Numerama va disparaître - Numerama
… Mais pas tout de suite …
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Des résultats de Google, c’est une quasi-certitude. Du web tout entier ? Hors de question. Après 20 ans à anticiper l’avenir, cela serait cocasse de se faire éliminer de la partie à cause d’un défaut d’anticipation.
Ce matin du 22 juillet 2026, le web que nous connaissons n’est plus tout à fait le même : comme sur la quasi-totalité de la planète, Françaises et Français ont accès aux AI Overviews et AI Mode. Le déploiement n’est peut-être pas terminé et Google aura probablement des concessions à faire aux industries qu’il chamboule avec ces fonctions (toutes celles qui dépendent du web ouvert pour exister, médias inclus).
Mais il est impossible de nier cette nouvelle réalité, car l’usage de l’IA est déjà trop fort et trop diffusé : dans quelques mois, ou quelques années, une requête Google amènera une réponse dont la source vient des sites web, mais n’amène pas vers les sites web. Vous taperez des mots clefs ou une question, Google produira l’article de référence pour vous répondre avec Gemini et vous n’irez pas lire le ou les sites qui ont créé ce contenu.
C’est déjà ce que font, par millions, les utilisateurs de ChatGPT. La différence avec Google, c’est que le moteur de recherche est au cœur de la révolution du web et soutient, depuis plusieurs décennies, une économie complète basée sur l’indexation — et donc le renvoi de Google vers des sites normalement compétents sur les sujets qu’ils traitent, du blog personnel au média en passant par les fiches pratiques d’une banque ou les tuto d’un assureur.
Plusieurs études ont montré à quel point le web était sinistré après l’ouverture d’AIO dans un pays : des pans entiers d’une industrie qui s’effondrent (comme le tourisme, particulièrement touché), incapables d’encaisser une chute de trafic de 60 à 40 %. Car ces visites, ce sont des revenus publicitaires, des achats, des abonnements, des inscriptions à une newsletter, des revenus d’affiliation… bref, une véritable économie, qui emploie des centaines de millions de personnes dans le monde et fait vivre de très nombreux acteurs du web.
Il est donc tout à fait probable que Numerama, comme la plupart des sites web que vous lisez, disparaisse de Google. Le mieux que l’on puisse espérer, d’ici à quelques mois, sera une citation en source d’une AI Overview, sur laquelle vous ne cliquerez pas, vu que votre réponse générée par IA sera déjà présente sur Google. Google affirme que les AIO ont rapporté des milliards de clics aux éditeurs, mais n’affiche pas la donnée dans la Search Console, l’outil dont nous disposons pour mesurer le trafic — pratique pour communiquer comme ils l’entendent.
Anticiper l’avenir, ça vaut aussi pour nous
Difficile pourtant, pour un média comme Numerama, de jouer la surprise. Nous faisons l’analyse de la mort de ce cercle vertueux qui nourrit le web depuis bien longtemps — même avant que Google ne lance les AIO. Et comme nous allons être directement touchés par une baisse drastique de nos revenus liés au web ouvert et à son indexation, il faut regarder la réalité en face et se préparer.
Cela tombe bien, c’est précisément ce que nous avons commencé à faire et que nous allons accélérer.
suit un rappel de ce qu’est Numerama
et le dernier paragraphe
Bref, Numerama ne va pas disparaître
Même si Google fait disparaître Numerama de ses résultats de recherche, Numerama ne va pas disparaître. Parce que vous nous suivez, vous nous regardez, vous interagissez avec nous sur les réseaux sociaux et sous nos vidéos, vous lisez nos newsletters, vous vous abonnez à notre formule premium, vous valorisez la recommandation humaine et experte de nos guides : bref, vous reconnaissez la valeur de notre travail et vous la faites vivre.
Notre devoir, envers vous, est d’être toujours à la hauteur de vos exigences et de notre mission d’information. En 20 ans, le web il a changé, et nous avons changé avec lui. Et 20 ans après, vous êtes toujours des millions à lire, regarder et écouter Numerama : c’est à nous de vous donner les bonnes raisons pour que cela ne change pas pour les 20 prochaines années. Et ce, quel que soit l’avenir du web ouvert.

