L’#IA, nouveau #risque #inassurable pour les #assureurs ?
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Comment assurer ce que personne ne sait prédire ? Face à la déferlante IA, assureurs et entreprises avancent en terrain inconnu. Leurs polices prévoient-elles seulement de les couvrir ?
Fin 2024, Graciela Dela Torre tente de rouvrir un litige d’invalidité, pourtant clos, sur les conseils de #ChatGPT. L’outil valide ses doutes sur son avocat, elle le licencie, relance la procédure et dépose des dizaines de requêtes que les tribunaux jugent sans fondement. En mars 2026, Nippon Life Insurance Company of America (visiblement saoûlé) décide d’attaquer #OpenAI devant la #justice fédérale : la filiale de l’assureur japonais réclame quelque 10 millions de dollars, selon les documents judiciaires. L’affaire n’a pas encore été tranchée, mais elle pose déjà une question vertigineuse : si une #hallucination d’IA cause un dommage réel, qui est responsable ? Et est-on d’ailleurs si sûrs qu’il s’agisse d’une hallucination ? Pour Eran Kahana, juriste spécialisé en droit de l’IA et auteur de l’analyse de référence sur ce cas pour Stanford Law, la réponse est claire : ici, il faut aller voir du côté de la conception. Car ChatGPT a fait exactement ce pour quoi il a été construit : répondre sans jamais refuser, à sa façon flatteuse et sycophante. Mais au-delà du cas Dela Torre, la question est universelle : comment les systèmes d’IA, les utilisateurs et leurs assureurs vont-ils se renvoyer la charge du risque, à mesure que la technologie s’immisce dans nos décisions ?
Dans son livre blanc Smart Systems, Blind Spots (mars 2026), Gallagher Re, l’un des plus grands réassureurs au monde, pose le diagnostic : quand l’IA est vecteur d’attaque, c’est la #cyber-assurance, désormais bien rôdée, qui joue ; mais quand elle est source de responsabilité (hallucinations, discrimination, atteintes à la propriété intellectuelle…), elle n’est généralement pas couverte. Un décalage fondamental entre des polices conçues pour des acteurs humains et les risques nouveaux induits par l’IA.

