Avec la canicule, les établissements scolaires face à des températures intenables en classe : « Dans ces conditions, ça ne s’appelle plus faire cours »
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Combien sont-ils, ces établissements transformés en bouilloires thermiques par le soleil et la #chaleur ? L’éducation nationale l’ignore. La France compte 45 000 #écoles, 5 300 #collèges et 2 300 #lycées publics dont les bâtiments sont à la charge respectivement de 21 600 communes, 101 départements et 15 régions. La gestion des 9 200 établissements scolaires privés est indépendante. L’Etat, qui n’a aucune compétence sur les locaux, est aveugle sur l’état du #bâti_scolaire qui accueille chaque jour près de 12 millions d’élèves et 1 million de membres du personnel. Cet angle mort a beau être connu et déploré depuis plusieurs années, il n’existe toujours aucun panorama national.
Une chose est sûre et désormais documentée par plusieurs rapports parus ces dernières années : l’immense majorité des bâtiments scolaires ne sont pas adaptés pour faire face à la chaleur.
Le SNES-FSU, premier syndicat du secondaire, a mené un sondage auprès de 623 collèges et lycées sur les trois derniers jours (mardi, mercredi et jeudi) afin de donner un aperçu de l’ampleur du problème. Près de 78 % des établissements interrogés ont relevé plus de 30 °C en classe. Dans un établissement sur cinq, le mercure excède même les 33 °C, dans des pièces où sont réunis en moyenne 26 élèves en collège, et plus de 30 en lycée, où 20 % des classes comptent plus de 35 élèves. « On peut affirmer sans trop se tromper que la majorité des collèges et lycées sont soumis à de très fortes températures dans les salles », conclut Sophie Vénétitay, à la tête du syndicat.
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Sept ans après la #canicule de juin 2019, qui avait conduit à la décision sans précédent de reporter le brevet des collèges, ce nouvel épisode suscite des questions sur l’action des pouvoirs publics alors que les vagues de chaleur en période scolaire deviennent annuelles.
C’est aux collectivités que revient la charge de la rénovation des bâtiments et de leur protection contre la chaleur. Or, si de nombreuses actions ont été menées ou sont en cours, des milliers d’établissements restent encore dépourvus d’équipements élémentaires comme les volets aux fenêtres – qu’il n’est, par ailleurs, pas toujours possible d’ouvrir – ou les brasseurs d’air. Quant à la rénovation énergétique globale, le chantier est titanesque, et son coût est estimé entre 40 milliards et 50 milliards d’euros.
[...] [Le ministère] précise que la fermeture d’établissements scolaires est une décision locale qui doit rester « exceptionnelle et proportionnée, pour préserver la continuité du service et la continuité pédagogique ». La loi ne fixe aucun seuil maximal – ou minimal – de température pour les salles de classe.
