Les leçons effroyables de 250 ans d’histoire américaine
Nick Turse
The Intercept - TomDispatch
4 juillet 2026
Extrait - "Aucun pays ne peut être grand, et encore moins le « plus grand », s’il redoute que son propre peuple connaisse l’histoire de la nation. Selon le décret en question, Trump voit en l’Amérique un « héritage inégalé de promotion de la liberté, des droits individuels et du bonheur humain ». Il soutient que des forces malveillantes ont « reconstruit » le passé de l’Amérique pour le présenter comme « intrinsèquement raciste, sexiste, oppressif ou, à tout le moins, irrémédiablement vicié », alimentant ainsi « un sentiment de honte nationale ». Pourtant, nul besoin de réécrire l’histoire des États-Unis pour susciter un sentiment de honte persistante. Ce sentiment est omniprésent, pour peu que l’on ait le courage de le nommer.
En 1779, par exemple, George Washington ordonna une campagne de la terre brûlée contre les peuples autochtones, visant la « ruine totale » de la confédération dite des Six Nations sur des centaines de kilomètres à travers la Pennsylvanie et l’État de New York. « L’objectif immédiat est la destruction et la dévastation totales de leurs implantations », déclara-t-il au major-général John Sullivan. À l’issue de l’opération, l’armée de Sullivan avait détruit plus de 40 villages.
De tels crimes de l’Amérique sont légion. Si le temps et l’espace le permettaient, on pourrait en citer 250, 250 000 ou même 2,5 millions. En ce 4 juillet, il convient de rappeler certaines de ces vérités dérangeantes que Trump préférerait voir oubliées et ignorées des générations futures.
Le colonel John Chivington, commandant du district militaire du Colorado, mena plus de 700 soldats à l’assaut de groupes cheyennes et arapahos à l’aube du 29 novembre 1864. Au nom de ce qu’il qualifiait d’« acte relevant du devoir envers nous-mêmes et envers la civilisation », ses hommes firent pleuvoir le feu de l’artillerie et des armes à feu sur un village endormi à Sand Creek. Pendant près de quatre heures, ils massacrèrent les habitants du camp, dont les deux tiers étaient des femmes et des enfants. De nombreuses femmes autochtones furent également violées, et des scalps, des seins ainsi que des organes génitaux d’Amérindiens furent prélevés en guise de trophées. Dans une lettre adressée au major-général Samuel Curtis, Chivington écrivit : « Il est peut-être inutile de préciser que je n’ai fait aucun prisonnier. Entre cinq et six cents Indiens sont restés gisants sur le champ de bataille. »"
▻https://theintercept.com/2026/07/04/july-4-america-250-trump
