• #Anthony_Edo et #Hillel_Rapoport, économistes : « L’impact de l’immigration sur le #taux_d’emploi des natifs est globalement neutre »

    Dans leur essai « L’Impact de l’immigration sur le marché du travail », les deux économistes passent en revue plus d’une centaine d’études menées sur les effets de l’immigration sur le marché du travail, afin de livrer une analyse scientifique sur une question largement débattue dans le champ politique.

    Anthony Edo, chercheur au Centre d’études prospectives et d’informations internationales, et Hillel Rapoport, professeur à l’université Paris-I - Panthéon-Sorbonne et à la Paris School of Economics, soulignent, dans leur ouvrage L’Impact de l’immigration sur le marché du travail (Les Presses de Sciences Po, 144 pages, 9 euros), qu’en de nombreux cas les immigrés, de par leurs compétences productives et leurs qualifications, ne représentent pas une concurrence directe pour les natifs.
    Votre ouvrage propose une synthèse d’un grand nombre d’analyses académiques consacrées aux effets de l’immigration sur le marché du travail. A quelle conclusion arrivez-vous ?

    Hillel Rapoport. Pour étudier un tel sujet, un préalable s’impose : il faut se départir d’une approche intuitive, largement répandue. Celle-ci s’appuie sur l’idée que, lorsque l’offre d’un bien augmente sur un marché, les prix devraient baisser. Suivant cette logique, si l’on accroît la présence de travailleurs sur le marché du travail, par exemple du fait de flux migratoires, alors la compétition pour l’accès aux emplois devrait s’accentuer et les perspectives d’emploi des personnes nées dans le pays concerné diminuer, au même titre que le niveau moyen des salaires. Or ce n’est pas la conclusion à laquelle on aboutit.

    Anthony Edo. Nous constatons en effet un impact globalement neutre de l’immigration sur le salaire moyen et le taux d’emploi des natifs. L’immigration est souvent assimilée à un choc d’offre sur le marché du travail. Or, l’étude que nous avons menée nous montre que les choses sont bien plus complexes : le facteur travail n’est absolument pas homogène. Les immigrés n’ont pas forcément les mêmes compétences productives, les mêmes qualifications que les natifs. Ces derniers ne sont donc pas « remplaçables » dans de nombreux cas, et des complémentarités peuvent même apparaître entre immigrés et natifs.

    https://www.lemonde.fr/emploi/article/2026/01/22/anthony-edo-et-hillel-rapoport-economistes-l-impact-de-l-immigration-sur-le-
    #économie #impact #migrations #emploi #marché_du_travail #livre #immigration

    ping @karine4 @reka

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    ajouté à la métaliste sur le lien entre #économie (et surtout l’#Etat_providence) et la #migration... des arguments pour détruire l’#idée_reçue : « Les migrants profitent (voire : viennent POUR profiter) du système social des pays européens »...
    https://seenthis.net/messages/971875

    • L’impact de l’immigration sur le marché du travail

      Cet ouvrage analyse les effets de l’immigration sur le marché du travail, largement débattus dans le champ politique et discutés par les médias.

      Les effets de l’immigration sur le marché du travail sont largement débattus dans le champ politique et discutés par les médias. Ils intéressent aussi, et depuis longtemps, les économistes qui cherchent à savoir si des flux migratoires affectent les salaires et l’emploi au sein des pays d’accueil et, le cas échéant, de quelle manière.

      Synthèse des analyses académiques les plus pertinentes sur la question, cet ouvrage établit plusieurs faits. Ainsi, en moyenne, l’immigration n’a guère d’impact significatif sur le salaire et le taux d’emploi des natifs. Pour autant, un effet moyen proche de zéro ne signifie pas qu’il est négligeable pour tout le monde : il peut, en pratique, améliorer les opportunités professionnelles de certains et produire plus de concurrence pour d’autres.

      https://www.pressesdesciencespo.fr/FR/book/?GCOI=27246100641930