BigGrizzly

Groumpf

  • Les réseaux sociaux interdits aux moins de 15 ans dès septembre en France, après le vote définitif du Parlement
    https://www.leparisien.fr/politique/linterdiction-des-reseaux-sociaux-aux-moins-de-15-ans-definitivement-adop

    Le Parlement, après un vote au Sénat et à l’Assemblée nationale, a approuvé définitivement ce mardi 21 juillet la proposition de loi interdisant les réseaux sociaux aux moins de 15 ans.

    Entre deux lois scélérates, l’une pour te faire bouffer des produits phytosanitaires, et l’autre pour autoriser les flics à se faire justice, tu en as évidemment une troisième, celle pour imposer le contrôle d’identité de tous les utilisateurs de réseaux sociaux afin d’interdire aux enfants d’y participer.

    https://seenthis.net/messages/1182997

    • Oui, l’aide à mourir, ce n’est pas que je l’avais oublié, mais c’est que la liste n’en finit pas... Ce mois de juillet est tout de même particulièrement dégueulasse. Et on te dit qu’avec le RN ça sera encore pire ? Même pas certain. Car avec le RN au pouvoir les forces dites centristes se sentiront parfois obligées de faire de la résistance, contrairement à ce moment particulier que nous vivons, où elles sont aux commandes, et profitent des voix du RN pour pousser leur agenda moisi.

    • France becomes first EU country to ban social media access for under-15s
      https://www.theguardian.com/world/2026/jul/21/france-ban-social-media-access-under-15s

      France’s parliament has approved a bill banning social media access for children under 15, making it the first EU country to bar children from apps such as TikTok.

      The president, Emmanuel Macron, has championed the ban as a key reform of his final term in office and pledged to enforce it by September.

      “France is leading the way in Europe when it comes to protecting our children and teenagers,” Macron said in a video posted on social media, hailing “a major step forward”.

      On est les premiers en Europe, tu vois, derrière la Chine, la Turquie et quelques autres états progressistes.

      #age_verification #age_checking

    • D’après l’article du Guardian

      Exceptions to the ban are provided for sites such as online encyclopedias and educational platforms, and the text does not provide for any penalties for children or parents.

      Donc ici pas de problème. On est bien une « encyclopédie en ligne », hein ...

    • Bon, je crains que SeenThis ne soit lui aussi, en tant que réseau social, concerné par les opérations de vérification de l’âge.

      Protéger les mineurs des risques auxquels les expose l’utilisation des réseaux sociaux - Dossiers législatifs - 17e législature - Assemblée nationale
      https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/dossiers/proteger_mineurs_reseaux_sociaux_17e

      Texte adopté ✅
      Mardi 21 juillet 2026
      Proposition de loi, adoptée par l’Assemblée nationale, dans les conditions prévues à l’article 45, alinéa 3, de la Constitution, visant à protéger les mineurs des risques auxquels les expose l’utilisation des réseaux sociaux le 21 juillet 2026, T.A. n° 339

      Texte adopté provisoire
      https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/textes/l17t0339_texte-adopte-provisoire.pdf

      « Section 3 bis
      « Protection des mineurs en ligne
      « Art. 6-9. – I. – L’accès à un service de réseaux sociaux en ligne fourni
      par une plateforme en ligne est interdit aux mineurs de quinze ans.
      « Pour l’application du présent article, une plateforme en ligne et un
      service de réseaux sociaux en ligne s’entendent au sens de l’article 6.

      Loi n° 2004-575 du 21 juin 2004 pour la confiance dans l’économie numérique (1). - Légifrance
      https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000000801164

      Article 6

      Version en vigueur depuis le 17 février 2024

      Modifié par LOI n°2024-449 du 21 mai 2024 - art. 48

      (...)

      5. On entend par “ service de réseaux sociaux en ligne ” un service défini au paragraphe 7 de l’article 2 du règlement (UE) 2022/1925 du Parlement européen et du Conseil du 14 septembre 2022 relatif aux marchés contestables et équitables dans le secteur numérique et modifiant les directives (UE) 2019/1937 et (UE) 2020/1828 (règlement sur les marchés numériques).

      Règlement - 2022/1925 - EN - EUR-Lex
      https://eur-lex.europa.eu/eli/reg/2022/1925/oj/eng

      Article 2

      Définitions

      Aux fins du présent règlement, on entend par :

      (...)

      7) « service de réseaux sociaux en ligne » : une plateforme permettant aux utilisateurs finaux de se connecter ainsi que de communiquer entre eux, de partager des contenus et de découvrir d’autres utilisateurs et d’autres contenus, sur plusieurs appareils et, en particulier, au moyen de conversations en ligne (chats), de publications (posts), de vidéos et de recommandations ;

    • Je n’oublie pas que rapidement après le 7 Octobre, toute une frange de la propagande négationniste pro-israélienne s’est focalisée sur l’influence néfaste que Tiktok avait sur la jeunesse occidentale. Voir Greenblatt et Hillary, qui en ont fait une priorité.

      À quoi ça sert d’avoir le réseau ultra-réactionnaire de Musk si de l’autre côté on a des réseaux où les jeunes (y compris les jeunes juifs américains) se font influencer, au point de croire qu’il y a un génocide à Gaza…

      Ce qui va dans ce sens, c’est qu’à chaque fois que Laure Miller a défendu sa loi dans les médias, elle n’a parlé que de Tiktok. Y compris pour reprocher au festival de Cannes sont partenariat avec TikTok (« une plateforme de toute évidence problématique »). Alors que le jour même de l’adoption de la loi, Macron s’empresse de l’annoncer sur un seul réseau social, le très nazi-compatible réseau X, qui ne semble donc, lui, pas assez évidemment problématique.

      –---

      [edit] La Quadrature rappelle d’autres postures rappelant que l’obsession du pouvoir réactionnaire est de contrôler l’expression politique qui rend la jeunesse indocile :
      https://www.laquadrature.net/2026/07/22/le-parlement-vote-linterdiction-des-reseaux-sociaux-aux-jeunes-de-moin

      En privilégiant une interdiction autoritaire au détriment d’une remise profonde du modèle économique basé sur la publicité, cette loi démontre qu’elle n’est qu’une énième mesure de défiance envers les jeunes. Et ce n’est pas la première fois. En 2023 déjà, lors des révoltes suite au meurtre de Nahel Merzouk, les réseaux sociaux avaient été désignés comme les responsables, permettant aux pouvoirs publics d’ignorer les causes réelles du malaise de la jeunesse. Emmanuel Macron pointait du doigt les réseaux sociaux utilisés par la jeunesse et appelait déjà à leur censure. Son gouvernement n’a pas hésité à mettre la pression sur certaines plateformes en les « convoquant » pour qu’elles retirent des contenus parfaitement légaux, en dehors de toute procédure encadrée par la loi. Puis, en 2024, lors des révoltes en Nouvelle-Calédonie-Kanaky, le gouvernement de Gabriel Attal a fait censurer Tiktok en prétextant que se trouvaient sur cette plateforme des contenus illicites. Ceux-ci sont pourtant toujours restés introuvables, et la véritable raison était que la jeunesse s’informait et s’organisait (légalement) dessus.

    • Sinon, en janvier on lisait ceci dans Médiapart :
      https://www.mediapart.fr/journal/france/250126/le-parcours-deja-mouvemente-de-la-loi-pour-interdire-les-reseaux-sociaux-a

      Une refonte substantielle de l’article principal a aussi été actée par Laure Miller. Là où le texte initial indiquait que les plateformes devaient refuser « l’inscription à leurs services des mineurs de 15 ans », la logique a été inversée : la version modifiée vise directement les particuliers et particulières et interdit aux moins de 15 ans de s’inscrire, sans rien imposer explicitement aux plateformes.

      Le Conseil d’État estime en effet que la première formulation pourrait soulever « des difficultés au regard du règlement sur les services numériques » adopté par la Commission européenne (le Digital Services Act, DSA), qui ne permet pas aux États membres d’imposer seuls de nouvelles obligations aux plateformes.

      Auquel cas pour l’instant on serait certes concernés par l’interdiction (au sens où un moins de 15 ans n’aurait pas le droit de s’inscrire), mais sans nous imposer aucune obligation, même pas de moyen, de notre côté.

    • Qu’est-ce qu’il se dit, d’ailleurs, dans les instances Mastodon (qui ont en gros le même type de souci que nous : être concerné par un loi qu’on n’aurait aucun moyen d’appliquer si on exigeait des réseaux sociaux de mettre en place elles-mêmes la vérification d’âge.) ?

    • On a quand même un gros conflit avec la Convention internationale des Droits de l’Enfant :

      Article 12
      1 l Les États parties garantissent à l’enfant qui est capable de discernement le droit d’exprimer librement son opinion sur toute question l’intéressant, les opinions de l’enfant étant dûment prises en considération eu égard à son âge et à son degré de maturité.
      2| A cette fin, on donnera notamment à l’enfant la possibilité d’être entendu dans toute procédure judiciaire ou administrative l’intéressant, soit directement, soit par l’intermédiaire d’un représentant ou d’un organisme approprié, de façon compatible avec les règles de procédure de la législation nationale.

      Article 13
      1l L’enfant a droit à la liberté d’expression. Ce droit comprend la liberté de rechercher, de recevoir et de répandre des informations et des idées de toute espèce, sans considération de frontières, sous une forme orale, écrite, imprimée ou artistique, ou par tout autre moyen du choix de l’enfant.
      2l L’exercice de ce droit ne peut faire l’objet que des seules restrictions qui sont prescrites par la loi et qui sont nécessaires :
      a - au respect des droits ou de la réputation d’autrui ; ou
      b - à la sauvegarde de la sécurité nationale, de l’ordre public, de la santé ou de la moralité publiques.

      Et surtout l’article 11 de notre Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen.

      Ce qui explique, à mon avis, l’insistance des macronistes à agiter l’argument de la santé mentale des enfants. Mais la démesure de la loi (interdiction pure et simple) me semble difficile à défendre si ça monte de plusieurs crans dans les tribunaux.

      Par exemple : la loi interdit explicitement à un mineur de moins de 15 ans de s’inscrire au réseau Seenthis, même avec une autorisation parentale. Au motif de la protection de la santé mentale de l’enfant. Mais à quel moment un réseau comme Seenthis aurait des mécanismes provoquant l’addiction (il n’y a pas d’algorithmes de suggestion de contenus) et mettrait en danger la santé de l’enfant.

      Par contre, arguer que Seenthis ressort de la liberté d’expression et d’accès à l’information des mineurs, ça se défend tout de même assez facilement. En 2009, le Conseil constitutionnel censurait une partie de la loi HAPODI, reconnaissant que l’accès aux services en ligne relevaient bien de l’article 11 de la Déclaration des Droits de l’Homme, et qu’il fallait donc l’intervention d’un juge pour évaluer la proportionnalité d’une décision de coupure d’accès :
      https://www.conseil-constitutionnel.fr/decision/2009/2009580DC.htm

    • Réseaux sociaux : pourquoi l’interdiction aux moins de 15 ans ne pourra pas s’appliquer à la rentrée
      https://www.leclubdesjuristes.com/opinion/reseaux-sociaux-pourquoi-linterdiction-aux-moins-de-15-ans-ne-pou

      L’enjeu pour le texte français était en réalité de parvenir à trouver une réponse à une question par essence insoluble : comment organiser l’interdiction des réseaux sociaux aux mineurs si les modalités de mise en œuvre de cette interdiction ne peuvent relever du droit national ? Le législateur, mué en Don Quichotte, se battait contre des moulins à vent : le droit national peut formuler l’interdiction, mais toute obligation créée à la charge d’une plateforme empièterait de facto sur la compétence européenne. En d’autres termes, le législateur peut affirmer la fin, mais ne peut proposer aucun moyen pour atteindre celle-ci. Le texte du 21 juillet, qui se borne à affirmer que « L’accès à un service de réseaux sociaux en ligne fourni par une plateforme en ligne est interdit aux mineurs de quinze ans », traduit malheureusement cette situation inextricable. Dépouillé de tout ce qui faisait son essence, il est réduit à une affirmation de principe qui demeure sans portée pratique, faute de mécanisme adossé. L’écho de la loi Marcangeli, qui posait la majorité numérique et qui est restée lettre morte pour les mêmes raisons, résonne incontestablement ici. Même la saisine du Conseil constitutionnel, annoncée par des parlementaires, ne présente plus les enjeux qu’elle présentait hier : si une telle saisine aura certes pour effet de retarder l’entrée en vigueur du texte, la réponse apportée par le Conseil sera de toute façon dépourvue de véritable effet à court terme, puisque celle-ci est dépourvue de tout élément permettant sa mise en œuvre effective. En d’autres termes, soit le Conseil conclut à l’inconstitutionnalité et la disposition ne pourra pas entrer en vigueur, soit il conclut à sa constitutionnalité, et c’est en tout état de cause une disposition sans effet sur le plan du droit qui sera consacrée. Pour le comprendre, il suffit de se poser une question simple : que faire, à compter du 1er septembre, si un mineur de quinze ans accède à un réseau social ? La loi telle qu’adoptée, est désormais muette sur ce point crucial. À cet égard, le communiqué de presse du Sénat, dont il faut saluer l’honnêteté et la clarté, vient conforter l’analyse que nous avions proposée, en énonçant que « l’interdiction concerne les mineurs eux-mêmes, sans sanction à leur encontre ». On ne saurait être plus clair.

    • En l’état des réflexions, il sera intéressant de voir la réaction des plateformes internationales. Si elles font du zèle, en imposant la vérification d’identité, elles alimenteront le narratif selon quoi ce mouvement international pour la vérification de l’âge n’est qu’un prétexte pour imposer aux utilisateurs de donner leurs données personnelles et favoriser le profilage et la surveillance.

      À suivre...

    • Qui dit vérification de l’âge dit vérification de l’identité. Quel genre de documents faudra-t-il fournir comme preuve de l’âge ? Cela aura-t-il un effet rétro-actif, c’est à dire que les déjà inscrit·es devront elleux aussi fournir une preuve ? Ce qui entraînerait de fait la fin de l’anonymat en ligne. Ceci dit, avec l’adresse IP du terminal qu’on utilise, l’anonymat n’existe pas.

    • Éléments de réponse :

      Un danger illégal pour l’internet décentralisé

      Parce que c’est sur les réseaux sociaux que reposera la charge d’empêcher les jeunes d’accéder à leurs services, cette loi va transformer encore plus les plateformes en auxiliaires de police. Elle met en cela en danger l’internet décentralisé, auto-hébergé, géré par des petits collectifs avec peu de moyens. Puisque les réseaux sociaux alternatifs et non-commerciaux comme les instances Mastodon ou Peertube sont concernés par cette obligation d’empêcher les jeunes de moins de 15 ans d’accéder à leurs services, ils devront eux aussi s’équiper de ces lourdes infrastructures de surveillance (se connecter aux services de l’État pour permettre une authentification par identité numérique, ou payer un prestataire de vérification des papiers ou d’estimation d’âge). Au risque de disparaître tant cela est incompatible avec le modèle économique, souvent basé sur le don, de ces réseaux alternatifs.

      https://www.laquadrature.net/2026/07/22/le-parlement-vote-linterdiction-des-reseaux-sociaux-aux-jeunes-de-moin