au Sud-Liban, une violence coloniale inscrite dans l’histoire
    Leyane Ajaka Dib Awada > 12 mai 2026 > Orient XXI
    https://orientxxi.info/Au-Sud-Liban-une-violence-coloniale-inscrite-dans-l-histoire

    Exprimée dès la genèse de l’État israélien en 1948, l’obsession israélienne envers le contrôle de sa frontière avec le Liban a profondément affecté des générations entières de Libanais·es, en particulier dans le Sud du pays qui en a été la cible et la principale victime. (...)

    • Après la Première guerre mondiale, les puissances européennes dessinent les nouvelles frontières qui découperont l’ex-Empire ottoman, alors que l’Organisation sioniste mondiale se voit promettre par les Britanniques (déclaration Balfour) un Foyer national juif en Palestine. En 1919, cette organisation préconise le détournement des eaux du fleuve Litani, situé à 30 km au nord de la nouvelle frontière avec la Palestine, vers la vallée du Jourdain. Le projet date déjà de 1899 : il vise à irriguer les colonies sionistes, et à générer de l’hydroélectricité. Au début du XXe siècle, le débit du Litani est d’environ 350 millions de mètres cubes d’eau par an. Alors que le projet sioniste se développe autour de l’acquisition de terres en Palestine mandataire, l’accès à cette ressource contribuerait à rendre rentable l’activité agricole alors subventionnée des colons. Les plans de développement sionistes des années 1930, ébauchés dans le secret et avec l’appui du futur fondateur israélien David Ben Gourion, donnent une grande importance au Litani et prévoient d’accaparer la majorité de son volume d’eau.

      L’Organisation sioniste mondiale insiste aussi depuis 1919 sur la valeur stratégique du contrôle des collines surplombant Jabal Amel, qui permettent de protéger le Golan, également convoité, et qui offrent un accès à Damas.

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