La théorie de l’évolution est mal comprise : est-ce un problème de langue, de vocabulaire ou de psychologie ?
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Je me suis rendue compte qu’effectivement, les processus adaptatif sont mal compris : un organisme individuel ne va pas s’adapter à un changement de son milieu et transmettre son « adaptation à sa descendance.
C’est carrément l’inverse : quand un changement du milieu intervient, il y a des individus qui sont porteurs d’anomalies génétiques qui s’expriment dans leur phénotype et vont leur permettre de continuer vaguement à vivre et surtout à se reproduire (et donc à transmettre l’anomalie qui permet de survivre) et d’autres qui ne sont pas équipés d’origine pour cette nouvelle donne et vont claquer sans se reproduire.
C’est ça, la sélection naturelle et le processus adaptatif : ça se fait à travers des moissons générationnelles et ça accompagne un changement qui s’étale bien au-delà des durées de vie individuelles. Pour les individus, c’est pile ou face, ça passe ou ça casse.
Ce processus est inopérant sur des changements brutaux et courts : si on atteint les limites de l’espèce dans une génération, l’espèce disparait.
C’est pour ça qu’ils me fatiguent les chantres de l’adaptation au changement climatique : on est très loin d’un changement plurigénérationnel, ça se fait en très peu d’années.
Et surtout, on est presque tout de suite aux portes des limites supérieures de la vie carbonée en générale, des organismes à protéines en particulier.
Le seuil, c’est 40°C en température interne. Là, t’as en gros 2 heures pour trouver un moyen de baisser ta tempé, après tu es très littéralement cuit.
Il y a 0 processus adaptatif, 0 négociation ou échappatoire.
Le degré d’après n’est pas un conquête des meilleurs, des plus forts et des plus compétitifs : c’est Mars.
Un monde stérile, mise à part quelques bactéries qui aiment le super chaud.
Quant au verbe « s’adapter », avec son pronom réfléchi, il évoque une action volontaire, une capacité à modifier consciemment son comportement face aux circonstances. Pourtant, le discours de la biologie évolutive exclut toute intentionnalité. En effet, le vivant n’a pas décidé d’être ce qu’il est, et encore moins dans une optique d’adaptation. Dans une même population, les individus montrant certaines caractéristiques avantageuses dans un écosystème donné laisseront davantage de descendants. D’un point de vue évolutif, le vivant ne s’adapte pas : il est adapté.Ces glissements de sens ne relèvent pas d’un simple malentendu lexical. Ils révèlent une manière spontanée de penser le vivant. Comme le montre la psychologie cognitive, nous sommes enclins à attribuer des intentions à des phénomènes naturels qui n’en possèdent aucune. Nous voyons des projets là où n’opèrent que des mécanismes physiques. Nous prêtons des stratégies à ce qui résulte de processus aveugles. Nous avons des intuitions et nous les prêtons aux choses.

