J’ai traversé la rue tout à l’heure - pas pour trouver un boulot, mais pour faire des courses, la précision est sans intérêt, mais c’est pour éviter une autre mal-compréhension - et j’ai croisé plusieurs zombies.
Ça m’a fait tout drôle. Des hommes, qui ne sourient pas, ni d’autres signes de vie intérieure, et qui avancent sans se pousser, alors qu’ils sont au milieu du passage, et que je dois m’arrêter pour les laisser passer. Dans les voitures, je vois des hommes, encore, avec le même air ahuri, voitures garées sur le parking, et eux au volant, complètement harassés. L’impression d’être dans un de ces moments où tout peut basculer dans le mauvais film catastrophe, où dans la première partie, on te filme la descente aux enfers d’un monde parfait où le héros est trop occupé pour se rendre compte de la vie parfaite qu’il vit, au milieu de cette foule trop inconsciente pour éviter la pandémie/catastrophe/fin du monde à arriver, et où tranquillement, lentement, avec un certain sadisme, le film te montre la catastrophe imminente au ralenti.
L’impression que nous y sommes, en quelque sorte.
Je devrais traverser moins souvent la rue, pour aller faire les courses en face, ça me donne des idées saugrenues.
On est tous au ralenti, donc, même avec la clim’ au bureau ou la maison bien isolée. Pour tâcher de rattraper le sujet de la conversation.